En passant

Deux récits de vie dans deux pièces qui n’ont rien à voir entre elles mais ont tout de même un point commun: le retour dans le passé qui explique bien des actes présents.

Dans Mémoires d’un Tricheur,  le seul roman écrit par Guitry, adapté et mis en scène par Eric-Emmanuel Schmitt, Alex nous raconte une vie de tricheur professionnel avec la verve et l’esprit du Maître. Un très bon moment joyeux.

Dans Les inséparables, Didier Bourdon et Valérie Karsenti remontent le temps. Leurs souvenirs laissés dans un atelier d’artiste 40 ans auparavant, vont éclairer et libérer de ses haines d’enfance, un petit-fils devenu adulte. 

 

Au théâtre Rive Gauche, Eric-Emmanuel Schmitt, adaptateur et metteur en scène de Mémoires d’un tricheur débute la pièce comme les films de Guitry par le générique présentant comédiens et techniciens. (Si vous ne connaissez pas  allez jeter un oeil sur youtube). Nous voici tout de suite dans l’ambiance un brin suranné mais délicieusement spirituelle de l’univers de Sacha Guitry.

Alex, enfant, a réchappé de l’empoisonnement de toute sa famille par les champignons grâce à sa malhonnêteté. Il avait été privé de dîner pour avoir volé 2 francs dans la caisse du magasin familial. Cet événement va conditionner toute sa vie.

Chasseur d’hôtel, liftier, croupier, Alex raconte le récit de son existence semée de tricheries en tout genre dans un décor habilement planté par des cartes à jouer géantes qui changent selon les lieux. 

Olivier Lejeune a la prestance et la légèreté du personnage qui se laisse guider par ses rencontres et ses envies. Le monologue serait plaisant tout seul mais ce qui donne tout le relief à la pièce, c’est la présence de son acolyte Sylvain Katan, qui incarne tous les autres personnages, hommes ou femmes. Il a la faculté de se transformer avec peu de costumes mais beaucoup de jeu et de dérision. Les deux comédiens complices, jouent (dans tous les sens du terme) sans se prendre au sérieux. Leur enthousiasme est communicatif.

Au théâtre  Hébertot,  Didier Bourdon incarne deux rôles à 40 ans d’écart, un grand-père, Samuel et son petit-fils, Gabriel, au même âge.

Quand la pièce débute, Gabriel, peintre illustre mais en panne d’inspiration, désagréable avec tout le monde, va fêter ses 50 ans. Fils d’une mère célibataire fantasque, il a été élevé par son grand-père, banquier intransigeant. Gabriel visite en compagnie de son galeriste et de son fils Abel, devenu banquier, un atelier d’artiste en plein Paris, qu’une vielle dame inconnue lui a légué.

Imbu de sa personne et sûr de son génie, il est persuadé qu’il doit ce don à l’admiration de cette femme pour sa peinture. En fouillant les placards, le passé de Gabriel va resurgir et s’éclairer. Enfin il va comprendre pourquoi Samuel a été si dur avec lui dans son enfance.
Les auteurs, Stéphane Archinard et François Prévôt-Leygonie,  ont imaginé un basculement entre deux époques, les scènes du passé venant s’imbriquer dans le présent au milieu d’un décor d’atelier parisien très réussi. Il tourne comme un carrousel où le temps défile avec ses drames et ses joies.

Didier Bourdon passe aisément d’un personnage désagréable et odieux parce que malheureux à un banquier fou d’amour pour Sacha, une femme libre et artiste, Valérie Karsenti. Ils sont tous deux excellents comme toute la troupe: Thierry Frémont en galeriste précieux et intéressé et ami désabusé, Pierre-Yves Bon en fils détesté qui cherche à être aimé tout en disant ce qu’il pense et Elise Diamant, en fille qui n’est pas dupe de l’amour de Samuel pour Sacha.

C’est une pièce pleine de charme mise en scène par Ladislas Chollat avec délicatesse.  Une question reste en tête:  Ah si nous pouvions connaitre la vérité sur le passé, notre présent pourrait-il en être changé? 

 

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En passant

Ah l’amour… que peut-on faire par amour? Imaginer les plus belles folies pour l’amour de sa femme comme dans En attendant Bojangles ou lancer un petit jeu pour maintenir le mystère entre époux, comme dans la pièce Deux mensonges et  une vérité. Deux très bons spectacles qui commencent bien la saison et qui peuvent faire une sortie sympathique pour la Saint Valentin. 

A la Pépinière théâtre, trois comédiens donnent vie aux personnages du roman phénomène « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut.
Georges rencontre une femme extravagante et excentrique pleine de fantaisie. Subjugué par elle, il l’épouse et lui donne un fils. Toute la vie de la famille tourne autour de la mère qui ne porte jamais le même prénom et qui voit la vie comme une fête permanente. Border line, elle a un rituel qui la transporte ailleurs, la chanson de Nina Simone « Mr Bojangles » qu’elle met en boucle et sur laquelle elle danse avec son mari et son fils.
Georges abandonne ses affaires pour ne vivre que pour elle, pour le meilleur et jusqu’au pire.  Mais est-ce le pire quand on aime?

Victoire Berger-Perrin a adapté et mis en scène un roman qui fourmille de détails. Si l’évolution de la mère est forcément rapide et raccourcie, la metteure en scène a su rendre la poésie et la légèreté qui entoure la vie de cette famille atypique.  L’ambiance tient beaucoup aux personnages et aux comédiens qui leur donnent vie et humanité. Didier Brice est touchant en amoureux conscient de son aveuglement, Victor Boulanger joue un fils dévoué à sa mère qui regarde en spectateur ébaubi l’amour fou que vivent ses parents. Anne Charrier offre sa plastique,  sa verve et sa délicatesse au rôle de la mère.
Une jolie sortie pour les amoureux. 

Au théâtre Rive Gauche, Sébastien Blanc et Nicolas Poiret (fils de Jean Poiret, ont écrit une comédie sur le train-train quotidien des vieux couples et sur la façon de conserver un peu de mystère pour l’autre. Edifiant et hilarant!

Philippe et Catherine fêtent leur 27 e anniversaire de mariage. A l’échange des cadeaux, Philippe déclare à sa femme combien il est heureux de constater qu’ils n’ont plus de secret l’un pour l’autre et que sa femme ne peut désormais plus le surprendre. Lui en est heureux mais sa femme prend ça très mal! Pour prouver sa théorie, il lui propose de découvrir une vérité sur les 3 propositions qu’il fait sur lui-même. Catherine trouve immédiatement. Philippe est ravi mais il va vite déchanter quand sa femme entre à son tour dans le jeu. Elle l’assomme avec 3 affirmations sur sa propre vie qui le laisse sans voix. Il lui faut découvrir une vérité et deux mensonges. L’enquête va être compliquée et l’obséder jusqu’à le faire douter de tout et de tous, de son associé, de son fils et mettre en danger son couple et son métier d’avocat.

Lionnel Astier est parfait en fanfaron, sûr de lui qui, au fur et à mesure, perd tous ses repères et ses certitudes et ne sait même plus qu’elle femme il a épousée… Raphaëlline  Goupilleau est délicieusement mutine et mystérieuse en épouse déterminée à faire tourner en bourrique son mari trop confiant. Frédéric Bouraly, l’associé fantasque du mari, est celui qui fait monter la sauce par ses fumeuses théories!
Jean-Luc Moreau, metteur en scène es comédie dynamise répliques et rebondissements de cette pièce très juste. A voir en couple pour s’amuser et garder à l’esprit que si les hommes aiment le confort, les femmes elles, aiment le mystère. Pour la Saint Valentin, messieurs un conseil: n’allez pas leur dire que plus rien venant d’elles ne vous étonnera!

Bémol: dommage que le décor soit moche.

 

En passant

Pour la Saint Valentin, si vous optiez pour le dessert pour un éclair à fleur de cassis? Une sensation fraîche et un parti pris de fruit assumé. Il faut aimer le cassis,  dit aussi groseillier noir, ça ne plaira pas à tout le monde, mais moi j’adore!

Pas simple de travailler le cassis, disait lui-même Robert Linxe, le fondateur de la Maison et bien Nicolas Cloiseau, chef de la Maison du Chocolat,  a réussi à trouver le juste équilibre avec l’éclair Noir de Cassis.
Le gâteau présente un bon goût de fruit bien prononcé grâce à un confit de purée de cassis,  allié à une ganache chocolat noir 60%  et une crème pâtissière pour le fourrage.  On croque et la bouchée est super moelleuse et le tout n’est pas trop sucré. Je ne fais pas de la pub, j’ai vraiment apprécié. (5,70€)

Sinon pour la Saint Valentin, le coffret Au coeur des jardins de Paris, propose des saveurs fruitées avec des bonbons de chocolat:
Orangeraie : ganache noire aux jus d’orange sanguine, d’orange et infusion de zestes.
Jasmin fruité : ganache lait à l’infusion de jasmin sur gelée de mangue vanillée.– Miel de tilleul citronné : ganache lait au tilleul, miel de tilleul, relevée de jus de citron jaune.
 Gingembre zesté : praliné noir aux amandes, gingembre zesté de citron.

PS: Quand nous avons dégusté les nouveautés de la Maison du Chocolat pour Pâques, (j’y reviendrai plus tard), à l’hôtel Nolinski, avenue de l’Opéra, une consoeur s’est approchée du plateau, s’exclamant « ah un éclair à la violette! ». Une autre journaliste et moi-même, la détrompons, enthousiastes, « non c’est au cassis ».
Moue de la consoeur.  « J’en prends la moitié », dit-elle du bout des lèvres. Et là je me suis dit « ça y est, elle va détester ». Bingo, elle a pris une bouchée et … rien. Elle n’a rien dit. Elle fait partie des gens qui goûtent avec les yeux…bizarre pour des journalistes gastro.
Soyez pas comme eux, tentez l’aventure! Le cassis fait voyager les papilles.

 

 

 

En passant

Du 7 au 11 février le ballet Béjart Lausanne donne La Flûte Enchantée au Palais des Congrès. Une occasion d’admirer la troupe qui garde intact l’esprit de son créateur.

bb!La tournée internationale de la compagnie, le Béjart balet Lausanne, passe par Paris à l’occasion du 10e anniversaire de la mort de Maurice Béjart et du 30e anniversaire de la création de la compagnie. Pour célébrer ces deux événements,  Gil Roman, directeur artistique de la Compagnie, reprend La Flûte Enchantée.

Pour Maurice Béjart, La Flûte enchantée était « une féerie qui nous emporte dans la poésie pure de l’enfance ou du génie, ensuite, et surtout, un rituel précis, rigoureux, inspiré ».
Les 44 danseurs danseront sur la version musicale de l’opéra de Mozart enregistrée par le Philharmonie de Berlin, dirigé par Karl Böhm en 1964.

Trois heures qui valent le déplacement!

N’oubliez pas les crêpes de la Chandeleur!

Envie de crêpes mais savoureuse avec de bons produits, un genre de Rolls de la crêpe? Vous les trouverez au Breizh café dans le 3e , rue Vieille du Temple ou à Odéon. Le sous-titre de l’endroit est « la crêpe autrement ». Dans le Marais, il y a le resto mais aussi l’épicerie fine bretonne avec tous les produits succulents à mettre dans la galette… oups, j’ai failli écrire crêpe! Cidre, farine, beurre salé, caramel beurre salé, confiture…

J’aime bien aussi le 142, la crêperie moderne dans le 15e. Un décor qui n’a rien à voir avec les crêperies traditionnelles (que j’aime bien par ailleurs) de la rue d’Odessa ou alentour de Montparnasse. Relisez mon article 

Bon après si vous voulez faire des galettes et des crêpes, ce n’est pas très compliqué non plus, faut juste de la patience ou un qui fait les crêpes et les autres qui les mangent!

Vous pouvez apprendre à les faire à Saint Malo intra muros… à l‘atelier de la crêpe. ça se mérite une bonne crêpe!

En passant

Pour compléter mon article il me manquait Patrick Roger, le maître au travail dans l’environnement qu’il chérit le plus: la transparence.

Les 3 papes que vous retrouverez dans les boutiques à l’occasion de Pâques. ATELIER DE PATRICK ROGER

En passant

Le chocolatier barré et inspiré, Patrick Roger a ouvert une nouvelle boutique à deux pas de la place des Ternes, 225 rue du Faubourg St Honoré. Un magasin de verre au beau volume qui lui ressemble, épuré et où la transparence révèle les chocolats.

Photo V. Guichard Parisienne à Paris

Les murs sont en acier brossé avec un zeste de lumière émeraude. Un grand îlot central abrite les boîtes et les créations du maître disposées au cordeau. Patrick Roger y veille et passe même sa manche pour effacer une trace de doigt malencontreuse sur la nouvelle vitrine. C’est que le MOF veille à tout.
Le magasin est moderne et même avant-gardiste comme lui qui pratique la moto et l’avion.
Je n’ai rien contre. Le kitsch ou le faux d’époque en vogue en ce moment à Paris, m’énervent au plus point. Mais pour moi le chocolat c’est le réconfort, alors c’est sûr que là, au milieu du beau et froid,  je ne me sens pas réchauffée!
Place aux chocolats: pour la Saint Valentin, Patrick a rapporté de son voyage en Afrique, des singes de la sagesse au nombre de 4! Devinez le 4e? ne pas montrer son sexe… le garnement Patrick est très fier de sa coquinerie fourrée praliné très compliquée à réaliser. (69€)

Si vous êtes plus traditionnels, sacrifiez à la tradition avec des coeurs gourmands gravés d’un « je t’aime ».   

Pour Pâques (et oui on va y arriver plus vite qu’on ne voudrait), le chocolatier a prévu des oeufs et des poules… un brin shootées ainsi que des papes jaune ou orange garnis de fritures. Si, si. Des formes en amande aux couleurs acidulées. .(35€) En vente à partir du 15 mars. Vous verrez dans les vitrines des sculptures acier suspendues, de 3 papes. C’est Pâques. 

Photo V. Guichard Parisienne ) Paris. La sculpture blanche, c’est Madonna… si, si

BOUTEILLE DE VIN DE PATRICK ROGER PHOTOGRAPHIÉE À SCEAUX LE 7 SEPTEMBRE 2017.

Le chocolatier ne nous a pas dit si c’est pour le sang du Christ mais il s’est mis à la vigne. Pour bien se démarquer de tout le monde et surtout pour suivre ses idées pléthoriques, Patrick Roger a racheté une exploitation d’amandiers dans les Corbières. Dans le domaine, une vigne laissée à l’abandon. Qu’à cela ne tienne, Patrick la confie à une vigneronne.

VINIFICATION EN AMPHORES DU VIN DE PATRICK ROGER, FAITE PAR PATRICE ET ALIETTE BOURG AU DOMAINE « GRAIN D’ORIENT » À CAUDIÈS DE FENOUILLÈDES 66220 (PYRÉNNÉES ORIENTALES, FRANCE), LE 16 AOUT 2017.

Vous trouverez en boutique sa vendange, un vin élevé en amphore, un Syrah à servir légèrement frais, un vin jeune et solide qui accompagne champignons et pâtes d’amande… Une robe rouge claire et un vin agréable à boire. Les restaurateurs étoilés l’ont déjà à leur carte (La Réserve par exemple) . (69€ le coffret)

Les voisins de la nouvelle boutique sont Mariage, La Maison Nordique et…mitoyen, La Maison du Chocolat qui selon le maître de maison a très mal pris son installation. Ils ont bien tort, car selon l’adage bien connu: plus on est de chocolatiers, plus les passants mangent de chocolat!