L’Alouette: Sara Giraudeau, Jeanne d’Arc

Sara Giraudeau est Jeanne d’Arc dans L’Alouette de Jean Anouilh, sur la scène du théâtre Montparnasse jusqu’au 28 juillet. Un spectacle simple et grandiose sur la vie de la pucelle d’Orléans.

Pour tout décor, une rosace magistrale au centre du plateau entre Ciel et terre. Passe dans son vitrail, selon le lieu évoqué, tableau de la campagne près de Domrémy lors de la jeunesse de Jeanne, fragments de tapisseries pour le palais de Charles VII à Chinon.

Trois plans occupent toute la scène, un escalier s’ouvre sur la salle pour que les comédiens puissent aller et venir.
Car au théâtre Montparnasse, nous sommes les spectateurs du procès de Jeanne. Nous sommes les témoins.
Jeanne raconte du début, son aventure, son destin, ses voix entendues dans les champs, ses dialogues avec Saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite.
Elle convainc Charles VII de la nommer chef de ses armées, elle,  la petite paysanne, parce que ses voix lui ont dit « va, fait couronner Charles et boute les anglais hors de France. » Dieu pourvoira à tout et s’il te laisse seule c’est qu’il te fait confiance.

Cette pièce fait partie des Pièces en costume de Jean Anouilh qui mettent en scène des héros. Jeanne sait que ce destin est trop grand pour elle, mais elle l’assumera jusqu’au bout pour qu’il devienne exceptionnel.

Anouilh décrit une paysanne simple avec du bon sens qu’elle cultivera jusqu’à la fin. L’auteur tisse un costume de chair et d’os à son héroïne historique et spirituelle. L’écriture est moderne, mêle humour et profondeur et rend presque quotidienne sans en enlever le caractère extraordinaire, l’histoire de Jeanne.
Christophe Lidon a choisi une mise en scène contemporaine et sobre laissant une belle place aux comédiens, ou plutôt à la troupe.

Sara Giraudeau est une belle Jeanne, au verbe  et au jeu naturels qu’elle soit enfant ou l’égale du roi. Le roi Charles VII incarné par Davy Sardou est parfaitement  juste, à son habitude. Il campe un roi peureux, sans courage mais pas sans intelligence. La troupe est homogène et talentueuse.

Le spectacle s’achève. Jeanne refuse d’abjurer, elle monte sur le bûcher. Mais pas question pour Anouilh de terminer sur un épisode triste. Il préfère la voir triomphante au sommet de sa gloire, au couronnement de Charles VII, levant son épée vers le Ciel, son devoir accompli.

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