Je sais il fait un temps de chien. Ce matin, je me suis dit c’est normal qu’il pleuve ainsi par intermittence, normal des giboulées de mars en mars; sauf que j’ai regardé mon calendrier et que nous sommes effectivement en avril…

Que cela ne nous empêche pas en ce temps de vacances de nous promener sous la pluie sur la plage avec coupe-vent et capuche, bottes en caoutchouc et ciré! Ou de penser à cet été où il fera encore un temps de chien…ou partir à l’étranger.
L’étranger est un pays un peu mystérieux où il fait toujours beau. Il n’a pas de place fixe et se nomadise au gré des révolutions, de la valeur de la monnaie et du prix du kérosène. “faut aller à l’étranger, là-bas on est sûr de trouver du beau temps.” Ben oui avec en prime les étrangers qu’on ne veut surtout pas voir chez soi mais qu’on trouve si intéressant chez eux et surtout ailleurs.

Vous pouvez aussi rester ici pour voter. Ce qui est formidable c’est que les gens qui ont le droit de voter, droit conquis de haute lutte par nos aïeux , ne votent pas. “C’est dur de choisir.” Mon dieu que la vie est difficile, va voir chez les talibans, ça va être plus simple.
Et que ceux qui ne peuvent pas voter, réclame ce droit. On se demande bien pourquoi car dès qu’ils l’auront obtenu, ils ne voteront pas…

Bref tout ça pour vous parler de drap de plage.
Ben oui faut penser à cet été pour dépenser ce qu’on a déjà plus au printemps.
Je vous recommande de la couleur, de la gaité, et surtout une serviette qu’on repère de loin quand bêtement on a dérivé en nageant vers la bouée (pour montrer qu’on peut y arriver) et que revenu sur la plage, vous cherchez mine de rien où cette P…de M…de drap peut bien se trouver sous le regard amusé de ceux qui se crament (s’il y a du soleil) sur le sable et qui eux ont très bien repéré votre place mais qui surtout ne vous l’indiqueront pas.
Chez Jean Vier, linge de maison basque, on aime la couleur, la vie, la joie: 100% coton  éponge et velours, 55€ , 100 X 180 pour les serviettes répondant au nom de Madrague, Arc en Ciel, Touron…

Un seul mot d’ordre pour cet été: misez coloré!!

Inconnu à cette Adresse au Théâtre Antoine: 3e distribution

Inconnu à cette Adresse est un chef  d’oeuvre d’écriture sur les tours et détours de l’âme humaine. En avril, Nicolas Vaude et Thierry Frémont, font vivre les deux personnages de ce roman épistolaire dans la lecture jouée, dirigée par Delphine de Malherbe. Ils incarnent avec chair et sentiments Martin, l’allemand libéral subjugué par Hitler et Max, le juif épris de justice désespéré et vengeur.

Depuis Janvier, plusieurs distributions se succèdent sur la scène du Théâtre Antoinepour la lecture du roman de Kressmann Taylor. Après Darmon/Pinon, Timsitt/ Lhermitte, les lettres que s’échangent Martin l’allemand revenu au pays en 1932 après avoir monté une galerie prospère avec son ami, Max, le juif resté à San Francisco, sont lues par Thierry Frémont et Nicolas Vaude .

Martin, peu à peu, va se laisser gagner par les idées d’Hitler et la croyance en une Allemagne conquérante. Pour lui, la fin justifie les moyens même si ces moyens causent des exactions contre les juifs et la liberté de penser. Martin n’est pas un homme raciste, ce n’est pas un mauvais homme, au début.
Le livre montre toute la subtilité de son évolution qui va l’amener à sa perte.Max, horrifié par ce que deviendra son “ami”, imaginera une vengeance implacable poussé par tant de haine.
La mise en scène fait oublier que nous assistons à une lecture. Chacun évolue dans un espace bien défini et bien différent. Un bureau, années 30 pour l’américain, un guéridon anglais ancien pour l’allemand qui a acheté un château de 30 pièces de retour dans son pays. Chacun est habillé d’un costume qui fait écho à l’époque.
Avec peu d’éléments, nous sommes en spectateurs presque voyeurs, témoin de leurs joutes et du plan machiavélique qui se déroule.Peut-être ne connaissez-vous que de nom ces acteurs certes moins médiatiques que les précédents, mais les mots de cette histoire, n’ont pas besoin de notoriété mais de comédiens sensibles, investis et fins.
Nicolas Vaude et Thierry Frémont devaient jouer en février et leur duo a été décalé à avril suite à un malaise de Thierry Frémont aujourd’hui parfaitement remis. Il aurait été dommage de ne pas les voir, ils sont parfaits dans leurs rôles. Comme disait un spectateur du 3e rang : “ce sont les meilleurs de la série.” Je souscris. Allez-y !

Un EnK pour petite faim et grosse bourse

Que ne-je découvre en jetant un oeil sur le site d’un hôtel des Champs-Elysées, entre la sélection des vins du restau et la carte, l’EnK de caviar.Mais qu’est-ce que ça que c’est?
Et bien comme son nom l’indique, c’est un petit en cas en cas de fringale; bêtement en général, on s’achète un croissant, un flan, une pomme, une banane ou comme un certains tennisman qui parle faux comme une casserole et joue comme un fer à repasser (c’est pour le mot parce qu’il joue quand même mieux que moi), une barre chocolatée.

Et bien Kaviari a créé le caviar à déguster en toute occasion, discrétos, je te déguste l’osciètre en deux coups de cuillère à caviar et entre deux rendez-vous.
Car la cuillère est fournie. Quand même, on sait vivre, vous allez pas le lécher à même la boîte… Car il s’agit d’une boite comme celle des sardines sauf que là c’est du caviar. 15gr dans une boite colorée à choisir entre 5 couleurs.

Au Louis² (notez le ² et pas II. Pour une touche plus actuelle mais pour continuer avec le passé, dit la pub…Mais que n’inventerait-on pas pour faire parler, moi je pensais que c’était pour la note, l’addition au carré), restaurant de l’hôtel de la Tremoille,  vous pouvez accompagner votre En K d’une coupe de Champ, 45€ ou d’un verre de vodka, 39€ , si vous êtes pingre, abstinent ou au régime, 33€ la boite de 15gr ” d’enchantement”.
Donné. Franchement pour être assis (vous avez le droit) dans un bel endroit, chic, à se taper du caviar, 33€, c’est presque raisonnable. Au prix  de 5 Mont Blanc d’Angélina qui ne sont plus ce qu’ils étaient, je préfère encore choisir le caviar. Moi ce que j’en dis…

Château Baccarat vu par James Bort Factory

Pour lancer la nouvelle collection de verres oenologiques Château Baccarat, Baccarat a donné carte blanche au photographe/réalisateur James Bort pour créer un film. Le lieu, la maison Baccarat à Paris.
Des couleurs qui personnalisent les mille sensations éprouvées en goûtant le vin avec ce type de verreset la voix cristalline …pour évoquer la pureté du cristal!
Je ne sais si tout cela est bien utile mais au moins la maison Baccarat est fidèle à son esprit créatif.

En 2010, El Año de Ricardo (L’Année de Richard) et La Casa de la Fuerza (La Maison de la force) avait créé l’événement au Festival d’Avignon et fait découvrir au public français le travail de la performeuse, auteur et metteur en scène espagnole Angélica Liddell. Alors que L’Année de Richard était donné au Rond-point en janvier, l’Odéon accueille jusqu’au 28 mars une Maison de la force qui ne laissera personne indifférent.

Sourde douleur

La Casa de la fuerza est de ces spectacles dont on ne sait d’abord pas à quoi s’attendre et dont on se souvient longtemps après les avoir quittés. J’ai eu la chance de peu entendre parler d’Angélica Liddell avant hier soir, et de plonger dans La Casa de la fuerza avec la naïveté, et l’émerveillement, qui sont souvent l’apanage des novices. Mêlant scènes dialoguées, chants, vidéo et scènes de pure contemplation, La Casa de la fuerza est d’abord une pièce de la douleur féminine, personnelle et universelle, racontée par les victimes d’un monde de violence machiste. « Quand je parle de ma douleur, affirme Angélica Liddell, je la relie à une douleur collective. »

Sur scène, autour d’une table perdue dans la pénombre et la fumée des cigarettes, trois femmes, dont Angélica Liddell elle-même, enchaînent les bière. Elles évoquent les hommes, ceux qu’elles ont passionnément aimés et qui sont devenus les pauvres types qui flanquent des raclées, la solitude, le sexe qui comble le manque d’amour. Au son d’un orchestre de mariachis venus tout droit du Mexique, elles expient dans la danse et l’alcool une peine devenue insupportable.

Pénitence expiatoire

La pénitence se poursuit dans la deuxième partie de la pièce, la plus intense, où la rage, la colère, la souffrance habitent littéralement Angélica Liddell. La performeuse et ses acolytes alternent alors course folle sur fond de musique pop, scarifications, séances d’altères et dégustation de tiramisu (qui, comme on nous l’explique, signifie « Remonte-moi »). L’omniprésence du Cum dederit de Vivaldi, interprété par le violoncelliste Pau, confère à l’ensemble une tristesse et  beauté époustouflantes. Ce deuxième tableau se conclut par une nouvelle épreuve de force, où l’abandon à la douleur physique, qui détourne de trop douloureuses pensées, est total. Après avoir déplacé à trois une dizaine de canapés, les trois actrices, dans une quasi-obscurité, vident des sacs entiers de charbon sur scène, avant de déplacer le tout, pelletée par pelletée. Cette métaphore du travail à la fois aliénant et salvateur, parce qu’il permet aussi de s’oublier, s’achève sur une scène des Trois sœurs de Tchékhov, où l’espoir d’un départ prochain est ruiné par une réalité castratrice.

Chemin de croix

Dans la troisième partie, celle de l’apaisement, les cris et la frénésie ont laissé place à la parole du témoignage et au recueillement. Des croix rouges de différentes tailles occupent la scène. Sur la gauche, un pick-up est littéralement rempli de gerbes de fleurs. Trois autres femmes font leur apparition. Elles sont là pour réconforter, calmer, raconter. Originaires de l’Etat de Chihuaha au Mexique, elles viennent témoigner de l’horreur des enlèvements et des tortures faites aux femmes dans la ville de Ciudad Juarez. On touche là à l’épicentre du spectacle, mais aussi à l’espoir d’une rédemption. Les figurines modelées dans la terre cuite qui encerclent le « Monsieur Muscle » du dernier acte laissent entendre qu’une renaissance est possible.

Pièce d’une densité rare, La Casa de la fuerza, malgré quelques longueurs et lubies propres au théâtre contemporain, est un choc esthétique d’une puissance incroyable. Tout y est vrai : le sang versé, les fleurs coupées, la douleur, physique et morale. Un spectacle total et bouleversant.
Juliette Rabat

Théâtre de l’Odéon, jusqu’au 28 mars 2012. Du mardi au samedi à 18h, le dimanche à 15h.

Bus parisien: on sait quand on part mais pas quand on arrive…

Moi je veux bien prendre les transports en commun, mais dis Mr Delanoë, comment je fais quand la RATP me débarque de son bus au milieu du guet?

Vendredi, je revenais de la radio vers 20h30 et je prenais le bus 68 puis le 88 pour rentrer chez moi. Pas grand monde dedans. Devant moi un monsieur qui parlait très fort dans son téléphone, derrière des gens avec des valises, un couple, une dame et moi, jouant avec mon ipad première génération essayant de suivre le journal télévisé sans les écouteurs et pas trop fort pour ne pas gêner les voisins.
Soudain, à hauteur à peu près de la place d’Alleray, coup de frein, vociférations, porte ouverte, alors que nous ne sommes pas à un arrêt.
Altercation entre la dame chauffeur et un cycliste qui manifestement avait débouché à toute blende de la gauche devant le bus qui ne lui avait pas cédé la place. Personnellement même en voiture si le bus vient même de la gauche je le laisse passer, a priori je ne suis pas de taille…

“vous ne respectez pas la priorité à droite, vous finirez sous un bus, tout le monde a vu que vous avez tort…” ce à quoi répondait le cyclopédiste: ” ça m’étonne pas que personne aime votre métier, vous êtes une aigrie…”
ce qui franchement n’avait rien à voir avec la priorité à droite.

bref les hostilités se continuent encore un moment, puis au feu suivant, la dame répétant “tout le monde a vu que vous avez grillé la priorité…”
Personnellement je n’avais rien vu du tout mais compte tenu qu’il n’y avait qu’une rue à gauche d’où pouvait provenir le deux-roues, c’était vrai. A un moment les discussions se prolongeant et malgré ma canne, je faillis intervenir: d’abord pour dire à ce monsieur de la boucler et à elle de la fermer ainsi que la porte du bus et de reprendre le parcours.
Je ne voyais pas bien à quoi cela pouvait servir de continuer ce genre de discussions sinon à s’énerver pour des prunes, je ne pense pas que le cycliste pouvait être convaincu de quoi que ce soit. Pour moi tout cela était du temps et de l’énergie perdus.
Nous repartons donc et là la brave dame conductrice annonce, ” le prochain arrêt, c’est le terminus!”.
Et  elle nous largue en pleine nature (Mairie du 15e), à l’arrêt suivant.
Personne ne réagit vraiment convaincus que la discussion ne mènerait à rien.
Seule, je me suis permis de faire remarquer à madame que je ne comprenais pas bien sa démarche: “  personne n’est intervenue alors que tout le monde a vu qu’il était en tord!”
mais madame, dis-je que vouliez-vous qu’on fasse? personnellement je n’ai rien vu et en plus il n’est pas monté vous agresser, s’il faut à chaque fois qu’un chauffeur s’engueule avec un chauffard intervenir, ça va devenir chaud les bus à Paris.
Donc elle nous a débarqués et a démarré on ne sait pour où…peut-être a -t-elle continué sa tournée avec des passagers plus téméraires ou elle est rentrée chez elle , en bus, ou regagné le garage…
Nous avons donc attendu le 70 qui lui a bien voulu nous prendre et ne nous a pas demandé si on allait ou pas intervenir en cas d’incident verbal…j’ai discuté du coup avec une dame charmante sur les aléas du transport en commun parisien.

J’aimerais seulement dire à madame la chauffeuse de la RATP que la ligne 88 est assez tranquille, (qu’elle n’aille jamais dans le 93, elle va voir la différence), que les invectives de conducteurs sont assez fréquentes même quand on ne conduit pas un bus et que si tout le monde se met à répondre pour avoir le dernier mot, cela finit mal. Enfin que le passager qu’elle est sensée conduire d’un point à un autre n’est pas sensé surveiller la conduite et intervenir sauf à ce qu’il y est un danger imminent. Ce qui n’était pas du tout le cas sauf à considérer “vieille peau aigrie” comme un danger.
La RATP devrait peut-être entrainer ses chauffeurs aux situations de crise et leur rappeler que transport en commun signifie transporter les gens et pas les faire descendre quand ça leur chante, merci!

Lecture: Victor Haïm lit sa dernière pièce

Jeudi 22 mars à 19h, Victor Haïm,  lit des extraits de sa dernière pièce, Le Mental de la Reine (éditions l’Oeil du Prince) à la librairie théâtrale. Il a reçu le Molière 2003 du meilleur auteur francophone vivant pour Jeux de scène et le Grand Prix du Théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre,

La reine Aurore est heureuse, toujours heureuse. Sa nourrice, Emilienne aura bientôt cent ans. Son premier ministre, Edouard-Adolphe, n’apporte que de bonnes nouvelles. Que des pierres soient envoyées contre les fenêtres du palais, que de petits cercueils soient balancés par-dessus le mur du parc, que l’orage social et populaire gronde, rien ne va aussi bien que dans l’exercice du pouvoir.

Vous pourrez  rencontrer l’auteur, scénariste, acteur et père de Mathilda May (accessoirement), discuter avec lui, poser des questions, échanger…

Librairie Théâtrale, 3 rue de Marivaux, Paris 2e.