SHOWBOAT: géant!

Le théâtre du Châtelet redonne depuis quelques années ces lettres de noblesse aux comédies musicales américaines. West Side Story, la Mélodie du Bonheur, …ont déjà enchanté Paris. Aujourd’hui les parisiens applaudissent à tout rompre la troupe de l’opéra de Cape Town qui donne vie à SHOWBOAT de Kern et Hammerstein II, d’après un roman de Edna Ferber. Ce spectacle avait été donné en 1929 dans ce même lieu! Un retour aux sources.

photo de shox boat au chateletQuel plaisir de frapper en cadence dans ses mains pour honorer les comédiens chanteurs venus d’Afrique du Sud pour nous donner ce magnifique spectacle. Les spectateurs du Châtelet quand ils aiment, ils aiment, ce n’est pas comme à la Comédie Française où la retenue est de mise. Il faut croire que la musique adoucit les moeurs et désinhibe les coincés.

photo show boat chateletQuand le rideau se lève, il dévoile un quai où les balles de coton s’entassent, où les noirs s’échinent, où les blancs se promènent, ou tous se pressent pour assister au spectacle du bateau-spectacle dont on voit les cheminées. Le Showboat va de port en port au long du fleuve Mississipi pour distraire les habitants. Showboat est une comédie, on y rit beaucoup. Du capitaine toujours houpillé par sa gorgone de femme, au couple atypique de danseurs (elle, grande et ambitieuse, lui petit et pas très courageux). Showboat est une peinture sociale où la photo show boat chateletségrégation et le racisme existe toujours où il est hors la loi qu’une noire épouse un blanc.

Julie, la métisse, a du talent, elle chante merveilleusement et adore la fille du capitaine, Nola. Julie va devoir quitter le bord et basculer dans la déchéance. Nola s’amourache d’un joueur  professionnel qui va l’emmener dans une vie cahotique pour finir par disparaître, la laissant se débrouiller avec sa fille. Mais tout finira bien sauf pour Julie.

Un spectacle où on rit sans retenue des facéties des comédiens, où un silence dense et expressif très à l’écoute des chansons dramatiques lourdes de sens (sous-titrées) cède la place aux numéros d’ensemble dynamiques chantés et dansés. Forcément la négritude raisonne encore plus fortement avec les interprètes sud-africains, ce qui apporte une note de sensibilité encore plus aigue et actuelle à l’opérette.

Le temps défile, le monde change doucement, l’eau coule et coulera jusqu’à la fin des temps chariant peines et joies. Lui seul est éternel. La célèbre chanson Ol’ Man River, magnifiquement interprété par la basse Otto Maidi (ce jour là) ponctue le spectacle et revient tout du mong en parole ou en musique. Il est le témoin de la vie tout entière des personnages. Il clôt le spectacle et nous remue une fois encore jusqu’au fond des tripes.

Jusqu’au 19 octobre 2010 20h deux actes durée 2h50 entracte 20 minutes

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