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Suivez les flêches (ou non) sur le pont de l’Alma

 

panneau routier sur le pont de l'alma

Je ne sais pas vous, mais , moi, personnellement, je vois un panneau comme ça avec autant de flèches indiquant autant de directions, je ne sais pas franchement où je dois aller…ça me laisserait même tellement perplexe que j’en emboutirai le véhicule précédent qui lui aussi aurait ralenti histoire de réfléchir…ou alors tout le monde s’en fout. Surtout les parisiens qui savent où ils vont.

J’ai trouvé! Ce panneau est dédié aux provinciaux. C’est fait pour les empêcher de revenir dans la capitale en voiture. Le maire préfère qu’ils viennent en char à boeufs, c’est plus écolo, et par les temps qui courrent, ils n’ont besoin que de foin. Vous garez le char au Champ de Mars ou au Rond-Point des Champs-, Elysées, histoire de donner une crise cardiaque aux jardiniers de la capitale qui vont voir bouffer toutes leurs jolies petites fleurs fraîchement plantées et hop, enrayée la pénurie de gazole.

Et le temps qu’ils traversent le pont, on a le temps de penser de quel côté on doit aller.  

Si pour vous ce panneau vous parle, n’hésitez pas à me laisser un message, je transmettrai comme félicitations à la voirie voire à la signalétique. Ca leur fera plaisir, je pense parce que on ne doit pas les congratuler souvent…enfin je dis ça.Je dis rien.

(je sais la photo n’est pas bonne mais j’étais pressée! J’étais à pied, moi.)

Aliza Jabès, persévérer jusqu’à tout recommencer

Aliza, la studieuse, court depuis qu’elle est née. A 26 ans, inexpérimentée mais passionnée de botanique, elle rachète Nuxe sans trop savoir où ça la mènera et rejoint sa sœur Terry dans le monde de la beauté.

« Je suis celle arrivée inopinément, j’étais le bébé, d’ailleurs ma mère m’appelle encore comme ça. Trois ans et demi d’écart avec mon frère, sept avec Terry, je suis la petite sœur. Mais c’est moi le chef d’entreprise. » Aliza n’échappe pas à l’influence paternelle. « Il nous a appris que l’apprentissage est important, quelque soit ce qu’on apprend et que le don ne s’exprime pas si on ne travaille pas.» La petite fille douée pour les études, « j’adorais ça », est donnée en exemple à la famille. « C’était un peu pesant. Je n’avais pas peur de décevoir mes parents mais j’avais envie de plaire à mon père.»

photo d'aliza jabèsUn peu garçon manqué, très vite indépendante, la petite troisième court vers quelque chose, « il fallait que je fasse tout » et vite. Après le bac, elle est reçue au concours de Sciences Po. Paris. « Je l’avais, j’y suis allée. » Pas question d’attendre en prépa HEC où elle s’est inscrite. Elle y apprend ce que c’est de « bosser » et surtout le mécanisme de pensée pour bien raisonner. « La première année m’a plu. Les institutions politiques, l’histoire, des sujets polyvalents qui vous servent après.» A 21 ans, elle a confiance dans ses facultés. Direction New-York pour un MBA et une première expérience d’analyste financier à Indianapolis dans un groupe pharmaceutique.

Aliza, la férue de nouveauté, apprécie l’état d’esprit du Nouveau Monde qui permet de repartir à zéro à n’importe quel âge. Mais l’indépendante ne tient pas à être enfermée dans un organigramme. « Je me voyais partir dans une carrière, ce n’était pas ma vie. j’avais envie de construire quelque chose par moi-même depuis toute petite, je ne savais pas quoi. » Elle part en recherche. Son père, qui lui a inculqué aussi le goût du risque et avec qui elle faisait des expériences de chimie enfant, trouve un portefeuille de formules à vendre dans  une entreprise en sommeil alliant beauté et fleurs: « Coup de cœur et coup de tête, en 3 mois j’ai donné ma démission. Avec le recul, je pense que je voulais vivre mon histoire et montrer à mon père que je l’avais fait. »

photo pipette labo nuxeToute la famille participe à l’actionnariat ou met la main à la pâte au début. La folle de botanique plonge dans la littérature scientifique pour comprendre chaque matière première, pour savoir ce qu’il y a comme ingrédients pour reconstruire la gamme. « J’ai beaucoup d’intuition avec les plantes, puis je lis et je ne lâche pas tant que je n’ai pas compris. C’est comme ça que je me suis intéressée à la fève de cacao.» La même année, elle rencontre son mari qui finit ses études de gemmologie. 15 ans plus tard, la maman de deux garçons se rend compte qu’elle a toujours travaillé. 

photo nuxe« J’ai couru, pas arrêté, depuis que je suis née. J’arrive aujourd’hui, avec plein d’imperfections, à avoir un certain équilibre entre vie professionnelle et vie de mère. J’explique à mes fils de 12 et 9 ans que j’aime ce que je fais, que je suis heureuse.» Un principe depuis toujours: déconnexion totale le week-end. Aliza, la pressée admet qu’elle a besoin d’un peu plus de pauses aujourd’hui, comme les clients dans ses Spa, et qu’elle est frustrée de ne plus avoir assez de temps pour s’adonner au plaisir du dépaysement des voyages, pour étudier la sociologie, les civilisations extrême-orientales qu’elle aime découvrir et qui l’inspirent dans ses créations.

Mais elle ne manque ni de motivations ni de passion pour ce qu’elle fait. Aliza est fière de faire vivre des gens avec sa PME. Mais la route est longue pour en faire une marque internationale qui compte. « Je veux continuer à trouver des idées novatrices et réussir dans d’autres pays. »

Construire et toujours recommencer. C’est ça qui mène sa vie.

lire mon expérience au Spa Nuxe

Autodidacte, Terry ou studieuse, Aliza, les sœurs aux yeux noirs ne savent vivre que passionnées.

Il y a quelques temps, j’ai écrit deux portraits de soeurs, chefs d’entreprise beauté, qui devaient être publiés ensemble dans un magazine féminin. Un seul l’a été. L’autre a été oublié…(« ben c’est pas grave »), je rectifie aujourd’hui la manoeuvre et vous livre les deux. A lire à la suite!

Terry de Gunzburg : l’excellence jusque dans la futilité

Maquilleuse internationale autodidacte éprise de pureté, Terry ne se reconnaît pas comme une artiste. Elle recherche pour toutes les femmes soucieuses de perfection, à faire d’un geste quotidien, un plaisir et une joie.

photo de Terry Terry ne passe pas son enfance dans l’opulence mais dans la connaissance.

Ses parents, européens, sensibles, érudits et mélomanes vivent au Caire dans un milieu très cosmopolite et intellectuel. En 1956, le père de Terry, chercheur en chimie organique et amateur de philosophie, est obligé de quitter l’Egypte pour la France. Terry, son frère Ilan (écrivain et cinéaste) et sa sœur, Aliza de 7 ans sa cadette (PDG de Nuxe), sont de très bons élèves. « Notre épée de Damoclès était de décevoir les parents. »Pour séduire papa, Terry commence médecine mais s’aperçoit très vite que « ces études n’étaient pas faites pour moi comme je ne l’étais pas pour elles. » Elle choisit avec une copine de s’inscrire à un stage d’esthétique chez Carita. « On a pensé qu’après tout on saurait s’épiler. » Ce qu’elle découvre lui rappelle des souvenirs d’enfance « quand on faisait des crèmes à la lavande à Ramatuelle avec papa. » Elle ose dire : « je suis attirée vers le superficiel, ça sera ma vie ».

Ses parents la laisse faire à condition de le faire bien. Terry a son CAP haut la main. Les soeurs Carita repèrent cette fille, très différente des autres, à la classe certaine et qui a la main, « j’avais un coup de patte. » Terry prend ce que les stars de Carita laissent : des studios de photos moins connus, des clientes moins aisées. Elle apprend. Autodidacte de tout, elle a la science des couleurs par intuition et fait sérieusement les choses légères. Un soir, un appel de Vogue. Il faut un maquilleur, cette nuit. Personne. A part elle. « J’ai pensé que je ne saurais pas. » Mais grâce au précepte des soeurs Carita « on ne peut pas savoir qu’on ne sait pas faire tant qu’on ne l’a pas fait », elle fait la rencontre de sa vie.

Le monde du studio, des grands photographes, des défilés, la passionnent. « J’étais au service d’une équipe ». Au contact de créateurs comme Pierre Cardin, Angelo Tarlazzi, elle obtient la certitude que la maquillage est sa voie. « Je n’ai jamais faibli sur cette passion. » En 1985 Carita est rachetée. Elle part. « J’ai toujours travaillé avec le créateur qui a fondé sa maison. » A 30 ans, Yves St Laurent l’engage comme maquilleur styliste international. L’expérience vécue par Terry touche à l’extase. « Tout le monde avait l’obsession de séduire, de faire plaisir au maître. » Elle crée le style du maquillage de la maison, réinterprète l’esprit du couturier.

photo produit terryMais pour son père, ceci n’est qu’une étape. Il faut capitaliser sur ton nom et ton art, ton talent, lui souffle-t-il. Une idée lui trotte dans la tête : créer une ligne Haute Couleur pour le maquillage, « j’avais envie de ne travailler que sur des prototypes de très haut vol. Le luxe de la rareté.». Sa proposition se heurte au coût économique. La créatrice a toujours suivi ses désirs. Elle fonde « By Terry » tout en restant chez St Laurent. « Notre père nous a élevé dans l’indépendance et la valorisation de ce qu’on était. Ne pas être star chez les autres, être indépendant et maître chez nous. »

En 1998, la première boutique est ouverte. En 2001 Terry choisit de ne pas travailler avec Tom Ford. « Après Yves St Laurent, je ne pourrais être que déçue, la fascination me manquerait. » Terry est une perfectionniste. Ses produits en supra édition limitée, inventés dans son laboratoire, doivent être parfaits, de la texture à l’emballage. « C’est de l’horlogerie fine. Je veux seulement donner à toutes les femmes l’accès à la rareté.» Elle s’est lancée dans une autre aventure, une collection d’objets pour « mettre en beauté la maison ».

Terry a aussi une famille. Un mari, chercheur, épousé il y a 10 ans, rencontré à une réunion de parents d’élèves et ses deux filles, aujourd’hui 23 et 21 ans, ses deux fils de 8 et 6 ans, les trois filles de son mari « et le chien ». Comment fait-elle ? « Comme on peut. On autonomise. » Les enfants ont la certitude qu’ils peuvent la joindre à tout moment. « J’aime ce que je fais. C’est clair pour moi et pour eux. Je ne suis ni esclave de mes enfants ni de mon entreprise. Et je m’autorise à être imparfaite. » Une même passion pour l’art contemporain permet aux époux de se retrouver aux quatre coins de la planète pour un week-end culturel.

Encore un désir ? « J’aimerais donner des murs à un artiste, pour qu’il s’exprime. »

En passant

 Pour Palmyre, j’écris des chansons. Normal qu’elle soit sur mon blog. Dîtes moi si vous aimez ou ne me dites rien!  http://www.primaveratv.com/video.php?video=121   Palmyre est auteur, compositeur et surtout est une interprète qui s’exprime totalement sur scène où elle joue … Lire la suite

En passant

  Une ballade sur les Champs-Elysées transformées en sous-bois, champs de blé, potager, étable… Une leçon de choses grandeur nature!!! Des fleurs, des arbres, des arbustes, des ananas!!! Des moutons, et puis je rentre à pied pour profiter du soleil. … Lire la suite

PHOTOS instants de Paris

 

PHOTOS de Paris crédits François Guichard

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