Théâtre de l’Atelier: deux couples à l’affiche

Au théâtre de l’Atelier, deux pièces très différentes entre un homme et une femme: A 19h Barbara Schulz  dans L’éveil du chameau, découvre  à sa grande surprise le désir dans les bras de Pascal Elbé . A 21h, Myriam Boyer fait vivre l’enfer à Jean Benguigui dans Le Chat.

Deux couples qui s’engueulent, deux pièces à atmosphère, mais deux atmosphères opposées…quoique l’amour soit souvent proche de la haine.

v_14673831762483L’éveil du chameau de Muriel Magellan: Maryse est une femme de principe et et surtout une mère. Et les mères sont capables de tout pour leur progéniture. Maryse a une fille enceinte de Simon qui apprenant la nouvelle a mis les voiles. Alors ne cherchant que le bonheur de sa fille, elle décide d’aller secouer le père de Simon, Mickaël , qui ne s’est jamais occupé de son rejeton.  Elle veut qu’il joue enfin le rôle de père pour mettre Simon devant ses responsabilités. Mais Maryse, plutôt coincée et droite va avoir fort à faire avec Mickaël éternel adolescent qui ne pense qu’aux femmes et à son boulot. Là où elle pense devoir, lui ne voit que plaisir.  Leurs échanges musclés vont les faire évoluer. L’ado va se muer en homme presque malgré lui, la femme de tête en femme brûlante de désir, à sa grande surprise.
Une  jolie pièce ciselée de mots et de phrases fines et justes. Murielle Magellan sait écrire avec subtilité et humour sur les relations humaines. Sa pièce a inspiré le film d’Anne Giafferi Ange et Gabrielle. Pascale Elbé et Barbara Schulz sont à l’aise dans leurs rôles et complices dans leur jeu. Quel plaisir de retrouver Barbara qui sait si bien distiller les nuances de texte. Valérie Decobert, apporte un joli contrepoint au couple.  Allez-y, vous passerez une soirée agréable.

v_14659241729872Le Chat: Marguerite et Emile se détestent. Ils vivent l’un à côté de l’autre sans pouvoir vraiment se passer l’un de l’autre. Ils sont chacun enfermés dans leur monde. Marguerite se voit toujours petite fille, au temps où son grand-père était le patron respecté, l’homme riche qui faisait vivre des familles avec son usine de biscuits. Aujourd’hui autour d’elle il n’y a plus d’usine, plus de maison de maître, plus que des maisons détruites qui font place à des immeubles. Emile est un voisin, un ouvrier qui aimait danser et s’amuser avec sa défunte épouse. Marguerite remarque cet homme simple qui pourrait remplacer son défunt mari si distingué « bien qu’il n’appartienne pas à son milieu ». Emile n’est pas contre. Il a envie de retrouver une vie simple et gaie. Ils se marient. Mais Marguerite le rabaisse, le jalouse. Il aime un chat, le chat va mourir. Emile lui donne plus d’affection qu’à Marguerite. Leur existence est un enfer mais ils vivent à deux dans cet enfer.

Indication importante: la pièce, construite en flash-back, n’est pas adaptée du film avec Gabin et Signoret mais du roman de Simenon à l’origine du film. Du coup les rapports sont moins tranchés, le ton est plus insidieux. Tout passe dans les silences et entre les mots. Myriam Boyer, orgueilleuse et faussement victime et Jean Benguigui, bourru et pris au piège,  forment un couple crédible qui sombre dans un huis-clos malsain, refusant toute tentative de s’en échapper. Presque heureux de se faire du mal. Dommage que la comédienne ait copié l’allure de Simone Signoret, elle n’en a pas besoin. Son talent est suffisamment grand pour ne copier personne. Ici on n’est pas dans la démonstration mais dans la psychologie.

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