Théâtre: pour être touché

Touché! Mais pas coulé, au contraire, quoique…
Voilà un début absolument pas clair, ce qui n’est pas très bon dans un sujet et encore moins sur internet/ Et oui internet a besoin de clarté, écran oblige.

Bref j’ai vu trois pièces pas mal du tout (pas très français) que vous devriez aller voir fissa (encore moins français mais bien intégré) car deux d’entre elles se terminent rapidement.

La première et pas la moins bonne mais la plus courte (1 heure): Les Perses, tiré de la trilogie d’Eschyle, d’après Eschyle, adaptation et mise en scène Olivier Py.
Le regretté (il n’est pas mort mais va quitter sous nos regrets l’Odéon), Oliver Py, directeur de l’Odéon, aime la tragédie.
Il a inventé dans un mouchoir de poche et dans un temps record (ce qui ne lui ressemble pas) un spectacle formidable.

L’argument
Devant le palais royal de Perse, La mère du roi Xerxès attend son retour avec le choeur des Fidèles. Le roi est parti à la tête d’une armée innombrable vaincre les Athéniens bien inférieurs en nombre. Mais la défaite sera sanglante pour les Perses trop présomptueux.
Concept pratique

Alain Fonteray photo

Ce récit magnifique est joué par 3 comédiens remarquables. Dans le salon Roger Blin, un podium comme pour les défilés de mode au centre, autour 2 rangs de spectateurs de chaque côté. Les personnages sont à vous toucher, ils vous regardent, vous êtes vous aussi des perses. Le texte est superbe, la mise en scène sobre laisse toute la place au jeu puissant des comédiens et au texte. 12€ pour un moment suspendu. Théâtre de l’Odéon  L’intégrale des 3 spectacles (les Sept contre Thèbes, les Suppliantes) les samedis de mai. Le spectacle est en tournée aussi dans les écoles et les comités d’entreprise. Voilà enfin du théâtre populaire!

nicolas bouchaud et stephen butel

La deuxième, toujours à l’Odéon mais cette fois, là-haut aux Ateliers Berthier dans le 17e: Noli me tangere, de et mise en scène de Jean-François Sivadier.

C’est long mais bon…
Comme tous les auteurs-metteurs en scène qui savent et aiment écrire, M. Sivadier met trop de mots. C’est trop long! (2h45) Ce n’est pas que ce soit mal écrit, non, mais s’ils pouvaient comprendre qu’en réduisant ce serait encore mieux et plus fort, franchement ce serait bien. Bref, la pièce, plutôt le spectacle est assez compliqué à résumer.
L’argument

brigitte enguerand photo

Pièce décalée au pays de Salomé et Jean-Baptiste. Nous voici chez Hérode qui a épousé sa nièce et se ferait bien la fille de celle-ci Salomé, revenue de Rome. Comlme dit Ponce (je peux vous appeler Ponce), « cette famille a poussé le bouchon un peu loin ». Ponce Pilate représente Tibère, l’empereur romain. Jésus-Christ commence à faire parler de lui mais la vedette, c’est Jean-Baptiste « qui veut plonger tout le monde dans l’eau. »
Décalage heureux

photo brigitte enguerand

Vous croyez être dans les Evangiles, en fait vous vous trouvez au coeur du pouvoir, de la révolution en marche mais avec des personnages qui parlent comme vous et moi avec un vocabulaire et un jeu d’aujourd’hui. D’où le décalage très réussi qui provoque le rire et la comédie. Mais malgré tout ce n’est pas une comédie. Noli me Tangere, (ne me touche pas), c’est la phrase que le Christ ressucité dira à Marie-Madeleine. Jean-Baptiste le criera à Salomé qui le dira à Hérode… On passe un excellent moment avec des interprêtes très à l’aise dans ce décalage. Toge d’or à Nicolas Bouchaud, Ponce Pilate.
jusqu’au 22 mai du mardi au samedi 20h, dimanche 15h Ateliers Berthier 8 boulevard Berthier porte de clichy Paris 17e

PhotoLot

Lettre d’une inconnue, adaptée de Stefan Zweig, avec Sarah Biasini et Frédéric Andrau. La salle du  Petit Mathurins offre en son entier une scène à Sarah Biasini. Christophe Lidon, le metteur en scène la fait jouer parmi les spectateurs pour une part. Cette situation pour un comédien n’est pas des plus aisées. Avoir le spectateur près de soi rajoute à l’intériorisation nécessaire du personnage dans son esprit mais aussi dans son corps.
L’argument
un homme reçoit une lettre d’une femme qu’il ne connait pas. Pourtant, il l’a rencontrée, l’a étreinte et même donné un fils mais il ne le sait pas. Par cette lettre elle lui révèle tout son amour, sa passion dévorante, exaltée et pure qui l’amènera à la mort.
Une adaptation à deux voix
L’adaptation donne une perspective en trois dimensions de cette lettre puisque les personnages se racontent mais aussi s’interpellent et s’interrogent. une scénographie de lumières, deux personnages, deux voix, un texte. Un joli moment où la comédienne exprime un jeu à la fois physique et sensible.
du mardi au samedi 21h, samedi 16h30. Théâtre des Mathurins 01 42 65 90 00

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