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La Crète, les crétois et les crétins!

En Crète, les habitants ne sont pas des crétins. Mais certains touristes, si.
Les crétois sont tous très chrétiens (98% orthodoxes) et toujours pas crétins.
Les touristes peuvent être chrétiens et toujours aussi crétins.

Il y a une semaine, j’étais en Crète sur une plage aux rouleaux enroulants et au soleil ultra brillant. Le tout envoûtant.
Un hôtel à deux pas de la plage, une chambre avec balcon duquel si on se penche un peu, on aperçoit au-delà du palmier, la mer bleu marine.  Aussitôt arrivés, nous voilà “bracelés”. Un bracelet de plastique vert non enlevable tel un tatouage pour valider notre appartenace à la tribu “all inclusive”.
All inclusive donne droit au petit déj’ buffet, au déj’ buffet au snacks, à l’apéro, à toutes boissons locales à toute heure jusque 23h, heure de fermeture du bar open.
En gros, open bar à toute heure. Sympa et pas désagréable de se taper un petit ouzo en rentrant de la plage avant de prendre son bain voire de se le boire tranquille dans son bain. Sympa de retrouver d’autres voyageurs, amoureux en ballade ou vieux époux en goguette, au bar au bord de la piscine pour comparer son expérience crétoise de la conduite autour d’un coup de blanc, d’une bière ou d’un whisky. Sympa.

Par contre moins sympa, le crétin beauf français débarqué en Crète, non pour la mer ou les ruines mais pour le all inclusive exclusivement. Le crétin non crétois passe ses vacances près de la piscine à rôtir sans crème au soleil et à rougir de jour en jour à coups de bières, de cocktails et de raki. Le raki étant l’eau de vie locale et maison. Car ici, chacun distille son raki…
Nous avions un spécimen court sur patte de ce style de crétin: petit, rablé, lunettes, le genre qui se ballade droit comme un I, fier comme un petit banc, les mains tenant fermement les bretelles de son sac à dos. Un peu comme un gamin le jour de la rentrée des classes. Et sur le coup de 2h du matin après moult bières, ouzos et rakis, un peu comme un vieux soulographe dégoisant sur le monde…Pathétique.
Le pire ils étaient en bande.

Il faut savoir que le beauf retrouve facilement d’autres beaufs. Du coup les v’là en groupe, de tous âges. Le raleur n’attend pas le nombre des années. Il y a les enfants, les aïeuls, les parents…tous à picoler et à palabrer jusqu’à 2h du matin au bord de la piscine au grand dam des hôtes des chambres premium.
Moi je donnais de l’autre côté sinon je pense que je leur aurais balancé un seau d’eau.

Il y avait aussi dans notre bel hôtel, le couple “la vérité si je mens”, version Saint Tropez qui pensait se retrouver à Ibiza. Le style toujours bronzé, la chemise hawaïenne origine Barbès, et madame en décolleté dos et short flash prenant l’ensemble de la communauté pour des nases. Pourtant on débarquait tous là grâce à la promo Voyage Privé, Last Minute ou autres promovacances alors féta… (version grecque de camembert).

Bref j’ai passé de belles vacances au soleil et à la mer à 22° ce qui par les temps pluvieux qui ont couru cet été était inespéré. J’ai rencontré des gens gentils, généreux, gourmands et drôles, des grecs accueillants pour la plupart et des crétins en même proportion qu’à Paris. ca doit être ça la mondialisation!

T’as pas ta fouta?

Vous ne devinerez jamais ce que j’ai vu sur le marché du Cap-Ferret? Un nouveau must, “it”, indispensable accessoire de l’été: la fouta.

J’ai découvert cette chose improbable en musardant, déambulant dans les allées du marché du Cap-Ferret. Ca fait chic le Cap-Ferret. Comme les stars de la télé, de la chanson et autres Philippe Starck, moi aussi, je me tape des huitres (et le vin blanc)  au village ostréicole et les gâteaux de Frédélian (trop bons mais trop petits) grâce à l’hospitalité de  mes amis. Sympa les amis, précieux.
Tous les matins, nous devisons sur la grande question du jour: et pour déjeuner, on mange quoi? L’autre grande question étant, on va à l’Océan ou au Bassin, se baigner? La troisième étant: on mange quoi ce soir?
Pour nourrir la tablée, direction le marché. Après un passage au café Peyo du marché qui délivre tapas ( trop bons et pas trop petits, hum le poivron rouge farci…), jus d’orange et sangria sans oublier le café, nous faisons un tour hors du marché couvert.

Et là entre deux allées de poteries d’étoiles de mer et de bois flotté, de caleçons à fleurs et de couteaux de Thiers, je vois un panneau, puis deux, trois…partout, tout autour: ”foutas”. Des quoi? Mais c’est quoi, ces “foutas“? D’abord c’est un ou une fouta? On s’en fout. (facile mais incontournable)
Puis, sous le panneau “27 € ou 15€”: l’objet. Foutas en pagaille. En fait c’est un drap, un tissu en coton fin, un truc qu’on trouve dans les hammams. Allez savoir comment c’est arrivé jusque là…mystère. Les hammams ne courrent pas trop les rues du Cap. Cela s’est propagé aussi vite que le pashmina. A croire que cela se reproduit tout seul. Certains se sont échappés du marché pour s’afficher dans les boutiques déco du village. En provenance de Saint Tropez, des beige et blanc, des taupe et gris, des bons chics, bons genres. Mais il y a en a aussi de couleurs vives,  qui selon moi n’ont jamais vu la Tunisie de près de loin et si ça se trouve sont estampillés made in China.  Mais ce n’est pas vrai, il ya eu une charrette, un tombereau, un cargo, un porte-container, qui s’est échoué sur le banc d’Arguin? Le pire, c’est que ça se vend. Foutas droit devant, foutas sur pétasse. La fouta sort à la playa. Je ne vois pas bien l’intérêt sinon que c’est plus fin que le drap de bain mais pour s’essuyer avec en sortant de l’eau, ça ne vaut pas l’éponge.

Et côté éponge, optez plutôt pour le  kikoy de Simone et George: un côté paréo et un côté éponge, dans des couleurs super tops! Et le plus, une petite poche pour planquer ses clés. 38 € au même marché ou 50 € sur le site.

Sinon vous avez aussi chez Jean Vier, créateur de linge basque, la serviette de plage: un côté éponge pour se sécher et un côté velours pour s’allonger en douceur! Grande idée.

En résumé: Je t’en foutrais pas de la foutas, moi. Pour rien au monde. D’ailleurs Je ne crois pas que la foutas passe le cap du Cap. Parce que dans les dîners parisiens, la question : “alors ta foutas, quelle couleur?” Ca fait un peu foutas de gueule.

Welcome back in Paris, retour de New York

La journée commence mal. J’ai beau m’asseoir sur la valise en propylène super légère, j’ai du mal à joindre les deux bouts de la fermeture éclair ; il est vrai que je l’ai rangé n’importe comment, et d’une, et de deux, je rapporte quelques souvenirs lourds. Pots de crème Estée Lauder, guides, jeans, livres du Guggenheim, de la Frick Collection et puis des choses.

Il fait froid et pour la première fois moche. Je fais encore une ou deux courses, des CD, un brownie de Chelsea Market, trop bon, je jette un œil à la High Line, jardin suspendu sur l’antique chemin de fer aérien et je rentre attendre à l’hôtel la super shuttle. 2h30 pm, je patiente, 2h45 pm, je m’inquiète. Je téléphone. Ah et bien, il était là à 2h35, il a vu personne, il est parti. Take a cab.

Whaaat ?

Je vocifère, j’argue de mon paiement, que j’étais là, à l’heure mais pas sur le pavement à me geler.

Hold on. C’est ça. On me passe le dispatch qui après quelques négociations, m’envoie un « cab noir ».

Cette fois, je sors sur le trottoir et j’attends le cab noir. Se présente un cab jaune au chauffeur noir qui me demande si je vais bien à JFK ? oui. En même temps ce n’est pas difficile à deviner, j’ai une valise, un sac, à mes pieds. Au moment où je mets ma valise dans le coffre (enfin il met la valise, parce que si c’est moi, je me retourne les vertèbres), arrive une limousine noire au driver blanc. Gloups. Hold on. Vérification faite, c’est bien le chauffeur de la super shuttle. Hop là sorry, c’était bien tenté mais je prends la limo.

En route pour JFK. Le temps tourne.

Le chauffeur sobre a de la bouteille, il connait les petits chemins et nous évite les encombrements de l’autoroute. Neige. Ca s’arrange. Arrivée au Départ Delta. Queue, attente, « vous n’êtes pas au bon terminal ; c’est Air France qui s’occupe de ce vol Delta. Une navette va venir vous prendre, noire et gold.

J’attends. Décidément c’est la journée. 20 minutes plus tard, elle arrive. Voilà le comptoir Air France. Forcément une masse de gens, vu que je ne suis pas franchement en avance. Vous serez au milieu il n’y a plus de couloir. Zut, je déteste.

« Posez la valise sur la balance » Et là 27 kgs. Il y a une surcharge de 4 kgs,  me dit en français la jeune hôtesse. Je fatigue. Si vous voulez la vider …et je mets où les 4 kgs ? Vous avez un sac. Certes il est en papier et il y a un chapeau dedans fragile.

« C’est pour vous.  Vous pouvez le faire ici. » Bien, je commence à ouvrir devant les gens qui attendent (c’est leur tour), cette valise que j’avais eu toutes les peines à boucler et que je ne voulais surtout pas ouvrir, vu que j’avais mis pyjama, petites culottes…un peu en vrac au dernier moment.  Je sors le pyjama, faut bien commencer, « ah c’est les nounours sur le pyjama qui pèsent lourd, » rigole l’hôtesse, non mademoiselle ce sont des moutons ! je sors le Toblerone, les chaussures, les livres, 3kgs de perdus, mieux que Dukan. La demoiselle me fait grâce de 1kg et hop surchargé, ce que je ne voulais pas, direction le TSA. Le TSA, sert à passer toutes les valises aux rayons X. On les dépose dans un espace avec les autres et on se dit que l’on ne la reverra jamais. Après à nous de passer aux rayons, enlever même l’écharpe, c’est sûr si on avait un engin sous la soie, les pompes, …un de ces quatre je vais me déshabiller…portique ne sonne pas. Duty free, où je me surcharge d’une bouteille de Gin. En version sherpa, je me dirige vers la porte d’embarquement où nous allons attendre une heure.

L’avion décollera avec 2 heures de retard, on atterrira avec une heure de retard, c’est dire s’il a bombé (pardon, foncé). Le voyage s’est bien passé. Entre une jeune femme très sympa et une dame âgée qui va tous les ans en France. La glace s’est brisée quand elle a sorti la lingette pour nettoyer la tablette. Là on a ri.

J’ai visionné Raiponce, le Disney que je n’avais pas encore vu, mangé, bu, y compris le cognac. Ils annoncent dans le menu, champagne et digestif et ils ne le servent pas. Il faut demander. Ben on a demandé. Ce qui fait que nous étions très gaies pour la deuxième partie du voyage. Une chose, voyageurs: si vous devez enlever vos chaussures assurez-vous que les chaussettes sont propres. La fille derrière nous a embaumé l’atmosphère. Nous avons sorti les lingettes odorantes pour cacher la senteur pied5.

Arrivée à Paris, police, pas de douane, pas même une casquette, entre l’heure d’été et le décalage, j’ai un peu de mal. Re-attente super shuttle qui évidemment ne m’a pas attendue, elle.

Je suis rentrée après que nous ayons largué une chinoise de Toronto, deux hollandais et engueuler deux piétons qui traversaient sans regarder. J’ai défait la valise, lancé une machine, grignoté enfin le Toblerone et me suis endormie sur le canapé parce que ce soir je vais voir Balmer à Sceaux dans Voyage au bout de la Nuit. Ce voyage, ma donné la pêche. Enfin demain parce que là je dors. Welcome back !

New-York, New-York!

L’expérience new-yorkaise, c’est régressif. Quatrième fois que je passe par cette ville et je ne m’en lasse pas.

On mange n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand, sans culpabilité, c’est jouissivement régressif. On mange avec les doigts, ça coule et c’est bien. Y’en a qui mange en téléphonant, couteau dans une main, fourchette dans l’autre, l’épaule servant à tenir le sacro saint machin qui relie les hommes. Première sortie, premier hot-dog, 1$ près de la New York Academy du cinéma. Pas cher, c’est pour les étudiants. Ailleurs c’est plutôt 3$.

Pas si mauvais et puis j’ai faim. Une heure de marche plus tard, je me ravitaille. J’ai toujours faim. Allez un roll cajun. Ouahh,  épicé chez les cousins.

Il fait 0° et il y en a en tongs. Personnellement j’ai pris les cachemires, les boots fourrées et les chaussettes laine douce. Première visite, la croisière autour de Manhattan. Je sais c’est touriste mais je ne l’ai jamais fait et j’adore les promenades sur l’eau. Et si ça se trouve on se retrouver avec un brise-glace. La vue est aussi superbe que le soleil dans le ciel. Ponts, statue, gratte-ciel, tout est là et mon préféré aussi, le Chrysler Building. Il y a aussi Long Island, Ellis Island, Pepsi…

Quelques photos à la proue, assez pour geler sur place et mériter un gobelet brulant de thé Lipton toujours aussi également mauvais qu’en France.

Premier brunch…allemand. Ouais je sais c’est nul. Mais quand on a faim, on a faim. Saucisses, purée. Je n’étais pas très sûre de ce que j’avais commandé. Idem pour le veggie burger, une autre fois, qui était un burger végétarien. Beurk. Y’a pas, je suis carnivore. Je l’ai mangé. Quand on a faim…
Par contre, je n’ai pas raté l’adresse du routard qui annonçait le meilleur brunch de la ville. Très bien. A part l’heure d’attente et Dieu sait que j’avais faim. C’est comme ça que j’ai brunché à 16h d’œufs Benedict et de pancakes à la myrtille à se mettre à genoux, le tout accompagné d’un mojito.  Et fallait voir les tables à côté, garnies comme les étals des marchés de Provence. Incroyable ce qu’ils peuvent ingurgiter. Quoi un mojito à 16h ? C’est le pays des cocktails. Autant profiter. Au moins ici il y a une dose normale pas un mélange approximatif à prix prohibitif qui a rencontré il y a bien longtemps et encore de loin ce qu’on dénomme alcool. Une autre fois, avant le spectacle, j’ai pris comme James Bond, un dry martini plain. C’est à dire un verre plein avec des olives. Plein, le gobelet rempli mais pas plus haut que le bord et à côté le verre à Martini qu’on peut remplir.   

La chop chop salad n’est pas arrivée que je suis déjà grise à 18h20, spectacle à 19h oblige. Bon, je dine, j’ai le droit de boire, après le sandwich turkey soupe noodle, et le coke plus le pretzel salted à 14h en sortant du MET (le Louvre mais là-bas) , j’ai le droit de boire un coup à 18h qui pour moi est minuit…depuis une semaine, non?

Ne pas oublier le service, p…ça fait deux fois les taxes, 2,75$, je mets 5$, ok. Et j’oublie ma carte bleue sur la table. Sympa ils me l’ont gardé, je l’ai récupérée après la pièce : « A bengal tiger in the Bagdad zoo ». Robin Williams fait le tigre, enfin son esprit. C’est pas mal, particulier mais bien. J’ai vu aussi Harry Potter, enfin Daniel Radcliffe dans une comédie musicale très drôle et très réussie, « How to succeed, … sans se fatiguer ». et pour mon dernier soir, j’ai choisi « The book of mormon », iconoclaste et hilarant où l’on se fout de tout le monde.

Les théâtres sont immenses, et plein, comme mon martini, les gens se baladent avec des verres en plastique tout aussi plein mais fermé. Ils les trimballent dans les travées, je vois d’ici la tête des directeurs parisiens, un cauchemar. Seulement ici les théâtres sont sold out à 140$ la place en moyenne, un rêve pour les directeurs cités plus haut.

Sortie sur Times Square tout aussi dingo et bruyant que d’habitude. Direction l’Empire State de nuit. La dernière fois, il y avait du brouillard, je n’avais rien vu. Pas d’attente, c’est mardi. La vue est palpitante. Je redescends avec un ascenseur pour moi toute seule, l’Empire m’appartient pour 80 étages en 80 secondes !   

Un cheese-cake plus tard, je monte dans le métro, ligne 6.
Parfait, la même que chez moi, je suis en terrain connu. Mais au lieu de Etoile-Nation, par Denfert, c’est Brooklyn Bridge-Harlem. C’est tout droit. Pas de changement. Je sais où je descends et où je monte. Heureusement parce que c’est là au croisement de lignes que les athéniens ne s’atteignirent pas. Compliqué ce subway et glauque. Le nôtre à côté c’est Versailles. C’est amusant parce que la gare centrale, filmée sous toutes les coutures, est un palace, rien à voir avec nos gares qui même refaites ressemblent toujours à une gare grise, noire et ventée. Tiens le drapeau national est peint sur le métro, on sait où on se trouve comme ça, au cas où on aurait été téléporté de la planète Krypton. On sait aussi où on en est, la ligne 6 annonce les stations et les signale visuellement. Par contre j’ai expérimenté une autre ligne, rien, pas d’annonce, pas de plan, pas de signal, démerde-toi. heureusement une dame m’a remise sur le droit chemin.

Il est peut-être temps de faire les valises. Demain départ. je n’oublie ni les nounours I L NY, ni les crayons made in taiwan du Moma (c’est écrit en gros, ils n’ont pas honte), ni mes jeans levis 505, ni mon Ipad ancienne génération, l’autre était en rupture. “les composants sont faits au japon et en ce moment le Japon,…il a autre chose à faire.

Grisure, froidure, humiditure, la journée démarre mal, je pars. En même temps, faut bien se rentrer, valise impossible à fermer, ça sent la surcharge.  je m’asseois dessus (sur la valise et les éventuelles réflexions des hôtesses à venir). Ca ferme. Je ne vais quand même pas laisser mes Toblerone, achetés à Roissy ici? Si?