I am the Wind: la mer, le vent, le feu au Théâtre de la Ville

I am the Wind est une pièce du norvégien Jon Fosse, mise en scène par Patrice Chéreau. Elle est présentée en anglais jusqu’au 11 juin au Théâtre de la Ville après avoir été jouée à Londres.

Ce samedi après-midi, alors qu’il faisait un temps lourd et orageux sur Paris, j’étais au Théâtre de la Ville en pleine mer. Le décor de Richard Peduzzi réussit le tour de force de recréer une grève, un rivage, la pleine mer et un frêle esquif balotté par le vent.

photos simon annand

Deux hommes. L’un semble avoir sauvé l’autre de la mort. Mot qui ne sera jamais prononcé. Il lui demande pourquoi, pourquoi tu as fait cela. Difficile pour l’autre de dire pourquoi, pourquoi il lui est si difficile de supporter la vie et ses bruits, les autres et lui-même. Et puis, comme l’un aime tant la mer, là où il se sent presque chez lui même si la tentation de sauter dans cette mer et de s’y perdre est forte et troublante, l’autre accepte de l’accompagner.

Dans ce bref voyage ensemble, l’autre voudrait le sauver, lui montrer la beauté de la vie, comprendre pourquoi l’un se sent lourd comme une pierre, quand les mots lui sont si difficiles à sortir.

Les phrases se répètent, s’interrompent, se perdent, inachevées. Jon Fosse évoque le parler des camapagnards norvégiens qui ne sont guère habitués à communiquer, à discourrir. C’est pourtant bien entre les mots que la vraie émotion, le ressenti du mal de vivre de l’un et de l’impuissance de l’autre, éclate le plus.

Deux interprètes magistraux, sans lequel le texte ne pourrait exister. Un décor exceptionnel qui donne un supplément de réalité sans tuer le propos par son exception. Une mise en scène sobre. On oublie les cinq minutes de silence d’entrée, petite coquetterie, trop souvent utilisée dans le théâtre public. On passe sur le côté psy du texte pour ne retenir que l’humanité et le jeu des acteurs.

« I am the wind », dit l’un, enfin libéré, léger enfin comme le vent sur la mer déchaîné. Il le dit à l’autre qu’il retouve sur la grève du début, comme pour mieux le rassurer sur son destin fatal.

1h 08 , en anglais surtitré. Surtitres simples, anglais facile à suivre. oubliez le texte pour ne suivre que les interprètes. Représentations à Lyon et à Avignon.

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