Carte du Bon Marché

J’ai la carte du Bon Marché qui en fait n’a pas grand intérêt puisque les promos sont assez rares et qu’il n’y a ni smiles ni aucun avantage vraiment intéressant. Même plus de cadeau particulier lors d’expos de pays lointains.

Bref, récemment la carte de crédit a été reprise par la BNP, ma banque par ailleurs.
Et là changement. Je fais mes courses à la Grande Epicerie, je paye avec la carte, 13€, (pas cher me direz-vous, mais en même temps ce n’était qu’un article et pas les courses de la semaine) et j’attends de recevoir le relevé de compte.
Et là je n’y comprends rien. Pas d’indication de montant prélevé mais un avis “si vous désirez payer à crédit, appelez avant le 5 du mois.
Si je dois régler à crédit 13€, la situation est grave… Bref, ne voyant rien de particulier, j’envoie un chèque de 13€.

Relevé suivant, il est précisé: différé, 53€ (courses du 24 décembre), débit, 13€, crédit 26€ (13€ prélevé et 13€ par chèque).

Et toujours pas d’indication de prélèvement minimum ou autre… je déduis qu’ils ont donc prélevé mes 13€ et que les 13€ que j’ai réglés en trop seront déduits des 53€ à venir. mais j’ai un doute, comme rien n’est vraiment expliqué, j’appelle et là surprise:

“madame, le montant est prélevé le 20 du mois, à moins que vous appeliez avant le 5 pour demander de régler à crédit.”

Mais ce n’est pas indiqué la date de prélèvement?
….
Donc vous allez déduire mes 13€ en trop, des 53€?

“Pas du tout. Ce qui est en crédit, reste en crédit et ce qui est au comptant reste au comptant. Donc là je vais vous recréditer de 13€.”

????

Excusez-moi, mais si je ne vous avais pas appelé vous ne m’auriez pas crédité de la somme mirifique de 13€?

“ben non.”

Sinon, cela reste sur le crédit ad vitam aeternam?

Donc, BNP se garde mes 13€ si je ne fais pas gaffe.
Dire que quand je dépasse mon découvert sur mon compte courant, elle me compte 8,70€ de pénalité par opération!

Moralité, je réglerai en liquide mes achats du Bon Marché et tout sera parfait!

Bruno Abraham-Krémer et Corine Juresco adaptent La Promesse de l’Aube au Petit Saint-Martin, nouvellement racheté par Jean-Claude Camus (Théâtre Saint Martin et La Madeleine). La mise en scène sobre laisse toute sa place aux mots de Gary portés magistralement par Bruno Abraham-Krémer. On est conquis.

Une scène habitée

Echos de voix, éclats de tempête, ondulations marines projetées sur d’immenses enceintes. Romain Gary, assis face au public, se souvient. De sa mère surtout et de cette fameuse promesse faite « à l’aube » de l’existence, celle de devenir un jour quelqu’un, un « Mensch » digne de ce nom.

Un pacte maternel fait d’amour inconditionné qui scelle le destin de l’écrivain et ne cesse, de sa Russie natale jusqu’à l’arrivée à Nice, en passant par la Pologne, de peser sur sa vie.

Ce destin à la fois prémédité et exceptionnel, le comédien Bruno Abraham-Krémer le restitue avec brio. L’inoubliable interprète de Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran de Eric-Emmanuel Schmitt habite à lui seul la scène.

Justesse de la mise en scène

Il est tour à tour Gary, sa mère et une galerie de personnages tous plus pittoresques les uns que les autres qui ponctuent le récit de La Promesse de l’aube. Une simple canne, un français émaillé de russe et voilà le personnage de Nina Borisovskaia, la mère juive à l’amour exubérant, qui prend vie sous nos yeux. Mélange de burlesque, de naïveté, de drôlerie et de persévérance, elle offre, elle qui fut elle-même actrice, un somptueux personnage de théâtre.

Sans artifices, la mise en scène sobre, n’utilise que quelques rares objets (le rideau de fond de scène, la canne, la veste d’aviateur, un tabouret de cirque et les enceintes qui encerclent la scène). Elle laisse parler, par la voix d’un excellent conteur, la beauté et l’humour du texte de Gary où le regard à la fois lucide, nostalgique et amusé de l’adulte éclaire l’histoire de l’enfant, une histoire d’exil, de courage et d’amour.

La salle est pleine, les rires fusent, beaucoup semblent (re)découvrir, émerveillés, le texte de Gary. Une très belle réussite à ne pas manquer.

Juliette Rabat

Théâtre du Petit Saint-Martin. Du mardi au samedi à 20h45, matinée le samedi à 16h. Réservations : 01 42 02 32 82

Musée Branly ouvert le lundi pour les vacances

Le musée du Quai Branly est ouvert les lundis des vacances scolaires toutes zones confondues y compris le lundi 27, jour de mon anniversaire…
En plus des expos, il y a aussi des spectacles comme Le maître des Marionnettes, issu de la culture vietnamienne. A visiter et à regarder.

Troisième critique de Juliette qui a vu pour vous Lucide au théâtre Marigny avec Karin Viard, Léa Drucker, Micha Lescot…
Après La Estupidez (La connerie), La Paranoïa et L’Entêtement, le metteur en scène Marcial Di Fonzo Bo s’attaque à une nouvelle pièce de son compatriote argentin Rafael Spregelburd, Lucide, jouée au théâtre Marigny jusqu’au 7 avril. Une comédie surprenante et décalée qui vaut le détour.

Névroses à tous les étages

Le début de Lucide est un peu déconcertant, mais tout de suite drôle. Un grand échalas maigre comme un clou apparaît face au public pour raconter sa première grande émotion footballistique. Un but glorieux marqué à l’aune de ses dix ans, et qui lui vaut l’admiration de tous. Lucas (Micha Lescot) parle avec un cheveu sur la langue, fait partager son excitation grandissante à l’évocation de ce souvenir d’enfance, mais ne paraît guère plus assuré que quinze ans plus tôt.

Les raisons de ce malaise, à chercher dans la névrose familiale, on les découvre rapidement. Dans un restaurant à la mode où chaises en plastique et serveur vêtu d’une simple peau de bête sont de rigueur.

C’est l’anniversaire de Lucas. Sa mère, Tété (Karin Viard), et sa sœur, Lucrèce (Léa Drucker), sont présentes pour partager ce moment avec lui. Tout le monde paraît s’entendre à merveille, l’enthousiasme est à son comble, Lucas est aux anges. Mais bientôt, le mécanisme s’enraye, l’excitation vire à l’hystérie, la naturel reprend le dessus, l’image d’Épinal se fissure.

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Une construction en puzzle

Une porte coulissante se referme sur la salle de restaurant. La scène est désormais réduite à un salon et une cuisine, où l’on retrouve Lucrèce et sa mère. Changement de décor et d’ambiance. Le dialogue est tendu, la relation distante. Par bribes, on comprend que la mère et la fille ne se sont pas vues depuis plus de quinze ans, que la fille revient pour une raison précise.

Karin Viard, formidable en mère névrosée d’un égoïsme forcené s’agite dans tous les sens, tentant vainement de comprendre quelque chose à la vie qu’a menée sa fille durant les quinze années passées, en y mettant une mauvaise fois évidente. Au téléphone, son amant (Philippe Vieux, qui joue aussi le serveur), un prof de tennis fraîchement rencontré sur internet qui fera bientôt office de chien dans un jeu de quille.

C’est avec, en toile de fond, ce climat familial délétère que les scènes se succèdent à un rythme effréné, obligeant le spectateur à reconstituer petit à petit le puzzle de l’intrigue, à la manière d’un film d’Iñárritu.

Frontières brouillées

D’un côté se tient le monde idéal du restaurant, qui correspond aux « rêves lucides » que son thérapeute demande d’imaginer à Lucas, mais sur lequel le pauvre garçon, qui souffre d’un Œdipe très mal digéré, a de moins en moins d’emprise. De l’autre et séparé par une simple cloison coulissante, le monde réel où Lucrèce débarquée de Miami, (à moins que ce ne soit de Béthune), est revenue chercher un bien qui lui appartient, sur la base d’un mystérieux pacte.

Mais les frontières entre ces deux mondes, poreuses, finissent par se confondre, empêchant bientôt de distinguer le vrai du faux, le réel de l’imaginaire, jusqu’à la résolution finale.

Prenez le tout, mélangez dans une grande lessiveuse et vous obtiendrez une pièce drôle, remarquablement interprétée, menée à un rythme endiablé, et qui réserve bien des surprises…

Une pièce différente, déroutante, qui nous emmène loin de notre culture cartésienne, mais qui fait souffler un vent différent et bienvenu dans la création théâtrale.

Théâtre Marigny, du mardi au vendredi à 21h, le samedi à 16h30 et 21h (relâches les 7, 8 et 24 février). Réservations : 0 892 222 333.

Juliette Rabat