Le Portrait de Dorian Gray: reprise pour cause de succès

Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde reprend pour cause de succès au Théâtre La Bruyère du jeudi au samedi à 21h, samedi 16h30 et dimanche 15h.
Thomas Le Douarec, metteur en scène, adaptateur et comédien, a réussi un excellent spectacle, fidèle à l’esprit et à la verve de l’auteur britannique. Ma critique.

En passant

Tchékhov, drôle? tu plaisantes? Et bien non le spectacle Tchékov à la Folie, au théâtre de Poche, le prouve. L’auteur russe célèbre pour ses pièces lentes et plombantes (que j’adore mais bon c’est vrai que c’est lent), sait faire rire aux éclats avec toujours en filigrane une vision aiguisée de l’âme humaine.

En plus de découvrir ces pièces rarement jouées en dehors des cours de théâtre, vous apprécierez le jeu inénarrable d’Emeline Bayart qui tel son homonyme pourfend les répliques de ses mimiques et attitudes extravagantes et exacerbées mais toujours justes.Un régal!
Philippe Tesson ne boudait pas son plaisir de nous présenter les oeuvres de Tchékhov,
deux pièces courtes (La Demande en Mariage et L’Ours), le jour de la première de Tchékov à la folie, demandant même à l’une de ses ouvreuses russe une traduction simultanée de ses propos. 
La première pièce: La Demande en mariage voit un prétendant endimanché venir demander en mariage la fille de son voisin. Chacun possède une ferme et des terres. Nous sommes à la campagne, comme le meuglement d’une vache nous plante le décor. Le père est d’accord. La promise est toute émoustillée de la demande qu’elle attend. Mais un grain de sable, de la taille des prés aux boeufs va venir enrayer la marche vers le bonheur conjugal. A qui appartiennent-ils, à Lomov ou à sa promise? Attention la russe est susceptible.

La seconde pièce: L’Ours voit débarquer chez la veuve Ivanovna Popova, un énergumène désespéré nommé Smimov qui n’a qu’un but: récupérer l’argent que feu le mari de madame lui doit. C’est une question de vie ou de mort et il ne sortira pas avant que Madame ne l’ait payé. Mais Madame est en deuil et ne voit plus personne. Qu’à cela ne tienne, l’Ours va camper là!

Dans ces deux pièces, homme et femme s’étripent pour un oui ou pour un non, ils  s’affrontent  violemment et frontalement sous l’oeil effaré du père pour l’une et du serviteur pour l’autre. Car chez Tchékov les femmes ne jouent pas les faire-valoir, elles ont le verbe haut et des manières de tragédienne. Pas question pour elle de se laisser marcher sur les pieds! On y voit l’âme russe dans toutes ses expressions passant des lamentations à la folie. Si l’amour est au centre de ses deux « plaisanteries » comme disait Tchékhov, il y mêle aussi les petites vanités, l’orgueil, la vantardise… enfin tout ce qui fait un homme ou…une femme. La mise en scène serrée est emprise les comédiens dans un jeu dynamique et enlevé.

Trois comédiens jouent les 3 rôles:
Jean-Paul Farré est un père un peu roublard et un ours mal léché qui va s’adoucir en trouvant plus intransigeant que lui. 
Manuel Le Lièvre joue avec brio l’amoureux transi au coeur fragile et le serviteur dévoué.
Emelyne Bayart, nommée aux Molières pour son rôle dans Frou-Frou (où elle était géniale) incarne dans les deux pièces, une femme entière. Elle défend de haute lutte ses convictions sans oublier une grosse part de mauvaise foi. 
Emelyne Bayart  est à elle toute seule une bande dessinée. Ce qui ne veut pas dire qu’elle joue toute seule. Mais elle a des expressions et des mimiques, des tons et des intonations qui déclenchent les rires. Jean-Louis Benoît, le metteur en scène, voyait ses personnages en terriennes, qui ont les pieds sur terre. Cette comédienne a cette capacité de jouer avec tout son corps ses personnages;et ses répliques. Les éthérées ne sont pas pour elle! Jusqu’au 14 Juillet.
N’oubliez pas Bronx avec Francis Huster, un texte et une interprétation magnifique que j’avais vu aux Bouffes Parisiens il y a quelques années. A ne pas rater. Jusqu’au 7 juillet
Et aussi Un Coeur Simple, nommé aux Molières, une comédienne et un texte, du vrai théâtre.

En passant

La Maison du Chocolat a convié la presse au Crillon pour déguster les fruits (et les chocolats glacés) de sa collaboration avec La Glacerie, maison de glaces et autres sorbets raffinés. Quand le froid rencontre le chocolat, la fusion des deux donne 4 gourmandises succulentes pour agrémenter l’été et même le printemps. Barre de chocolat et noisette givrée, bonbons au coeur glacé framboise ou citron recouvert de fine coque de chocolat blanc ou pot de glace chocolat intense. C’est froid mais c’est bon(bon).

Imaginez-vous sur la terrasse du salon Marie-Antoinette du Crillon, là où les stars et autres équipes de foot viennent saluer la foule en délire. Imaginez-vous une flûte dans une main, une sucette glacée dans l’autre, admirer la vue magique de la Concorde et des monuments qui l’entourent, alors que le jour descend. Magnifique! 

L’écrin est parfait pour apprécier les produits exclusifs cosignés par le chef MOF de la Maison du Chocolat, Nicolas Cloiseau a invité un chef en résidence, lui aussi MOF glacier, Daniel Wesmaël (La Glacerie Paris). De leurs deux envies, talents et imaginations, de leurs techniques aussi sont nées 4 gourmandises à déguster en édition limitée dan les boutiques de la Maison du Chocolat à Paris et à La Glacerie Marais.

La barre de chocolat glacée au coeur de caramel cache une coque craquante de chocolat noir aux inclusions de noisettes qui cache un coeur de caramel enserré de glace chocolat-noisettes torréfiées traversé d’une fine couche de feuillantine craquante. Je me vois bien la déguster au goûter. Un classique de caractère, chocolat-caramel réussi, 5,50 € la pièce.

Le bonbon frappé sorbet citron, crémeux de chocolat noir, citron-basilic et le bonbon sorbet framboise entourés de de 2 sphères de chocolat blanc au praliné croustillant clôtureront un déjeuner sur l’herbe. Le chocolat met en valeur le goût franc du fruit qui explose en bouche. Du frais, du frais, du fruit. 2,70€ le bonbon.

David Wesmaël réinvente la ganache noire de Nicolas Cloiseau en glace chocolat intense. chocolat noir 80%, lait et crème pasteurisés. Doux et fort à la fois. Pour les amateurs accros au chocolat sous toutes ses formes. 6€ pot de 120g.

Nous avons goûté aussi lors de cette présentation, la toujours régressive profiterole, chou garni de sorbet vanille-yuzu, sauce chocolat bien sûr…un délice. Essayez les parfums de La Glacerie dont 12 parfums seront vendus à la Maison du Chocolat.

Ces créations à deux MOF et 4 mains dynamisent les glaces et le chocolat avec de vrais bons produits tant dans le goût que dans la présentation. A goûter dès le 25 avril. chez La Glacerie Paris, La Maison du Chocolat (boutique et en ligne).

En passant

Prêt à s’aérer, se cultiver et se restaurer? Direction la Sarthe! La quoi? La Sarthe méconnue n’est pourtant qu’à une heure de Paris en TGV et, qu’on se le dise, ne produit pas que des rillettes ! J’ai séjourné à 15 minutes du Mans dans un endroit inspiré et charmant, chic et historique: l‘hôtel de la Groirie. Un lieu idéal pour une escapade romantique, une pause-campagne ou un week-end en famille. Suivez le guide!

lobby et chambres

Historique
J’ai eu la chance de découvrir le vieux Mans, désormais baptisé La Cité Plantagenêt, un enchevêtrements de ruelles pavées, où donnent des maisons à pans de bois de guingois, des hôtels particuliers cossus et où trône en son coeur la cathédrale Saint Julien mi-romane-mi-gothique. Des films de cape et d’épée y ont été tournés, et on s’imagine bien à cheval ou en carrosse rejoindre son chevalier préféré!

Cathédrale Saint Julien mi-romane mi-gothique

A l’hôtel de la Groirie, qui jouxte le château de la Groirie, vous pouvez aussi vous imaginer en costume d’époque dans les 13 chambres où rien n’a été laissé au hasard. Aux noms charmants de 7 et demi, Encore trois marches, Princesse Zoubie…elles sont toutes différentes suivant les thèmes qui ont inspiré leur décoration: Consulat, l’Empire, la zénitude, l’Italie…

J’avais la chambre du Petit Musicien à motifs de bouquets fleuris et cheminée, de 35m² d’inspiration 18e (D’autres chambres ou suites font 45 m²). Située au rez-de-chaussée, elle est cosy et chaleureuse. Une armoire ancienne abrite un coffre, un mini-bar, un plateau de courtoisie et un parapluie au cas où…vous pouvez brancher votre téléphone sur la station d’accueil et déguster de petits sablés offerts dans une ravissante petite boîte, signée de la biscuiterie La Sablésienne. La salle de bains est blanche, au sol de pierres naturelles avec une douche à l’italienne au marbre également italien. Pas de bruit la nuit, ni de l’extérieur ni des autres chambres. Une paix royale.

le domaine vu du canal

A l’étage, les chambres ou suites, sous les toits tirent leur charme des poutres de bois blond, des coloris clairs et frais et des meubles qui allient authenticité et modernité. Pour se détendre, vous pouvez louer des vélos, profiter de la piscine extérieure ouverte en saison ou vous promener dans la roseraie, découvrir la chapelle ou déambuler dans le jardin anglo-chinois.
Vous pouvez aussi bénéficier de massages très zens grâce à Séverine de Pop Up Détente.

La salle à manger du château
un des cinq salons

Calme et tranquillité: pas un bruit alors que nous sommes tout près de la ville. Il est vrai que 100 hectares de parc entourent l’hôtel situé dans l’aile des invités du château de la Groirie, habité par les propriétaires des lieux. Gaëtane et Jean-Louis Durand, passionnés d’histoire et de patrimoine, ont redonné vie et couleurs au château rachetant des tableaux vendus, chinant meubles d’époque tout en choisissant des matières nobles au plus près de ce qui était. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le château n’est pas un musée mais bien une demeure habitée et raffinée à l’impressionnante collection de portraits du 18e siècle.

Le lobby

Gaëtane Durand-Lépine, ex-avocate d’affaires, n’a pas toujours aimé habiter là. Mais un jour, elle voit au printemps une jonquille éclore. Ce petit miracle de la nature la fait réfléchir et se dire qu’elle peut partager tout ce qui l’entoure et donner une autre destination aux lieux. Elle fait aménager des salles dans les communs tout en leur donnant un cachet et une personnalité à part, Séminaires au château naît. Puis elle mène le projet d’ouvrir un hôtel et bientôt viendra un restaurant où l’on pourra déguster le vin blanc, rouge ou rosé de sa famille, le domaine de Bizard, vignoble de la vallée du Rhône. Gaëtane secondée d’Isabelle, la directrice, n’a de cesse que d’améliorer, de parfaire ce lieu pour la satisfaction des hôtes sans jamais renier ses convictions.
En attendant d’y séjourner vous pouvez siroter un thé dans le salon agréable du lobby et dîner dans le restaurant étoilé de Olivier Boussard, Le Beaulieu. J’ai pu goûter à sa cuisine de terroir raffinée, elle lui ressemble, généreuse, gourmande et goûtue. Il met en valeur les produits emblématiques de la Sarthe, tel le poulet de Loué. Autre lieu sympathique au Mans, un bistro à vin original et convivial.: Ô bon Soir.

J’ai passé un séjour dépaysant et ressourçant avec juste ce qu’il fallait de temps culturel et de gourmandises…
Si vous passez alentour, venez visiter le parc entre le 1er juillet et le 1er septembre. Cela vous donnera envie d’en découvrir davantage. <br>Si votre chéri aime les 24Heures du Mans, offrez lui un week-end et pendant qu’il s’endort au son des vrombissements des moteurs, dormez tranquille à l’ombre du château de la Groirie. Quelques événements à venir: Dégustation de vin du domaine Bizard et le 13 septembre, nouvelle édition du festival Passion Baroque dans le salon des miroirs tout droit inspiré des salons russes en noir et doré. Tenue chic exigée!

En passant

Nous avons de plus en plus envie de bichonner notre corps avec des produits
estampillés Nature, naturel, et surtout sans ajout chimique.
Avec Epopée 358, et sa démarche 100% artisanale, vous avez un savon 100% olive bio d’origine française.
A l’opposé, dans la grande distribution, Marionnaud sort une gamme Green avec des
formules « Made in France », composées à plus de 90% d’ingrédients d’origine naturelle. 

Les pains de savon d’Epopée 358 fabriqués par Charlotte Cabaton sont élaborés à partir de 100% huile d’olive bio française et parfumés aux huiles essentielles françaises (hors quelques huiles essentielles d’agrumes choisies en Italie). Surgraissés en huile d’olive (de 10 à 11% de plus) et en huile d’amande douce, ils laissent un film doux sur la peau sans être gras. Ce surplus permet à votre peau d’être protégée sans sensation de sécheresse ou de tiraillement même avec une eau astringente.

le galet savon nature Origines

Dans le laboratoire-boutique  à Saint Cloud, Charlotte dose, pèse et fait tout à la main, sans produits chimiques mais avec de l’huile de coude pour obtenir la saponification à froid qui permet de garder toutes les qualités des produits. Elle mélange
huile d’olive + soude (la France en est le premier producteur européen) et obtient une pâte à savon (mélange à la consistance mi-crème pâtissière, mi-crème anglaise obtenue avec un mixeur plongeant).

Charlotte pratique le surgraissage en ajoutant 10% d’huile d’olive en plus et aussi de l’huile d’amande douce, du miel de châtaignier et des huiles essentielles (issues d’une distillerie du Puy de Dôme) pour les savons parfumés et filme. Après avoir coulé le mélange dans les moules et 48h de prise,  il faut encore attendre 4 semaines de séchage.

Mais comment passe-t-on de journaliste et même rédactrice en chef d’un site d’information à façonner et fabriquer des savons en forme de galet ? Et bien quand la matière vous manque, tout est dépeuplé…

A la trentaine, cette maman de deux enfants, épanouie dans son métier, ressent un manque. Le manque de se colleter à la matière, au travail des mains. Alors elle cherche ce qu’elle pourrait bien faire et se souvient qu’enfant, en vacances chez sa grand-mère elle passe des heures au rayon beauté d’Intermarché, puis adolescente, elle se passionne pour Yves Rocher présent sur la 4e de couverture de Télé 7 Jours.

Jeune femme elle épluche les étiquettes et n’est pas très satisfaite des compositions des cosmétiques qu’elle adore. Du coup matière + cosmétique font tilt et de ses deux envies naissent la pâte à savon version Epopée 358 après s’être formée dans une savonnerie où elle apprend les subtilités du métier.

cèdre et coriandre

Les fragrances se créent suivant les essais et l’imagination de Charlotte. Nature, eucalyptus, cèdre, menthe coriandre, vous trouverez toujours 3 références en vente  et 2 qui changent tous les mois et demi. En ce moment sont proposés à la vente: nature sans odeur, eucalyptus et cèdre-coriandre.

10€ pour le nature  14€ les autres  ou plus, suivant les huiles. (Verveine citronnée sera plus chère). Je vous conseille de rencontrer la souriante Charlotte en son labo-boutique au 10 ter rue Alexandre Coutureau à Saint Cloud (09 81 20 25 55) ou vente en ligne www.epopeelab.com.

Autre démarche moins artisanale et plus grand public, Marionnaud sort la gamme Green, une gamme de produits pour le corps composés à 90 % d’éléments d’origine naturelle. Graines de Chia, extrait de bambou, de nénuphar, concombre, huile de coco, … à chaque produit, son élément actif. La gamme est très complète et à prix très abordables. Soins du corps et du visage, crème, exfoliant, savon, huile nourrissante, crème hydratante, masque, démaquillant,… de 5 à 20€.

la brume rafraîchissante

Je n’ai pas essayé les produits mais la démarche est intéressante. Un effort a été fait aussi sur les emballages recyclables et des étuis issus de cartons durables . Pourquoi ne pas tester les crèmes, en attendant le printemps. J’essaierai bien cet été la brume rafraîchissante visage à l’extrait de kiwi qu’on peut même pschitter maquillée.

masque poudre fraîcheur de concombre
En passant

Une vraie bonne comédie est une denrée rare. Et bien j’en recommande trois! Et comme pour les Trois Mousquetaires, j’en donnerai 4!
Le Crédit à la Gaîté Montparnasse est une comédie « bancaire » très drôle qui voit s’affronter un banquier, Daniel Russo qui refuse un crédit à un client insistant, Didier Bénureau. Mais le client a des arguments…
La Dégustation , au théâtre de la Renaissance, est une comédie romantique, parfaite pour la Saint Valentin. Isabelle Carré et Didier Campan vont se donner une chance de tomber amoureux. On en sort avec le sourire et l’âme légère.
Le Canard à l’Orange au théâtre de la Michodière, est un classique de la comédie anglaise, incarnée avec talent par Jean Poiret et Michel Roux en leur temps. Nicolas Briançon reprend le flambeau avec brio de cette comédie hilarante et élégante toujours aussi efficace.
Et pour clore la liste, un classique: Le Malade Imaginaire joué et mis en scène par Daniel Auteuil, un grand enfant capricieux où sa fille Aurore joue l’impertinente et efficace Toinette. Un spectacle à la hauteur de ses ambitions.

Dans Le Crédit, Daniel Russo, sûr de son pouvoir, refuse la demande de crédit d’un client. Contre toute attente, le client refuse de partir. Au contraire, il le menace de séduire sa femme dès le seuil franchi et lui promet qu’il perdra tout . Le banquier est surpris, décontenancé, puis il prend peur. La différence de jeu entre les deux comédiens fait merveille. Daniel Russo n’a pas son pareil pour lancer des injures et des phrases définitives! Face à lui, le client incarné par Bénureau, tout en retenue semble frêle et falot. L’équilibre va s’inverser au plus grand plaisir des spectateurs. Une comédie originale pour se moquer de son banquier.

La Dégustation est une parfaite comédie romantique: drôle, émouvante, délicate. Jacques, Bernard Campan, est caviste. Bourru et alcoolique, il semble que la vie n’ait plus d’attrait pour lui. Une jeune femme, Isabelle Carré, un peu perdue, et un jeune cambrioleur qui met les pieds dans le plat vont l’aider à voir l’avenir autrement. Ivan Calbérac, auteur et metteur en scène, a écrit une pièce touchante et délicate, une feel-good play .Tous ses personnages sont un peu cabossés par la vie, du voisin libraire au médecin amateur de bonnes bouteilles. Ils vont s’entraider pour le meilleur. Les spectateurs sortent avec le sourire après avoir longtemps applaudi.

Dans le Canard à l’Orange, Nicolas Briançon incarne Hugh, un producteur télé volage qui apprend que sa femme le trompe. Chevaleresque, il lui propose que son amant passe le week-end chez eux pour parler des détails du divorce.

Le week-end va être chaud entre le canard qui ne cuit pas, la femme mal à l’aise, l’amant dépassé , la secrétaire top sexy ambitieuse et la cuisinière récalcitrante. Nicolas Briançon s’amuse dans rôle, jouant les répliques avec la vivacité et la légèreté du personnage.

François Vincentelli incarne un amant mi-belge-mi british naïf , Anne Charrier a la grâce, et Alice Dufour, le chien qu’il faut pour mener ces messieurs. On est ravi de retrouver Sophie Artur, revêche parfaite.

Les titres des pièces cette saison n’ont aucune poésie. L’avantage, ils vont droit au but. Le Lien, le crédit, la dégustation, ne font pas rêver mais ne mentent pas sur le contenu qui se cache derrière.

En passant

La famille est un thème infini qui évolue (soi-disant) au fil des époques. Disputes, jalousie et amour, s’entrecroisent aussi bien dans la comédie que dans le drame. La rentrée 2019 nous propose quelques spécimens.
Dans Le lien de François Bégaudeau au théâtre Montparnasse, une mère reçoit son fils à déjeuner. Classique? Si ce n’est que le fils est un écrivain plutôt intello tout comme l’auteur et raisonne énormément. La pièce est un duo de mots entre l’exceptionnelle Catherine Hiégel et le déchiré Pierre Palmade. Trop de mots peut-être… pas assez de silences, sûrement.
Dans la salle Réjane du théâtre de Paris, Localement agité d’Arnaud Bedouet voit une fratrie désunie essayer de satisfaire les dernières volontés du père décédé un an auparavant en Bretagne. C’est une jolie comédie plaisante qui sent la marée, entre déchirements et secrets de famille.

Le lien entre mère et fils est indéfectible. C’est ce qu’écrit François Bégaudeau dans la pièce Le Lien. Car quelque soit les griefs, les incompréhensions et les blessures, l’amour viscéral reste. Pour la mère, c’est suffisant. Que son fils soit un écrivain ou autre chose, qu’elle lise ou non ses livres, c’est son petit. Pour la vie. Le fils aimerait qu’elle le voie en adulte, en auteur reconnu, qu’elle lui parle de lui, lui pose des questions sur lui, le reconnaisse enfin. Réagit-il en enfant centré sur lui-même ou en adulte frustré? Chacun attend quelque chose de l’autre qu’il ne peut lui donner.

Ce qu’elle dit n’intéresse pas le fils. Elle parle, elle parle de son quotidien, de la fromagerie du Carrefour qui a fermé. Il aimerait tant qu’elle lui demande comment s’est passé la signature de son dernier livre. Et la mère aussi aimerait qu’il vienne plus souvent, qu’il lui accorde un peu plus d’attention. Le rapport est tendu jusqu’à l’arrivée de l’amie de la famille qui apporte enfin de la vie et rompt le face à face maintes fois joué. Je ne suis pas contre l’épure et la suggestion pour le décor mais pour installer une atmosphère, les accessoires servent. Rien sur un plateau n’aide pas à entrer dans l’intimité de cette famille. A voir pour ses comédiens.

A la salle Réjane, la scène est transformée en plage bretonne par temps Localement agité. Ce n’est pas que le vent souffle beaucoup dehors. Au contraire toute la famille l’attend pour pouvoir enfin éparpiller les cendres du père décédé un an auparavant. Mais dans la maison, les esprits s’échauffent entre les 3 frères, la soeur et la belle-soeur et même avec le père disparu qui a marqué chacun de sa personnalité.

L’un a réussi (Thierry Frémont), loin du père. Cavaleur, sa femme vient de le larguer. Il passe son temps à essayer de trouver du réseau grimpé sur un rocher pour l’appeler. Un autre (Arnaud Bédouet, l’auteur) est le gardien du temple. Il vit dans la maison du père sans rien y changer tout en oubliant de vivre sa vie.

Le plus jeune (Guillaume Pottier) s’embarque toujours dans des entreprises douteuses qui invariablement ratent. La belle-soeur (Lisa Martino) récemment séparée du 3e frère, Nicolas Vaude, est venue en mémoire de son beau-père, qu’elle admirait. Son ex-mari, éditeur, provocateur et buveur, est à la dérive. Il n’a d’existence dans la profession que parce que son père a publié des oeuvres majeures.
La soeur (Anne Loiret), dépositaire de secrets de famille, essaye d’exister. Aucun n’est à l’unisson, pas même en chantant les paroles d’une chanson d’enfance. La révélation de vérités venues d’outre-tombe, les ressoudera ou les séparera?


Arnaud Bédouet a écrit une pièce plaisante où la vie est présente. On se retrouve dans ces disputes de famille où les blessures d’enfance se rejouent à l’âge adulte. Pour le meilleur, peut-être.