Les Trois Sœurs : l’émotion pure à la Comédie Française

La pièce de Tchékov donnée à la Comédie Française, est tragique ou pleine d’espoir. On peut y voir un plaidoyer à « la vie malgré tout », malgré le temps qui passe et qui détruit les illusions. On peut aussi considérer le terrible constat que la réalité a raison des rêves et qu’on n’échappe pas à son destin.

photo des Trois soeurs à la comédie françaiseLe temps passe

Sur la scène de la Comédie française, Macha, mal mariée, Olga, enseignante contre son gré et Irina, jeune fille impatiente, vivent à la campagne dans la maison de famille avec Andrei, leur frère rêveur.  Le temps passe. La vie s’égrène lentement sans qu’aucun évènement majeur dans leurs existences, ne vient en changer le cours.

On s’ennuie paisiblement, insensiblement, au rythme des dîners et des conversations mondaines.  Tout comme le froid qui sévit dehors, on engourdit sa vie petit à petit. Mais l’espoir de la jeunesse, de l’amour est encore là, bien vivant, bien réel.

Puis vient le temps des espoirs déçus. Le départ pour Moscou, la ville de leur enfance heureuse, leur but,  ne se fera pas.

La garnison et ses soldats qui égayaient les parties de campagne, lèvent le camp. Avec lui, l’amour de Macha s’en va. Andrei, homme faible a épousé une femme sans classe ni générosité. Il sombre dans le jeu et la médiocrité.  Olga qui ne voulait pas être directrice de son école, l’est devenue. Comme si les désirs de chacun n’existaient pas. Irina, veut y croire. Elle veut  quitter tout. L’endroit, la famille, sa condition pour vivre enfin.

Une lenteur et une émotion

La mise en scène d’Alain Françon, pendant la première partie, avant l’entracte où l’on peut se dégourdir les jambes au foyer de la Comédie Française, peut être ressentie comme ennuyeuse ou désincarnée. Elle  est aussi le reflet de ce temps qui passe inexorablement, broyant peu à peu les aspirations des protagonistes.  Nous sommes dans un monde de lenteur. Les tableaux de campagne se composent devant nous, spectateurs dans un décor magnifique de maison de campagne traditionnelle.

La seconde partie nous fait entrer dans la famille. La famille des désirs perdus. Devant l’adversité, chacun dévoilera son caractère. Enfin les émotions sortent et émeuvent. Les personnages deviennent des individus de chair et de sang. Ce théâtre est empli de l’âme russe, fière mais aussi fataliste où l’acceptation est la raison.

Malgré tout, malgré la vie même : il faut vivre. C’est le cri et la morale de cette œuvre qui nous touche en plein cœur.

« Oh mes sœurs chéries, notre vie n’est pas terminée. Il faut vivre ! »

Les Trois Sœurs de Anton Tchekov, mise en scène Alain Françon. Comédie Française en alternance.

20h30. Place Colette
75001 Paris
01 44 58 14 00

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