Misery au théâtre Hébertot: misère, misère

Transposer au théâtre Misery, un livre signé Stephen King est une gageure, surtout qu’il a déjà donné un film où Katie Bates a remporté un oscar. Faire peur au théâtre est toujours risqué ou on tombe dans le grand guignol ou l’effet est raté. Ici, sur la scène du Théâtre Hébertot, rien ne fait peur.

Annie Wilkes ne vit que par le personnage de Misery créée par l’écrivain Paul Sheldon, incarné par Francis Lombrail. Comme un fait exprès, Annie, infirmière le sauve d’un grave accident de la route et le recueille chez elle le temps que la neige ne barre plus les accès. D’abord reconnaissant, Paul s’aperçoit très vite que le bon samaritain vire carrément frapadingue quand elle découvre que son héroïne, Misery meurt dans son dernier livre. La faire ressusciter dans un nouvel ouvrage comme elle lui demande lui sauvera-t-il la vie? 

La pièce se déroule avec des scènes courtes entrecoupées de projections vidéos qui nous emmènent dans les cauchemars et les souffrances de Paul.  La vidéo est utilisée à bon escient pour nous montrer les autres pièces de la maison et suivre Paul dans ses déambulations. C’est là que nous devrions avoir peur, peur de voir surgir Annie. Mais rien ne vient. On assiste à une pièce normale avec de bons comédiens.

Myriam Boyer, comédienne de tripes et de force est celle qui devait incarner l’infirmière psychopathe qui torture son écrivain préféré. C’est une excellente actrice. Mais là elle ne fait pas peur. Cela manque de silence avant la tempête, de main suspendue avant qu’elle ne caresse ou ne s’abatte…
Francis Lombrail impose sa carrure et sa voix. Mais on ne sent pas qu’il a peur. Il nous fait rire par ces répliques mais pas frissonner par son désespoir.
Les scènes courtes hachent la pièce et la musique et les projections sont un peu répétitives. Le décor est laid mais c’est mon point de vue. L’ensemble manque de nuances. 

Photo Nathalie Sternalsky

J’aurais voulu trembler, sursauter (comme quand j’ai lu le livre), étreindre la main de mon compagnon de fauteuil mais non. On regarde la pièce se dérouler sans vraiment y entrer. Dommage. 

 

 

 

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