Pièces d’été, quartier Montparnasse

Si juin signifie la fin de saison pour le théâtre parisien, il reste des pièces à découvrir et même quelques unes qui démarrent pour divertir les spectateurs de l’été. Petit tour par le quartier Montparnasse.

La comédienne Judith Magre, (91 ans) incarne « Une actrice » de Philippe Minyana dans la petite salle du théâtre de Poche. La pièce se déroule en deux temps. Nous assistons à un monologue  puis un journaliste (Thierry Harcourt, le metteur en scène ou Christian Barbier) qui aimerait écrire un livre sur elle, l’interroge sur sa vie. Lui parle du passé, elle, ne pense qu’au présent.

Au gré des questions, sont évoqués les artistes que l’actrice a fréquentés au fil de sa carrière et de sa vie. C’est une pièce au charme nostalgique et à la gloire d’une femme qui a dédié sa vie à la scène et à l’amour.
J’avais vu Judith Magre il y a bien longtemps dans la pièce Inventaires du même auteur. Droite comme in I, elle possède toujours la même verve et un phrasé qui n’appartient qu’à elle.
Quand je l’avais interviewée il y a quelques années, elle m’avait dit préférer jouer que rester chez elle! Elle n’a pas changé d’avis.
jusqu’au 15 juillet.

Au Rive Gauche, Corinne Touzet Voyage en Ascenseur en compagnie de Jean-Erns Marie-Louise. A la veille du pont de l’Ascension, Juliette, bourgeoise d’âge mur, se trouve coincée dans un ascenseur en compagnie de Moctawamba, homme de ménage africain.  Après l’affolement, la méfiance et la résignation, pour elle, viendra le temps de l’écoute et de la découverte pour les deux sinistrés qui ne peuvent compter que l’un sur l’autre.
La comédie de moeurs de Sophie Forte fondée sur le choc des cultures, confronte les deux personnages à leurs a priori et aux préjugés de chacun. Il en résultera pour l’un et l’autre, une meilleure connaissance d’eux-mêmes. Les répliques fusent, les spectateurs se régalent. Le huis-clos, pas toujours facile à mettre en scène (Anne Bourgeois), n’est pas étouffant pour le spectateur qui se met facilement à la place des deux protagonistes. Comme dans toutes les pièces de l’auteur, la profondeur est tout près de la comédie, une peu comme dans la vie. 

Au théâtre Montparnasse, Le Fil à la Patte, grand classique de Feydeau, revisité années 50, nous amuse. Quiproquos, général d’opérette, cavalcade, homme dans le placard et le fameux Bouzin (Marc Fayet) en caleçon sur le palier, rien ne manque à cette histoire de fiancé (Jean-Pierre Michaël) qui aimerait se débarrasser de Lucette, sa chanteuse de maîtresse avant son mariage. Mais comme un fait exprès à chaque fois qu’il veut rompre, il couche de nouveau avec elle… Et voilà que la belle-mère, très élégante Catherine Jacob, invite pour la signature du contrat de mariage, la chanteuse en vogue…Sauve qui peut pour le fiancé, confronté également à un général sud-américain haut en couleur (excellent Bernard Malaka), amoureux de la chanteuse et très remonté contre ses prétendants.

Même si on connait par coeur la pièce, elle est tellement efficace et réglée comme du papier à musique qu’on se régale quand même.
La mise en scène mise sur la vidéo pour créer le fameux escalier de l’immeuble emprunté par la noce et où se pauvre Bouzin va se retrouver, piégé. L’effet est assez réussi. La pièce demande énergie et rythme, ce qui ne manque pas à la troupe, même si j’ai trouvé qu’un grain de folie serait le bienvenu pour emporter le tout!
Mercredi et samedi soir surtitré en anglais

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s