La pelouse était très sèche ou le sport vu côté français

A quelques jours du tournoi de Roland Garros Paris, 16e, petite chronique sportive enfin côté commentateurs!

En France il y a un domaine où l’on est imbattable, c’est de trouver des excuses à un ratage total ou mieux encore le transformer en truc bien, voire en apothéose. Et le secteur où l’on peut enfin monter sur la première marche du podium, c’est le sport.

Alors là on est champion du monde, on est, on est, on est les champions.

Au foot, quand on fait match nul, on  n’a pas perdu. Jusque là c’est vrai. Mais pour le coup on n’a pas gagné non plus. Et ben si !

Je vous entends d’ici. Ouais mais bon, on n’a pas gagné mais le match  a été beau, on a fait le jeu mais on n’a pas eu de chance. C’est vrai on est des loosers de la loose, on a la scoumoune de chez la poisse alors que les autres (ceux qui gagnent), ils ont la baraka de chez couilleenor et chance-de-cocu réunis,  estampillé sur leurs muscles body-buildés.

Je n’ai qu’un conseil à donner : faut que les femmes de sportifs arrêtent d’être fidèles, ça porte préjudice au pays. (je ne dirais rien des sportifs eux-même…)

Bon, ça c’est quand on a au moins bien joué. Mais ce n’est pas toujours le cas. Quand on a joué comme des branques, on est encore très content.

 Ben oui. Parce que ce n’est pas de notre faute. Qu’on se le dise. C’est toujours de la faute des autres. Pas de ceux d’en face. Non. Il manquerait plus qu’ils soient plus forts que nous en plus ; Non, non.

Parce que on ne gagne pas, voire on perd mais les bons, que dis-je les meilleurs c’est encore nous ! Nous, on a une excuse : La pelouse était très sèche.

Voilà la raison : la pelouse était pas de notre côté. C’est pas croyable. C’te pelouse de merde a eu raison de notre jeu moyen. Même, pire, elle nous a pas aidés. Alors qu’elle aurait dû.

C’est bien connu, elle est là pour ça. Ben non, cette conne de pelouse, elle arrêtait nos ballons. Pas ceux des autres, juste les nôtres. Si, si, la chaleur agissait comme un stop sur le ballon en synthétique. Résultat il ne filait plus sur la pelouse. Les passes devenaient nases. En plus c’te pelouse, elle est de parti pris.

Manquerait plus que l’arbitre soit de mèche et le péno quand notre attaquant se laisse tomber dans la surface alors qu’il a perdu le ballon, ce con d’arbitre, il va pas nous l’accorder. C’est clair si on a perdu ou pas marqué, la pelouse y était pour quelque chose. Et puis il faisait chaud ou il faisait froid, ou il pleuvait, enfin les sangliers avaient dû manger quelque chose, je me sentais pas bien.

C’est vrai que la pluie, le soleil ou la chaleur ne vaut que pour une partie du terrain. Depuis que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière (pour une fois qu’une frontière arrête quelque chose ou quelqu’un, y a fallu que ça tombe sur la pollution), tout est possible.

On est confiant. Ca aussi, c’est top. Surtout quand le journaliste rajoute, «c’est le même scénario qu’il y a 4 ans. On a perdu le premier match et après on est allé de charibe en scylla ». C’est sûr on est confiant.

Il y a aussi l’excuse physique : Les organismes sont fatigués. C’est le premier match, la compét’ doit durer encore 15 jours et les mecs ils sont crevés. Les gars, faut raccrocher, si vous êtes claqués, faut prendre des vacances, des congés-maladie, pas venir, laisser sa place à un fringant, un frais de chez Picard, un bon quoi. Faut pas jouer avec nos nerfs comme ça.  Nous on attend le but, la victoire. Ah la victoire. Qui disait, il n’y a que la victoire qui est jolie. En sport il n’y a qu’un vainqueur. Tu gagnes ou tu perds. Et ben en France non.

Nous quand on perd, on est encore gagnant. « Il y a des défaites qui valent des victoires ». Voilà le commentaire grandiloquent entendu à la fin d’un match de tennis.

Surtout au tennis, on risque pas l’ex-aequo. Et bien le joueur qui perd en 3 ou 5 sets, chez nous, il est déclaré vainqueur. On a bien compris ce que le commentateur (lui-même ancien joueur de tennis qui n’a jamais rien gagné) a voulu dire. C’était un super match, tu t’es défoncé (au sens sportif), t’aurais pu gagner, t’étais à 2 points. On a compris. Mais le truc c’est que tu as perdu. P.E.R.D.U. Et la défaite , c’est pas une victoire jusqu’à preuve du contraire.

Sil vous plait messieurs les commentateurs ne sortez pas des branquignoleries pareilles : c’est à cause de cela qu’on perd. Dites plutôt : c’est méritoire mais pour gagner il y a encore du boulot, vas-y tu peux y arriver, tu y arriveras, tu vas leur éclater la tronche à tous ces espégoins qui tapent comme des sourds sur leur balle en fond de court mais pas « il y a des défaites qui valent des victoires. » Sans ça, Le Pen serait président.

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