Archives de Catégorie: CHRONIQUES PARISIENNES

PETITES HISTOIRES
des choses vues à Paris

Plus fort

Parle plus bas car on pourrait bien nous entendre, ben on voudrait bien vous entendre mais on n’y arrive pas ! Plus fort, parlez plus fort ! Mesdemoiselles et messieurs les comédiens, au théâtre, parlez plus fort !

colonne_moris

J’ai pris comme illustration le roi lion au moins lui il rugit!! merci à Magicman pour la photo

Depuis quelques temps j’ai du mal à entendre le texte, alors je m’interroge, enfin je commence par interroger le voisin : on chuchote entre nous, « t’entends quelque chose toi ? ben… » ou je deviens sourde ou le volume sonore a baissé ou alors maintenant faut avoir le texte avec soi et le lire en même temps que les comédiens le disent comme les mélomanes qui au concert suivent la partition.

Je me suis dit bon, fantaisie de metteur en scène, ça va passer. Comme pour Phèdre, la saison dernière, j’ai cru vraiment que j’allais me lever et hurler plus fort ! Ca aurait eu de la gueule. Je me suis dégonflée, j’avoue.

Mais j’aurais adoré lancer entre deux vers (vers v e r s, pas verres, v e r r e s) en pleine comédie française, dans le silence le plus pesant : plus fort ! Le pied. Mais pas question, je suis bien élevée mais je regrette,  ou alors faudrait que je sirote quelques verres (verres pas vers).

Non mais ça commence à bien faire, c’est une mode ou quoi ? Ca fait moderne, de susurrer, de murmurer, de blablater dans sa barbe.

Je sais ! Ca doit faire cinéma, les metteurs en scène se croient au cinéma. C’est ça, mais le problème c’est qu’on est pas au  cinéma où là en revanche, le son est au top, on en prend plein les esgourdes avec le thx, le sursurround… c’est pas compliqué le héros marche sur une fourmi, on croit qu’il aplatit un éléphant, il marche dans une flaque d’eau, il remonte le Nil, bref, pour en revenir au théâtre c’est pas fait pour les vieux sans sonotone. Et pourtant les… seniors représentent une bonne partie de la clientèle.

Et en plus moi, en tant que journaliste, je suis à l’orchestre pas au poulailler mais les cochons de payants qui sont au deuxième balcon, je pense qu’ils entravent que d’alle…

Là je vous parle de grandes salles, mais dans les petites idem, on ne les entend pas plus. Exemple : A la Pépinière, Chambre froide, pièce glaçante malgré les rires où trois femmes se demandent si elles ne vont ou non se débarrasser de leurs maris insupportables, les trois comédiennes, à la première scène font la vaisselle, et que je te referme les tiroirs, et que j’te casse une assiette, j’entrechoque les verres et que j’t’ ferme les portes de placard, et en même temps elles parlent. Mais nous dans la salle, on dresse l’oreille entre deux claquements. Après, la vaisselle finie, ça s’arrange, je vous rassure.

Il y a les metteurs en scène pervers qui font jouer les comédiens de dos, pourquoi pas mais bon on m’a appris que quand on est dos au public on parle plus fort, et bien non, ça c’était avant, avant quand on pensait au public.

Il y a ceux qui font jouer les comédiens au fond de la scène et même, j’en ai vu,  derrière le décor.
Déjà qu’on ne les entendait pas, on ne les voit plus non plus. Mais si ça les dérange de jouer pour les spectateurs, ils peuvent rester entre eux pas de problème, nous on cocoonera à la maison, là au moins on peut monter le son de la télé.
Dis monsieur le comédien est-ce que tu veux bien parler un tout petit peu plus fort ? Merci.

Signé une spectatrice qui se veut du bien.

Coq en diam’s

Rendez-vous sur la place du Trocadéro pour diner en terrasse. « Le Coq, c’est très connu, tu ne connais pas? C’est le plus connu de la place, tout le monde vient là.  Ben je connais pas. Le tout-Paris se donne rendez-vous ici…A 26€ le plat minimum,c’est pas le Paris du tout. Plutôt celui du tout m’as-tu-vu.

coq_2La terrasse est agréable, super bien placée, le service, aux petits soins, les mets, corrects. Mais la clientèle…n’est pas celle de Saint Germain. Ici on étale, on montre, on expose. Comme la cinquantenaire derrière moi. Combinaison à dos presque nu où l’on ne peut planquer le plus petit des soutien-gorges. Seins refaits qui tiennent tout seuls, bague diamant jaune ou citrine taille pavé.  Il faut savoir qu’il y a différentes tailles: marquise, brillant, poire, coeur, ovale, émeraude, princesse, radiant, et bien là c’est la taille pavé. Sans oublier les chaussures totalement indescriptibles et les bracelets dorés et l’alliance diamantée de rigueur. Evidemment  elle se tape des raviolis vapeur, avec quand même une coupe de champagne et tisane en guise de dessert. A côté de moi deux sexta parlent de tous ces mecs qu’il vaut mieux éviter tout en se tapant un petit rosé, tartare de saumon-frites, en pull argent et escarpins assortis. Ici tout ce qui est cheap se remarque, c’est les marques qui passent inaperçues. Ah j’oubliais la taille pavé arborait aussi le sac Chanel mauve…ouf. Manquerait plus qu’elle ait un pauvre Longchamp des familles et pourquoi pas un serre-tête en velours bleu-marine?

Sinon, mon steak de thon, sauce satay était très bien, l’irish-coffee se laissait boire. C’est le genre de maison où le serveur ne vous fait pas la gueule si vous prenez deux entrées, pas d’entrée, un dessert dans deux plombes, que vous réclamez une serviette, qu’on vous apporte un cendrier que vous n’avez pas encore demander et qu’on change avant qu’il ne déborde…toutes les demandes sont les bienvenues à l’exception du doggy-bag réclamé par la dame américaine à ma droite. Là ça a été Niet. No. Non. Faut pas pousser non plus. Elle avait qu’à prendre un tartare de saumon qui comme le faisait remarquer le serveur à ma voisine qui demandait sa taille, il est « petit ». Et c’est exact, pour une entrée, c’est correct, pour un plat, même chez Costes c’est lège… en même temps il est annoncé en entrée…

 

Chausse-pied saga suite

Eurékà, je l’ai trouvé!! Mais si il existe encore des tabourets chez les chausseurs. Enfin j’en ai vu. Heyraud est mon héros! (voir les épisodes précédents)

20140603_120344Toujours à la recherche de la paire de souliers idéale pour mon mariage, pas le mien, je serais au courant, désespérée entre les prix démentiels, les escarpins qui font mal rien qu’à les regarder et la hauteur de talons idéale, j’arpente les magasins de pompes.
Samedi, je suis passée à Saint Germain où j’ai essayé une paire de sandales sympathiques, dorées, pas trop hautes, où les brides ne me cisaillaient pas la peau et de plus pas trop chères. Mais j’avais un doute alors j’ai continué sans trouver puis je suis allée au Printemps. J’avoue, j’aurais pu dénicher l’idéal (quoique, comme je connais mes pieds, ce n’est pas sûr) si je m’étais égarée dans le très haut de gamme. Mais je ne peux pas chausser plus haut que ma cheville alors mardi, redirection Heyraud mais boulevard de la Madeleine.

Je m’installe après avoir demandé ma taille dans plusieurs modèles. Celui, déjà essayé est de la dernière collection « mais nous l’avoir ». Ouf! La demoiselle revient et pousse devant elle le tabouret perdu. Le truc où on pose le pied pour enfiler plus facilement la chaussure et pour que le vendeur assis à votre hauteur puisse ajuster la bride, les lacets…je m’esclaffe, « mais ça existe encore, ça? » Mais bien sûr madame…
Pour résumer, j’ai trouvé mes sandales dorées, reste plus qu’à prier qu’il ne pleuve pas le jour J, sinon j’aurais rien à me mettre aux pieds!

merci aux demoiselles charmantes des deux magasins.

Soutien-gorge

header-page-accueil-okDans quelques trois petites semaines, Julie, ma filleule,  se marie. Qui dit mariage, dit robe. Qui dit robe dit dessous qui vont avec la robe. En l’occurrence un soutien-gorge sans bretelles. Et avec mon balcon, faut un soutif de compèt’. Je vais donc au Bon Marché rayon lingerie. J’avise une vendeuse charmante de chez Hanro qui me conseille trois, quatre marques plus spécialistes dans le « sans bretelles ». Je fais un tour, on me propose des modèles. J’essaie. Il fait chaud, je transpire, je colle, j’adore…Appel à une vendeuse conseillère. J’attends en petite tenue, j’attends. Arrive une conseilleure-vendeuse. Madame, ça ne va pas je vais vous chercher d’autres modèles. Formidable. Je ne lui demande rien et elle revient avec des modèles …qui ne sont pas à ma taille. Elle insiste. « Au Bon Marché, chaque vendeuse ne défend pas une marque mais nous désirons que la cliente soit satisfaite ».  J’applaudis des deux mains. Soutien-gorge, le retour. J’essaye et commence à me demander si je ne devrais pas opter pour une brassière rouge comme ma robe et à bretelles celui-là. Bref, je garde le premier essayé. Et madame me donne rendez-vous à la caisse.
A la caisse, personne. Enfin du monde mais pas elle. C’est là que je me dis, allons voir un rouge. La dame d’Empreinte, charmante me dégotte un super beau balconnet rouge cerise. J’essaye, approbation de la conseillère et retour près de la caisse…où m’attend la fée vendeuse du premier essayage qui me tance. Comment,elle ne m’a pas vue près de la caisse, m’a cherchée partout, mais quoi, mais comment… en gros je me fais engueuler. En tant que cliente-reine, j’obtempère et moi qui commençais à me demander si j’allais acheter le sans-bretelles, je fais profil bas et je règle mes emplettes.
En partant je passe devant la vendeuse d’Empreinte qui me fait ses plus plates excuses pour l’attitude de sa collègue. On est au Bon Marché quand même. Elle espère que je vais revenir… tout de même.
Mais oui chère madame, je reviendrais dans ce temple du bon goût. Mais la prochaine fois, je dirais à la vendeuse:  » je vais réfléchir » ou « je vais demander à mon mari. » Ma mère disait cela quand elle ne voulait pas acheter. Ou alors en adulte, je dirais « non merci. »

Enfant-roi, roi du bus

mardi 14h, assise à ma place, c’est à dire pas à la place du vieux, de la vieille, de la femme enceinte, encombrée de mioches ou de l’handicapé voire du blessé de la grande guerre…

Devant moi, une femme installe un enfant de 3, 4 ans  et lui donne une fusée, un avion à réaction, enfin un truc avec des ailes version jouet. Jusque là tout va bien…jusqu’à ce que maman déclenche le son, le bruit, les décibels imitant le décollage de la navette Endeavour en vrai!

Insupportable, inaudible, infernal! Au bout de trois stations, je me lance et entreprend la maman. « Est-ce que vous pourriez baisser le son?  » Franchement, c’est bien, pas trop, subtile, bref parfait. Genre, ça gêne mais bon, je vous demande pas non plus de l’arrêter mais le faire ma ravirait bien sûr. Vous remarquez que je ne donne pas non plus d’ultimatum style vous arrêtez ce raffut ou je saute à pieds joints dessus ou je le balance par la porte au prochain arrêt!

Réponse de la doudou des îles: « on ne peut pas le baisser. » Certes mais l’arrêter c’est possible?  « Ben il a envie de jouer ».
Mais quelle idiote je fais. Il a envie de jouer donc tout le bus voire le quartier vu le bruit que ça fait, doit supporter ce son perçant à rendre encore plus sourd qu’il n’est le batteur des Rolling Stones! Et le son de continuer et moi de rire…en parlant tout fort et tout haut. Car le plus fantastique de l’histoire, c’est que l’ensemble des voyageurs faisaient comme si… comme si le silence le plus zen régnait sur Paris, comme si cette pauvre femme soumise aux caprices de son gnard ne pouvait entendre la simple vérité: vous faites chier!! Vous emmerdez tout le monde et en plus vous êtes mal élevée et vous élevez mal votre gamin qui va vous en faire voir de toutes les couleurs! Et personne de réclamer. Quelle bande  de dégonflés! Vaut mieux risquer ces tympans que se hasarder à demander la moindre des choses: voyager tranquille. Et cerise sur le ticket: la nana à côté de moi dégaine son téléphone et s’égosille dans l’appareil. Non mais allo quoi? Moi la prochaine fois que je monte dans le bus, je hurle à tue-tête All by myself, version Céline Dion mais sans Céline Dion mais tout aussi fort, la justesse en moins.
Et vous savez pas? Moi blanche, célibataire, sans enfant et élevée chez les soeurs, je vais me faire jeter. Ben oui aucune raison de prendre des gants avec moi. Non la prochaine fois, je fais comme les autres, je mets des boules Quies ou je prends un taxi… ah non, le taxi va écouter en boucle du raï, pas savoir le chemin et héberger un chien mouillé sur la place avant…ou ne pas me prendre, c’est pas son chemin. Faut juste le savoir, faut choisir le taxi qui habite près de chez soi. Mais j’y pense, mon voisin du dessus il est taxi!

 

Chausse-pied suite

J’en ai trouvé un! Un chausseur sachant chausser qui propose un chausse-pied spontanément, sans qu’on lui demande…

J’étais à la recherche d’un escarpin compensé histoire de me remettre aux souliers étroits et hauts de façon progressive quand il surgit là sous mon nez.
J’entre rue Saint Charles, Paris 15e  un peu désespérée chez Gill’s. Je fais le tour et je vois des décolletés compensés. Un peu désabusée, je demande à essayer.
Le vendeur, un jeune homme charmant qui semble connaitre son boulot, va chercher le modèle, me tend un bas et m’apprête à me débrouiller pour enfiler les souliers neufs. Et là sans que je ne demande rien… apparait un chausse-pied!

Surprise, je félicite le vendeur. Il me répond: « mais madame, c’est mon outil de travail ». Et comme dit ma mère, « les bons ouvriers ont de bons outils ». Et cerise sur le talon, les souliers m’allaient. Enfin dans la boutique. Parce que  je ne les ai pas encore portés en vrai. Mais j’ai acheté le Silk de KIWI, vaporisateur sensé habiller le gentil pied et le protéger des méchants échauffements.

J’ai tout prévu, tous les espoirs sont permis, suite à la prochaine sortie!

Mais où sont passés les chausse-pieds?

Dans la série « tout fout le camp », après « y a plus de cocktails dignes de ce nom à Paris », savez-vous que rien ne va plus côté chausseurs.
Vous avez bien lu « chausseurs ».  Et bien je vous livre l’info brute: fini le chausse-pied chez les marchands de chaussures. En gros: démerdez-vous pour les enfiler.

chaussureCherchant des chaussures à chausser pour un mariage en juin, (pas le mien…) je hante les marchands de chaussures parisiens. J’ajoute pour ceux qui ne me connaissent pas que depuis ma naissance, j’ai mal aux pieds. Tout le temps, avec des escarpins, des mocassins, des brides, des sandales… et depuis que je me suis fracturée une cheville, c’est pire. Bref comme je ne peux pas déambuler en tennis en robe de bal, je me suis décidée à essayer des pompes!

Je précise aussi que n’ayant pas le compte en banque de Victoria Beckam, le choix est limité. Quoique je ne suis pas sûre qu’on n’ait pas mal au pied avec de chers souliers .

indexJe me lance donc dans les magasins. J’essaie une paire, deux, trois, comme je peux. Changement de lieu, une deux, trois, et je commence à me poser la question.  Mais de mon temps on posait le pied sur une espèce de tabouret pentu et la demoiselle ou le jeune homme, vous enfilait…la chaussure à l’aide d’un chausse pied et laçait (s’il y avait à lacer). Maintenant, on se démerde! C’est comme à la station service, on se débrouille tout seul. Bientôt on ira chercher les paires dans la réserve.

A la troisième boutique, près la troisième paire, j’ai réclamé en riant: « mais ça a disparu le chausse-pied? » Le vendeur charmant (je le souligne, car ce ne va pas de soi, boutique Géox à Beaugrenelle) réagit: » bien sûr » et m’apporte l’objet. Parce que le doigt ce n’est pas top. Je finis par acheter des mocassins qui me font tellement mal la première fois que je les mets en voiture que j’ai failli finir pieds-nus pour conduire.

J’insiste et je repars à la conquête de la paire d’escarpins perdue. Direction Clarks qui a l’air de faire des chaussures confortables et pas trop hautes. Le magasin de Châtelet est grand…et les vendeurs ne sont pas des chausseurs. Ils disparaissent périodiquement, ne donnent aucun conseil et à mon avis la chaussure n’est pas leur métier… là aussi on se débrouille. Point de chausse-pied. Et pour le bas, il faut le réclamer et on vous l’apporte au compte-gouttes. Un  et si vraiment vous désirez passer la deuxième chaussure, il faut réclamer le second bas. Une paire m’allait bien si on ne tenait ps compte qu’elle baillait au milieu et je n’avais pas si mal mais un peu quand même. Je suis partie. Direction rue de Rennes. Chez Jonak, changement d’accueil: « bonjour, vous désirez, mais certainement, ça va? » Parfait. mais côté chausse-pied, toujours pas.

Je pousse jusqu’au Bon Marché. marques hors de prix, souliers improbables. Et là je vois Carel. Style pas très fun mais j’ai un souvenir ému de mes mocassins d’il y a quelques années que j’adorais. jamais eu mal avec eux, snif! Evidemment ils ont changé la forme, maintenant ils sont moches. Je m’arrête et je vois des escarpins noirs. Bon j’essaye. Après tout c’est le basique des basiques. Le vendeur très Bon Marché, m’apporte la taille et là, après m’être démerdée comme ailleurs (le Bon Marché a ses limites) je glisse mes petons dans des escarpins en daim et miracle pas un endroit qui serre, qui gratte, qui frotte… de plus le vendeur dit la phrase qui enlève l’affaire:  » il y a une découpe en V qui affine le pied, c’est parfait ». Banco, évidemment elles sont plus chères que bien d’autres mais encore raisonnables, vu celles moitié moins onéreuses que j’ai dans le placard sans les avoir jamais remises.
Chez moi, j’ai un chausse-pied. On m’a appris que ça servait à ne pas abimer les chaussures mais peut-être que les chausseurs ne savent plus chausser…Bientôt ils vont supprimer les sofas, chaises, fauteuils. Après tout on n’est pas obligé d’être assis. Oups j’aurais pas du leur donner l’idée.

ah aussi un truc: s’ils pouvaient arrêter de dire, « ça va se détendre »… merci.