Dans la série on peut s’en passer: Les Damnés

Dans la série On s’en Passe, vous pouvez éviter Les Damnés à la Comédie française. Vous pouvez voir éventuellement Moi et François B au théâtre Montparnasse si vous aimez François Berléand (et on l’aime beaucoup). Mais sachez que c’est du théâtre dans le théâtre qui se regarde le nombril avec en plus des longueurs.

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photo Stéphane Lavoué

Les Damnés: ce sont surtout les spectateurs qui sont conDamnés à supporter la mise en scène gros sabots et chaussures à clous de Ivo van Hove. Mon Dieu que c’est long et que c’est lourd.
Sur scène des caméras filment les acteurs en gros plan, projetés sur un grand écran en fond scène. Pas de coulisses, les loges qui sont aussi les chambres des personnages sont sur scène. Pourquoi pas? Mais toutes cette profusion d’images fait qu’on ne sait plus vraiment où regarder.
Les effets sont lourdingues et répétitifs. A chaque assassinat, les comédiens se mettent en rang et se figent, le tout ponctué par un coup de sirène strident qu’elle vous arrache les oreilles. Il y a des mises en scène au français où on n’entend pas les comédiens, là on n’entend plus rien après le spectacle. A chaque mort, le personnage monte dans un cercueil et on le voit se débattre à l’écran? Une fois, deux fois, on a compris.
Au théâtre, deux choses sont difficiles: la violence et la nudité. Ici on est servi. Mesdames (messieurs), lors de la scène de l’orgie des SA, Denis Podalydès et Sébastien Baulain, se retrouvent nus. Pourquoi pas, je n’ai rien contre, mais ça dure des plombes. Et on se badigeonne de sang, et on se jette sur le sol! On a compris… Sans compter Elsa Lepoivre, qui elle aussi se fait déshabiller par son fils Martin qui à la fin, finit lui aussi à poil, se renversant les cendres de tous les morts. Et pour finir, il empoigne la mitraillette que sa famille produit, monte sur la table et vise la salle dans un déferlement de bruits de balles. Comme a dit Amanda Lear assise derrière moi: « c’est d’un goût! ».

Tout est enfoncé à coups de marteau. On ne sait même plus à quoi le metteur en scène veut en venir: la folie du pouvoir, la drogue de l’argent, la décadence des grandes familles, …

Heureusement Loïc Corbery est lumineux dans tout cette déliquescence. Comme dit une amie qui a vu le spectacle à Avignon,  » au moins là-bas on pouvait regarder le palais et les étoiles. »

Et comme a conclu le monsieur à côté de moi qui se demandait un peu plus tôt, quel âge pouvait avoir Sébastien Baulain à l’oeil nu, à la fin des longs applaudissements qui saluent la performance de la troupe (rien à dire de ce côté là, les comédiens sont formidables) : « voilà une bonne chose de faite! »

 

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