Le songe d’une nuit d’été: Shakespeare dynamité!

affiche songe

Hier soir, veille de l’automne, je suis allée voir, l’une de  mes pièces préférées, « Le Songe d’une Nuit d’Eté » au théâtre de la Porte Saint Martin, adaptée, mise en scène et interprétée par Nicolas Briançon.

Je vous dis tout : je prends mes notes de « critique »  sur un bloc intitulé « Compliments pour Elle » des éditions Dans Sa Tête que m’a offert mon ex-rédac-chef de Elle à Paris. A chaque bas de page, une phrase comme «  on est tous fou de toi, si t’es pas là on annule, Dieu merci tu es là, qu’est-ce que tu sens bon… » Une vraie méthode Coué!

Tout ça pour vous dire qu’assise dans la salle, j’ouvre mon carnet et en bas de
la page où j’inscris le songe, je lis : BRAVO !!!
Incroyable, le bloc l’avait  deviné, la soirée serait réussie. Elle l’a été mais aussi gaie, joyeuse, drôle,  pleine de fantaisie et de poésie.

Comment vous dire…

Je n’explique pas Le Songe…c’est peine perdue. Sachez seulement
que le roi des Ombres et la reine des fées, Obéron et Titania, se chamaillent pour un  page, que Thésée (c’est un duc) et Hyppolyte (c’est une femme) se marient, que  Hermia aime Lysandre, que Héléna aime Démétrius qui aime Hermia que son père Egée veut marier à Démétrius. On suit toujours ?  Le soir venant, les fées et les elfes, prennent possession de la nuit  et du cœur des hommes qui s’y aventurent. Obéron va manipuler les athéniens égarés dans la forêt et se jouer de Titania jusqu’à lui faire aimer un homme métamorphosé en âne.
Parallèlement les artisans d’Athènes répètent une « farce tragique » pour
honorer le mariage du Duc : l’histoire de Pyrame et Thisbé, d’un lion, un
mur et une lune. Bref l’intrigue est complexe. Aucune importance, on marche.

Une troupe emmenée de main de maître

Avant tout, cette pièce est le spectacle d’une troupe menée par Nicolas  Briançon.
Mes consoeurs me charrient en disant que j’ai un faible pour Nicolas Briançon.
Pfff… Les sottes.
C’est vrai…que j’aime la créativité, le talent et les yeux bleus. (Quand j’écris  cela il y a en bas de la page du fameux carnet: « Tu me fais tourner la tête »,  c’est dingue quand même ce bloc!).

Nicolas Briançon nous avait ravis (si, si) avec la Nuit des Rois, l’année passée.
Aujourd’hui, maître de cérémonie du spectacle, il nous offre avec Shakespeare de nouveau, un spectacle populaire  où il se taille la part du lion (de Thisbé, bien sûr). Il a même choisi de jouer le roi des fées. Ben voyons, autant se la péter Nicolas, c’est ton spectacle!
Une traduction moderne et respectueuse de la poésie et du rythme des mots de
Shakespeare sans oublier des clins d’œil actuels (comme la bravitude).

Shakespeare made in seventies

crédit photo bernard richebé

Sa mise en scène imaginative nous téléporte dans les années 70 dès le lever de  rideau. Robes blanches, graphiques, de style Courrèges, chapeau melon,
parapluie et cuir noir pour les hommes, bottes blanches vernies pour les femmes. Des fées en collants noirs dansent langoureusement comme dans un générique de James  Bond, version Sean Connery et Ursula Andress.
Le décor impressionnant servi par des lumières travaillées, se fait boîte de nuit éclairée par une lune  monumentale. Des perches d’acier sont des arbres ou des supports  tubulaires pour les fées ondulantes.
La musique participe à l’ambiance seventies avec des airs très divers, de Barry
White au sirtaki. (clin d’oeil  à la Grèce de Zorba)

Côté comédiens
Nicolas Briançon (je n’y peux rien, il est encore là) incarne avec autorité Obéron et le Duc Thésée. Si j’osais (j’ose) je dirais qu’il se la pète grave en roi des fées. Tant qu’à faire d’être comédien autant être roi. Il prend le pas sur la gracieuse Mélanie Doutey. Lorànt Deutsch est un Puck facétieux. Mention spéciale à la toujours très juste et très fine Marie-Julie Baup et à Yves Pignot, hilarant dans son rôle de Jules Berry du pauvre, de comédien vaniteux et grandiloquent.

J’avais adoré le Songe mis en scène par Jorge Lavelli à la Comédie Française sur des airs de tango. Ce spectacle-ci est différent et incomparable. C’est bien le propre des classiques de se plier au temps et de rester aussi singulier.

La soirée est belle, joyeuse et drôle. Elle se termine en « battant
des mains » longtemps, très longtemps en remerciement de spectateurs super
trop contents ! C’est sûr cette saison, je vote Nicolas Briançon.

Théâtre de la porte Saint Martin 10 bd Saint Martin paris 10e, 01 42 08 00 32.
Du 10 septembre  au 31 décembre 2011
Du mardi au vendredi à 20h Le samedi à 16h45 et à 20h30

Une réponse à “Le songe d’une nuit d’été: Shakespeare dynamité!

  1. Pingback: « A chacun ses fées : entretien avec Nicolas Briançon | «Parisienne à Paris – Choses vues à Paris

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