Revue de pièces: tops et bof

Un coup de coeur, Chagrin pour soi,  une déception, Bella Figura et un spectacle pour enfants, réussi, Viens chanter avec Tchoupi.

Commençons par le coup de coeur: Chagrin pour soi au théâtre La Bruyère. La pièce écrite par Sophie Forte et Virginie Lemoine, est un petit bijou d’originalité, de peps, d’humour et de délicatesse. On y parle (on y chante et danse aussi) de chagrin d’amour et de la façon de s’en défaire avec drôlerie, légèreté et rythme. Courez, c’est un régal!
Pauline vient de se faire larguer la veille de Noël par son mari et père de ses deux filles: classe! Elle est dévastée, désespérée, défaite… quand sonne à la porte: son chagrin. C’est un beau jeune homme élégant (excellent Tchavdar Pentchev) qui vient lui tenir compagnie pour un long moment.
Elle l’a sur le dos la nuit , le jour, au propre comme au figuré. Au fil du temps, ses acolytes vont débarquer: la colère, la peur, la folie s’invitent chez Sophie. Elle, essaye d’avancer pour ses filles à coup de séance chez le coiffeur, de conseils de la meilleure copine…
Pauline passe par toutes les étapes du deuil de sa vie à deux et de son bonheur conjugal perdu. Triste? Pas du tout, cela ne ressemblerait pas à la pétillante et énergique Sophie Forte. Elle a concocté  avec Virginie Lemoine une pièce vraie, pleine de délicatesse et très originale par sa forme et sa mise en scène . Pauline finira par sublimer son chagrin. 

Si Sophie Forte, rompue au One-woman-show, nous séduit par son rythme et son abattage, les trois comédiens forment une jolie troupe. Le 3e larron (William Mesguich, que j’ai vu était brillant en alternance avec Pierre-Jean Cherer) incarne à lui tout seul les deux filles (ado côté droit et gamine à couette, côté gauche), la meilleure copine décalée, ainsi que les autres émotions. C’est un tourbillon de changement d’apparences et de caractère! Le décor modulable et intelligent est succinct. Ce n’est pas le décorum qui importe, c’est le jeu et le propos. La pièce mérite d’être un succès! Pensez aux fêtes, la sortie fera un joli cadeau que vous ayez du chagrin ou pas!

Sur la scène du Rond-Point, pour la pièce Bella Figura, pas de décor succinct (quoique) mais une voiture… et des propos… un peu vides. Comme quoi le décor ne sauve pas toujours une pièce.

Je me disais aussi, une pièce de Yasmina Reza commandée par Thomas Ostermeyer et jouée en 2015 à Berlin, jamais montée à Paris, c’est louche…Et bien mon sentiment était juste. Bella Figura est une pièce lissée pour que rien ne dépasse, pour que le spectateur comprenne à demi-mots… mais quoi?

Un amant et sa maîtresse se retrouvent sur un  parking pour aller dîner dans le resto recommandé par l’épouse. Oups, la maîtresse un peu fantasque, se braque. Du coup ils repartent et énervé l’amant qui fait faillite,  renverse une dame qui vient fêter son anniversaire ( et perd aussi la tête) en compagnie de son fils et de sa compagne, meilleure amie de l’épouse de ‘amant. On suit? Et contre toute attente, la mamie étant saine et sauve, les protagonistes vont prendre un verre ensemble….la soirée déjà mal embarqué ne s’arrange pas.
Sans être dans l’explicatif ou la démonstration, l’auteur peut dessiner quelques contours en creux ou en pleins. A force d’épure, Yasmina Reza manifestement a choisi le creux et finit par privilégier les silences qui ne sont pas habités et des mots qui sonnent vides. Sa mise en scène (mais quelle idée les auteurs ont-ils à vouloir faire la mise en scène), en rajoute dans le rien. On ne sait pas où on va, et ce qu’il faut en penser, l’idée c’est quoi?

Bella Figura, faire bonne figure, ce n’est pas être hypocrite ou orgueilleux, c’est tenir le coup par politesse envers les autres. Dans ses interviews Yasmina Reza précise que ses personnages présentent une bella figura alors que tout s’effondre autour d’eux. Même la dernière phrase est balancée comme ça… dans le vide.

Bon il y a une voiture sur scène. des tas de machinistes pour changer le décor, pardon la scénographie, et puis des vedettes dans la salle. Zeller, Tesson Nathalie Baye, Nicole Garcia, … et puis c’est tout.

Du coup je suis allée voir Viens chanter avec Tchoupi au Casino de Paris.  Non, je n’ai pas pété un plomb, j’ai emmené une petite Lou de 2 ans et sa mère. Nous avons adoré, surtout Lou émerveillée de voir Tchoupi, ses parents et ses amis sur scène. On a chanté, dansé et applaudi. Le spectacle est très réussi. Il n’est pas évident de capter l’attention de tout-petits qui se régalent fascinés par les personnages en vrai.

Tchoupi fête son anniversaire avec ses copains mais une chose le tracasse: la maîtresse lui a donné ainsi qu’à ses copains, une punition: écrire une chanson et l’interpréter devant toute la classe. Voilà ce que c’est quand on ne suit pas en cours. Heureusement papa et maman qui portent des chaussons d’un autre temps et à qui on put tout dire, vont les aider.  Pilou, Lalou et Tchoupi vont réussir. Ouf je suis rassurée.

Le spectacle soigné est bon enfant. Sans philosopher, l’histoire rassure les enfants sur leurs peurs qu’ils peuvent surmonter grâce aux belles valeurs d’amour et d’amitié.
un bémol: 15mn d’entracte. Mais il faut bien succomber au merchandising.

 

 

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