Théâtre de l’Oeuvre: scènes de la vie familiale

Au théâtre de l’Oeuvre,  Avant de s’envoler de Florian Zeller est une pièce où l’histoire n’a pas d’importance. Elle peut se résumer à une simple question: comment continuer à vivre et dans quelles conditions,  quand le mari, l’épouse, celui avec qui on a partagé toute une existence, part.
Avant de s’envoler montre des faits. L’auteur donne à voir des « situations » de l’existence, dans un tourbillon de scènes du quotidien, un kaléidoscope d’images de plusieurs versions de vies. Les parents, les enfants, les amis, les gens de passage en font partie. Il ne faut pas chercher à tout comprendre. Il faut se laisser emmener. La pièce incarnée par des comédiens plus que justes, est  vraie, poétique, forte et émouvante.

avant-de-s-envoler-affiche

L’histoire

Nous sommes chez André, écrivain. Sa femme, Madeleine, vient de mourir. Sa fille aînée est là pour voir comment maintenant on peut organiser la vie du père perturbé qui reste seul. Basculement de lumière, Madeleine et son autre fille reviennent des courses. André est aux anges, sa femme a acheté des champignons. Puis c’est André qui est mort et Madeleine qui reste seule, vaillante. C’est mieux ainsi. D’ailleurs elle avait promis à son mari qu’elle ne partirait pas avant lui. Sa fille découvre dans son journal intime, un pan de son existence qu’elle ne connaissait pas…puis on comprend qu’il ne faut pas chercher à comprendre et regarder se dérouler ce qui pourrait arriver si André ou Madeleine, partait avant l’autre.

Petites scènes de la vie quotidienne

Florian Zeller détricote ou plutôt brode une pièce à petits points. Les scènes et les actes se succèdent et l’on passe d’une « situation », mot souvent prononcé, à une autre où les personnages changent tout en restant les mêmes. Ce sont des scènes courantes de la vie familiale: retour de courses, préparation du repas, disputes de soeurs…  des petites choses qui font le quotidien, rien d’existentiel en apparence.

photo crédit LoT

photo crédit LoT

Comment l’auteur se retrouve-t-il dans cet enchevêtrement de mailles endroit et de mailles envers, est un mystère. Florian Zeller construit ses pièces comme des puzzles. Ne croyez pas que vous allez être perdu, son écriture est claire, juste et toujours vraie. L’auteur parle de nous, de l’humain et l’humanité ne se joue pas, il transpire dans les paroles les plus simples. Ce qui est paradoxalement le plus difficile à jouer mais les comédiens excellent dans cet exercice à commencer par le couple.
photolot-avant-04Robert Hirsch (91 ans), fragile et perdu sans sa femme, Isabelle Sadoyan,  solide dans la tempête.  Ils sont tous les deux vrais. Que dire de plus.
Claire Nadeau, nous réjouit par sa faculté à changer les nuances sur une simple inflexion de voix. Anne Loiret, en fille aînée toute en retenue,  donne de l’expression à ses silences. Léna Bréban,  la cadette, un peu fantasque, préoccupée par ses amours, a de la personnalité.

On rit et on sourit aussi malgré le sujet qui peut attrister.  La pièce vagabonde dans notre tête, longtemps, après la sortie, .

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