Soldes à Paris: LES TAILLES, LES SOLDES ET MOI

Petite chronique parisienne un peu longue, je sais, que les zappeurs zappent et que les lecteurs restent: ce sont les vacances! 

soldes imageJe ne sais pas vous, mais moi, les réflexions des vendeuses de vêtements, des copines, et autres personnes soi-disant bien intentionnées à mon égard, m’insupportent dès qu’elles touchent de près ou de loin à ma silhouette que j’imagine sylphidesque (on peut rêver et même on doit, si l’on veut survivre).

 Les autres, les minces:

Moi (taille plutôt dans les 40 et plus si affinités) à ma belle-sœur (plutôt taille 38 et moins si elle me voit) un week-end:  » Oh zut, j’ai complètement oublié ma chemise de nuit, tu peux m’en prêter une? »

Elle, croyant bien faire:  » Oh certainement, tiens celle-ci t’ira sûrement, c’est celle que je mettais quand j’étais enceinte. »

Moi, bougonne, limite renfrognée:  » Merci, je dormirai toute nue. »

Le pire étant d’essayer la chemise de nuit en question et de ne pas rentrer dedans.

 Les photographes: (Et oui j’ai été comédienne, et oui j’ai joué, et non j’étais jamais payée, c’est tout pour les questions sur ma vie privée que-je-protège-jalousement-parce-que-j’ai-droit-comme-tout-le-monde-à mon-jardin-secret…)

« Garde la pose chérie, de trois-quarts la tête, pas le corps, à droite, mais pas tant, un peu à gauche parce que là on voit les plis du cou et c’est moche. »

Moi, intérieurement toute en colère et extérieurement toute en sourire: « Encore heureux que je n’ai pas un triple menton. »

Les vendeuses:

Première version:

Moi, abordant poliment la gorgone ( dans la mythologie grecque, monstre à la tête effroyable, à la chevelure faite de serpents. C’est formidable, on se détend et en plus on s’instruit !, faite de serpents dis-je, c’est vous dire si elle a l’air engageant.)( est-ce que tout le monde suit les détours de mon esprit cultivé et subtil ? )( Si oui, continuez, si non relire à haute voix)

( Voyez, tout de suite c’est plus clair)

image: soldes  paris été 2010Donc, moi: « Pardon, madame, excusez-moi, vous n’auriez pas le même en 44 ? »

Regard condescendant ( en un seul mot) de haut en bas et vice versa sur ma personne.

Elle:  » Nous n’avons pas cela ici, madame. »

Moi, reculant vers la sortie: « Excusez-moi, pardon, excusez-moi, j’essayais seulement au hasard, au cas où… »

 OU:

 Moi: « La taille 3, vous avez? »

Elle, petit sourire d’excuse.: « On s’arrête à la 2, désolée. Essayez la boutique Beldam, tout de suite à droite en sortant. »

Un conseil, n’essayez pas la boutique au nom si évocateur, vous seriez déçue, croyez-moi sur parole.

Et quand on fait 1,80 m , ( ce qui pourrait être mon cas si je faisais 20 cm de plus), les jupes longues, elles arrivent aux genoux, et les tailles 1,2,3, sont faites pour les liliputiennes( nom tiré du pays Liliput dans le livre Gulliver)(employé ici pour éviter d’avoir à écrire « c’est pour les naines », parole que j’ai entendu dans un magasin et qui n’est pas écrivainement correct).

 Admettons que vous ayez réussi à trouver le petit ( c’est une façon de parler) truc sympa qui vous branche, vous mettez le cap sur le salon d’essayage.

La glace doit coûter cher au mètre carré, car dorénavant, plus de miroir dans les cabines, il faut sortir , devant tout le monde dans ton 44 qui ferme pas, (sensation horrible), avec le « tout le monde » qui te regarde avec des mines de circonstance qui semblent dire:

« Vraiment, ça ne lui va pas et on se demande même pourquoi elle a essayé ce machin, (voir au-dessus, truc mignon) foutue comme elle l’est.

Alors là on se dit, bon allez je vais faire un effort et comme m’a dit un jour d’un air pénétré une copine qui fait 38 les jours de ripailles :

« Moi, un jour si je devais commencer un régime, je le ferais ou toute seule ou alors ( longue réflexion) avec quelqu’un. »

Je vous assure que c’est drôle, dites-le tout haut et vous saisirez la finesse de la réflexion.

C’est toujours la même qui vous encourage à reprendre du gâteau, remarquez, elle part d’un bon sentiment, quoique, j’ai des doutes….

Les pires, ce sont celles que vous accompagnez pour leur faire plaisir et qui réclament à la vendeuse qui leur a fourni un 36 :  » Vous auriez pas du 34 parce que là, je nage . »

Pour nous les grosses, enfin les normales, avoir à reprendre un 36, c’est le rêve, parce que le 36, je l’ai mis il y a , oh oui, y’a bien …, d’ailleurs, j’en ai jamais mis, c’est pour vous dire. Moi ça oscille entre 42 et 44. Quand je rentre dans du 40 ( comme dit maman, c’est sûrement la coupe qui est large. Merci maman ( détachez bien les syllabes), on fête ça au bar du coin.

Bref, la nana du 36, style 36.15 Je passe sous une affiche sans la décoller, elle trouve encore le moyen de vous dire qu’elle veut maigrir.

On se demande ce qu’elle a encore à perdre parce qu’après elle attaque les os.

Elle rentre dans tout d’accord, mais elle fait facilement sac à patates dans un petit 38 coupe large(voir plus haut). C’est le comble pour des filles qui en mangent jamais , des patates, pas des sacs.

Quoique ce sont celles-là qu’on voit arriver tous les matins avec des croissants.

De la provoc , je vous dis !

Mais nous, on a un avantage sur les planches à repasser, à pain, à voile et autres, c’est le décolleté avantageux.

Là, imbattable.

Quoique parfois, on regrette.

Par exemple, quand vous demandez à la vendeuse si elle a le même soutien-gorge sans armature et qu’elle vous répond avec un air de commisération ( pitié et compassion explique le dictionnaire, c’est vous dire qu’on touche le fond) que ah non madame, à partir de 90 D ça ne se fait plus parce que vous comprenez, faut soutenir. (avec geste à l’appui, si je puis l’écrire).

Bien je vais prendre le 90 C , ça aplatira, c’est pas grave.

Le pire, c’est qu’on repart avec une chose ( ils appellent ça un article, mon psychiatre nomme cela un achat compulsif) et qu’on ne comprend même pas pourquoi on l’a achetée.

Et les placards en sont remplis de ces trucs:

Illustration:

Tu achètes ( je tutoie parce que maintenant je connais), un petit pantalon mignon, mais mignon…, bref tu ferais mieux d’acheter le petit « haut » qui va avec et que te tend avec empressement le vendeur bien intentionné.

Parce qu’après, tu arpentes toutes les boutiques pour dénicher l’espèce de bidule qui va avec et qu’évidemment tu ne trouves pas. Et évidemment tu finis par acheter à prix d’or un vague machin-truc qui va, sans aller, que tu vas mettre une fois et que tu ne remettras jamais plus parce que vraiment ça ne va vraiment pas et pourquoi j’ai bien pu acheter ça.

Parce que vous l’avez acheté, on ne vous l’a pas donné.(je revouvoie sur l’achat parce que là, c’est sérieux)

Du coup, tu retournes acheter le petit haut heureusement en solde (faut bien une bonne nouvelle, alors je tutoie) que le vendeur avait proposé quand vous avez acheté le petit pantalon et qui allait si bien avec , mais dont il ne reste plus ta taille( faut pas rêver non plus). Alors tu le prends quand même le petit haut trop petit qui ne va évidemment pas si bien que ça.

Alors tu ne remets plus le petit pantalon si mignon qui lui, allait très bien mais avec quoi décidément rien ne va  et qui fera le bonheur de la meilleure copine à qui les petits hauts vont aller très bien et qui va faire reprendre le pantalon qui lui, est décidément trop large bien que la coupe elle, soit très ajustée.

Bref, les commerçants n’ont pas intérêt à la ramener.

Eux, ils l’ont vendu le petit haut et le gros bas.

Et le pire dans tout ça, c’est que la saison suivante on remet ça.(toi, vous ,nous…)

Un achat merdique par saison, c’est une moyenne.

Moi ça m’occupe, la copine attend, les vendeurs encaissent.

Tout le monde est content.

A la saison prochaine, je n’aurai pas ce problème puisque j’aurai maigri… si, si , et je n’entendrais plus ce type de réflexion fait à une de mes copines il y a cinq ans alors que j’essayais dans une cabine un pantalon que je trouvais mal coupé et que j’hésitais à acheter.

C’est vrai, c’est pas parce qu’on rentre dans quelque chose que ça vous va forcément. Ca serait trop simple.

Bref, j’ai entendu:

 » Quand on a une taille difficile comme la sienne, on réfléchit pas trop  »

Ben, vous savez pas?

Je réfléchis encore.

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