Théâtre: Deux pièces américaines à l’honneur à Paris

Deux pièces, deux auteurs, deux expériences théâtrales originales pour les spectateurs et les acteurs, deux réussites!
La prestigieuse et soi-disant classqiue, Comédie Française a choisi Un Tramway nommé désir pour faire entrer au répertoire Tennessee Williams.
La petite mais exigeante Pépinière Opéra, propose Pluie d’Enfer, une pièce de Keith Huff, auteur pour la première fois joué en France. (Olivier Marchal et Bruno Wolkovitch)

photo Cosimo Mirco Magliocca

A la Comédie Française, vous en restez scié, voire ébaubi. Autant j’avais détesté la version d’Un Tramway…à l’Odéon, revue et corrigée, prétentieuse et ennuyeuse, autant la mise en scène de la Comédie Française, de l’américain  Lee Breuer est magique, incroyable, poétique et japonisante.

Japonisante. Ce qui est assez surprenant alors que l’action se passe à la Nouvelle-Orléans. La pièce et toute la pièce est là devant nous. Le décor ponctue l’action et l’humeur des personnages par des toiles peintes comme des paravents orientaux suspendus entre ciel et terre. Des servants tout de noir vêtus, font surgir les objets et vivre le chat, témoins de la descente aux enfers de Blanche. La gestuelle des comédiens, tous parfaits, est empreinte, d’un raffinement asiatique, par moments. La mise en espace souligne la fin d’un monde, celui des plantations aux maisons blanches, si éloigné de la réalité. Cette mise en scène n’empêche pas la violence , ni la brutalité des émotions et des êtres. Au contraire, elle les souligne en contrepoint. C’est étonnant, créatif, original et déroutant. C’est Tennesse Williams, dépoussièré des années 50 qui atteint au classique des sentiments. C’est audacieux. C’est complet. 

A la Pépinière Opéra, Benoit Lavigne, le metteur en scène a adapté brillament cette pièce qui a été joué par Daniel Craig et Hugh Jackman à Broadway. Deux flics. Encore un  flic pour Olivier Marchal. Ne vous arrêtez pas à cela. Cette pièce est atypique, forte, glauque et bouleversante. On se croirait dans les années 70, Al Pacino incarnant Serpico. Il pleut dans les rues sombres de Chicago. Deux flics, deux amis, deux potes à la vie, à la mort, racontent et se racontent.

Pluie d'enfer

Mirco Magliocca photo

La pièce est originale jusque dans la forme et l’écriture. Elle a la particularité de faire que les comédiens à la fois, jouent l’histoire, nous rapportent les dernières 24 heures et se parlent en se racontant ce qu’ils ont vécu, chacun.  On devient lecteur et spectateur. On est balancé dans la vie de ces deux flics. On est dans un film d’action, projeté dans la spirale infernale qui va finir en tragédie. On le sait, on le sent.Les acteurs donnent de la vérité, de la chair, du sang et du coeur à leur rôle. Ce sont des hommes aux âmes perdus, qui font ce qu’ils peuvent pour vivre. Qu’ils trahissent, qu’ils se trahissent, qu’ils aiment ou qu’ils défendent leur famille. L’un ira jusqu’à l’instant de trop, l’autre, qui sait s’il ne le suivra pas?  C’est fort, c’est excellent. C’est habité. Ca ne vous laisse pas intact.

du mardi au samedi, 21h samedi, 16h 7 rue Louis le Grand Paris, 2e Réservations: 01 42 61 44 16

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