Amphitryon de Molière au Vieux Colombier

Au Vieux Colombier, salle de la Comédie Française, les mises en scène sont quelquefois très surprenantes, obtuses, voire hurluberlues à ne plus rien comprendre à l’histoire…
Ici point de tout cela. La mise en scène de la pièce de Molière est certes contemporaine, mais la comédie est respectée tout comme le texte.

L’histoire

Dans la veine de certaines pièces de Shakespeare, le merveilleux et la réalité s’entremêlent. Ici les dieux de l’Olympe descendent sur terre. Ils se plaisent à prendre figure humaine pour tromper les humains et arriver à leurs fins.
Jupiter, dieu des dieux, malgré tous ses pouvoirs, doit pour séduire Alcmène, prendre les traits de son mari Amphitryon parti au combat. Mercure, lui, endosse les effets du valet, Sosie. Mais voilà que Sosie (le vrai) envoyé par Amphitryon (le vrai) en éclaireur auprès d’Alcmène pour annoncer son retour, tombe sur Mercure qui porte ses traits. Vous me suivez? L’imbroglio commence.

Illusions

S’en suit quiproquos, confusions et illusions, dont les humains feront en partie les frais.
La scénographie apporte un ton de modernité à la pièce et ajoute à la confusion des êtres. Une maison apparait dont on ne devine que les contours des fenêtres, portes et marches, comme dessinée au crayon.

Suivant l’action et les émotions, les ouvertures disparaissent, les fenêtres s’ouvrent, l’escalier apparait en vrai. On passe à la 3D. Tout comme les dieux descendent sur terre pour se faire humains, les acteurs investissent la salle, oubliant la barrière de la scène et de la rampe. Derrière toutes ses illusions, il y a des réalités auxquelles on ne peut échapper.

Des comédiens jubilatoires

photos Cosimo Mirco Magliocca

Cléanthis, femme de Sosie et servante d’Alcmène, Coraly Zahonero, a le peps d’une femme d’aujourd’hui et des servantes de Molière qui ne se laissent pas faire.Christian Hecq, inénarrable Bouzin dans Un fil à la Patte de Feydeau, mis en scène par Jérôme Deschamps, campe un Sosie drôle, amoureux et confus, un rien innocent, son double Mercure, incarné par Laurent Stocker a l’autorité perverse du dieu, alors qu’Amphitryon-Jupiter que joue Michel Vuillermoz est retors à souhait. Son départ du monde des mortels en superman doré vaut le déplacement!

Une bonne occasion de découvrir cette pièce dans le cadre intimiste du Vieux Colombier.

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