Caroline Vigneaux: Un joli clown déguisé en fleur

Caroline Vigneaux a plaqué sa carrière prometteuse d’avocate pour un désir presque surréaliste de jouer la comédie : un désir d’enfance ? Même pas, plutôt une envie de vivre pleinement à 30 ans la vie pour cette jeune maman au trop plein d’énergie. Caroline est comme dans son show, souriante, directe, déterminée et punchy. Elle raconte son changement de vie, encore étonnée d’avoir osé une telle chose. Rencontre.
Je l’attends dans un café branché, rue de Buci. Je demande à la serveuse si Caroline est arrivée. Vu la tête de la serveuse, je sens bien qu’on ne la reconnait pas encore. Gage que dans quelques années, la blonde aura sa revanche!

Est-ce que votre famille faisait partie du monde du spectacle ?

Pas du tout. J’ai grandi en banlieue parisienne dans une famille classique. J’ai fait des études de droit et j’ai réalisé mon rêve en devenant avocate. Je n’ai jamais songé à devenir comédienne.

J’étais une enfant assez active, presque hyperactive avec un caractère assez fort. Ma mère est vosgienne alors nous passions nos vacances avec ma sœur, mes cousins et cousines chez mon grand-père qui avait une usine de meubles.

C’était un univers magique. Il y avait de l’espace, une piscine, la forêt, on pouvait faire de la luge et avec le bois qui trainait des arcs et des flèches. C’est mon pays de cœur. D’ailleurs c’est grâce à mon grand-père que j’ai sauté le pas. Il a été comme un déclic.

Comment cela ?

J’ai passé une semaine au chevet de mon grand-père qui s’éteignait, à lui tenir la main. Je me suis posé des questions. Est-ce que, à son âge, je serais entourée comme lui, des gens que j’aime, est-ce qu’il a été heureux dans sa vie. C’était un catholique très pratiquant qui ne parlait pas beaucoup de lui-même.

Et j’ai pensé qu’à la fin de ma vie je n’avais pas envie de me dire que j’aurais pu être comédienne si j’avais osé…que j’étais trop jeune pour renoncer à un rêve et j’ai tout planté et sauté dans le vide !

Comment ce désir est-il venu ?

J’étais attirée par la scène. En fait je me souviens qu’enfant la maîtresse avait fait un casting pour sélectionner qui réciterait la poésie au spectacle de fin d’année. Je voulais absolument décrocher le « rôle ». Et je l’ai eu. Et je le désirais tellement que malgré une jambe cassée, je suis allée réciter la poésie à cloche-pied.

Bien plus tard, à l’école du barreau j’ai participé au petit spectacle de fin d’année et la troupe des jeunes avocats m’a remarquée et m’a demandé de les rejoindre. J’ai découvert que j’aimais ça.

Toutes ces expériences ont fait leur chemin dans ma tête. Et j’ai donné ma démission à mon patron. Je me suis reprise à trois fois quand même. A chaque fois, devant la porte, je me disais que c’était une folie. Et puis je l’ai fait.

Comment fait-on quand on n’a pas de contact dans le métier ?

J’ai téléchargé le script du père Noël est une ordure, pour avoir une idée du nombre de pages et puis j’ai trouvé des idées. Des copains avocats avaient écrit une pièce et loué une salle. Ils m’ont offert de jouer mon spectacle, cela m’a mise en confiance. J’ai tout appris sur scène mais mon métier m’a servi.

Quand je plaidais aux assises je devais être réactive comme avec un public et en tant que secrétaire de la Conférence, j’avais aussi des talents d’improvisation. J’adore ça.

Les Blancs-Manteaux m’ont proposé de jouer. J’ai perdu mes économies. Mais à Avignon, ça a bien marché et j’ai vendu mon spectacle !

Vous étiez sûre d’y arriver ?

J’ai fait de l’équitation pendant 14 ans et j’arrivais toujours à faire faire au cheval ce que je voulais. après ma démission, j’avais très peur de l’inactivité car c’était la première fois que je n’avais rien. C’était très angoissant.

J’écris, je mets en scène, au début je me produisais et je faisais la régie. Mais comme je le dis dans le spectacle, je veux être au niveau de Florence Foresti ou de Gad Elmaleh.

Je fais tout pour mais j’ai appris aussi qu’on ne peut pas tout maîtriser. C’est difficile d’atteindre le sommet. Mais J’ai un caractère heureux et une grande faculté pour relativiser. Le flou de l’avenir, c’est assez excitant.

Caroline aime faire le bilan de sa journée depuis qu’elle est enfant. Une façon de vérifier qu’elle a bien profité du jour et que chaque instant de la vie a été bien rempli. Pour elle il y a trois types de jour : normal où rien de particulier ne s’est passé. Pas cool, un jour avec des difficultés et un jour « miracle » où il s’est passé deux ou trois jolies choses. On peut prédire à Caroline beaucoup de jours « miracles ».

2 réponses à “Caroline Vigneaux: Un joli clown déguisé en fleur

  1. Bellissimo… il coraggio di lasciarsi alle spalle una certezza di vita, anche monotona, uguali a tante altre… per abbracciare con determinazione l’immagine di un sogno! E come Caroline, ecco che a volte i sogni diventano realtà!
    Grazie per questa bella pubblicazione, sereno fine settimana
    :-)claudine

  2. Pingback: Caroline Vigneaux à l’Olympia | Parisienne à Paris - Choses vues à Paris

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