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En passant

Avant la pièce A droite à gauche de Laurent Ruquier au théâtre des Variétés, Anne et moi avons cherché un restau dans le Passage des Panoramas, juste à côté (Métro grands boulevards 2e) . Séduites par la carte succincte mais … Lire la suite

bistro simple, sympa et bon: Secrets de Famille

Mardi dernier, comme je vous l’ai raconté, j’ai passé une délicieuse soirée en compagnie du Quatuor et accessoirement d’Anne, une amie de presque 30 ans…bref. (ce n’est pas qu’elle soit accessoire au contraire, la personne qui accompagne fait partie aussi de la soirée réussie mais vous vous en fichez un peu vu que vous ne savez pas qui sait.)

Avant le spectacle, petit détour alentour pour un petit casse-croûte vite fait bien fait.
Ce ne sont pas les établissements de bouche qui manquent, du bistro au resto, du plus bistroquet au plus snobinard qui se la pète à recevoir les comédiens mais négligent les clients du commun.

A deux pas du théâtre de Paris, trois endroits: le plus proche est une petite brasserie honnête aux faux airs de poutres apparentes.
Le suivant en descendant la rue n’a…aucun intérêt. Le décor est attractif, se la joue restaurant bon chic pas de genre. Mais dans l’assiette, ni bon ni mauvais, aucun caractère, aucun goût, du plat (dans le plat), du rien.

J’ai choisi d’essayer le troisième , Secrets de Famille.  Il ne la ramène pas en décor superflu mais affiche un air chaleureux. A l’intérieur c’est clair, moderne, sans tape à l’oeil. D’ailleurs j’ai remarqué que comédiens, attachés de presse, se retrouvaient là pour boire un verre ou manger rapidement. Un signe. Ce soir-là, Clémentine Célarié, qui s’en allait voir le Quatuor également, se sustentait à une table de la mienne…

Exigu, pour rentrer on pousse un peu le client au bar et on s’installe en poussant un peu table et chaise. Sur le tableau, des plats autour de 10€ et des desserts à 7€.
J’ai choisi le plat du jour: lasagne bolognaise de courgettes, salade. Super bon, goûtu, bien servi. Anne, tentée d’abord par le tartare de charolais, les manchons de poulet ou l’assiette auvergnate, a opté pour la salade de chèvre chaud.
Des plats simples, de la cuisine de bonne femme diraient les chefs masculins. Surtout de bons produits sur une carte courte, cuisinés avec sentiment. La salade est fraîche, la pain est bon, le service attentif.
Pour le dessert, on s’est laissé tenté par le fondant au chocolat (les deux dernières parts), sublime. Super bon. Il y avait aussi le gâteau de pommes caramélisées que les hôtes d’à côté se tapaient à belles dents.
Sans oublier une belle carte des vins à des prix corrects.

En sortant la pluie s’était arrêtée, nos papilles étaient rassasiées. La soirée avait bien commencé.

Secrets de famille: 11, rue Blanche Paris 9e 7h-15h30. 18h-21h30. Fermé sam., dim
Tél. 01 53 16 30 45

Café loto : café resto parisien

Au coin de la rue La Bruyère et de la rue Pigalle, il y a un café qui ne paie pas de mine, le Café Loto.

Quand vous rentrez vous voyez le comptoir de bois clair, les jeux à gratter, les télés pour suivre la course des canassons et  les formulaires du loto bien sûr. Deux marches et vous passez dans la salle de restaurant, avec des tables aux nappes blanches en papier mais avec quand même un verre pour le vin et un verre pour l’eau.
C’est tout simple mais c’est tout frais. La carte est hyper courte, du coup, pas de restes, pas de déchets et comme il y a du monde, la fraîcheur des mets est garantie.

En entrée: terrine de rillettes, avocat crevettes, salade de saumon (j’aurais bien aimé écrire salade de somonette mais non,  c’est du saumon). En plat de résistance: andouillette pommes sautées, boeuf bourguignon pommes de terre vapeur, hachis Parmentier salade, ou encore quiche, salade. En dessert évidemment crème caramel, tarte au citron meringuée et île flottante démesurée ou salade de fruits.
Simplissime, économique, rapide, parfait pour le déjeuner. Le chef salue les habitués. C’est un ancien restaurateur qui s’enquiquinait à la retraite. Alors pour vivre tranquillement sa retraite, il a choisi de retravailler, de cuisiner et de voir du monde.De temps en temps le chef ramène les légumes de son potager de province.
Personnellement j’ai opté pour le hachis Parmentier, salade avec de la vraie purée et de la salade d’origine contrôlée. (Ce qui pour moi veut dire vraie salade sans emballage plastique).
Croyez-moi si vous voulez, c’était léger. Le Bordeaux en carafe ne rape pas,  le café est accompagné d’un chocolat et comme je vous l’ai dit, l’île flottante est énorme. Pour un menu plat/ dessert, accompagné d’une carafe de 50 cl de vin, café, le tout pour deux, nous en avons eu pour 32 €. Entrée, plat, dessert, est  est à moins de 13 €, entrée/ plat ou plat/dessert, à moins de 11 €. C’est un lieu à la fois, atypique et très banal du vrai Paris des parisiens: les patrons sont d’origine asiatique, le chef est français de France, la clientèle est du quartier et la cuisine est bien du comptoir. En résumé, un vrai et parfait bistrot parisien.

Vers 14h30, débarquent les accros des courses d’équidés, et là, fondus de Télérama, un conseil, s’abstenir!

A consommer avec modération

 Hier, une grande marque d’alcool haut de gamme invitait les journalistes à découvrir les offres et coffrets de fin d’année. Bonne occasion pour déguster des produits d’exception !

Arrivée devant l’entrée aux hôtesses en tailleur noir et escarpins haut perché faisant office de cerbères, une femme m’accoste.

« Je peux entrer avec vous ? »

Je réponds « oui » tout en me disant que je fais entrer le pique-assiette professionnel dans la bergerie Champagne-Cognac. Je lui demande quand même si elle est journaliste, pour le principe, « oui bien sûr », et aussi son nom, histoire de lui faire sentir que je ne suis pas dupe du subterfuge. A peine lâchée dans l’open bar, elle boit à tous les râteliers.

Bon, la BA aux frais de la princesse étant faite, passons au boulot : goûter pour informer !

D’abord un champagne K… « à déguster avec du parmesan », me précise le serveur. Et cerise sur la meule, le parmesan est fractionné directement dans la demi-roue de fromage italien, la classe. Slurp, délicieux et c’est vrai que l’association des deux sublime les arômes du vin pétillant.

A droite, un champagne rosé à boire accompagné d’une « eau de tomate au torchon » pour titiller les papilles. Original. « Je préfère l’eau de tomate toute seule », pense tout haut une dame à ma gauche. Snob, va !

photo bouteilles hommage à andy warholDirection Dom P…le packaging est Pop Art redessiné par l’école de stylisme Saint Thomas School de Londres, afin de souligner le positionnement de la marque « grand luxe mais toujours décalée », d’ailleurs les écussons sur la bouteille 2000 ou 2002 sont bleu turquoise, « si rare en champagne », certes, rose et vert. Amuse bouche poisson mariné sur chips de pomme de terre, graines de grenade : impeccable.

Glissons-nous jusqu’au comptoir M…, le chef de cave ne tarit pas d’éloge sur le 2002 qui accompagne avec délice le homard sur chips de curry. « Il va merveilleusement sur une volaille à la crème, des champignons, l’apéritif…il n’a pas d’agressivité mais du caractère. » Comme moi, on est fait pour s’entendre. Tiens, je re-goûte.

Après des macaronis champignons chauds, et des cornets beurre de truffe pop corn, je tente le cognac. Je sais c’est osé mais il faut faire son travail sans fléchir.

Pour éviter de passer, 1/ pour une ivrogne mondaine et 2/pour une béotienne, j’avise le barman et je lui dis comme ça : « si je vous demande de mettre de l’eau dedans, vous n’allez pas pousser des cris ? ». Ce à quoi il me répond : « madame, c’est la recette. »

La recette du cocktail  proposé bien sûr, eau pétillante en plus du zest citron. Top. Evidemment vous pouvez aussi le goûter sec. Non, avec eau, ça sera bien. D’ailleurs il est bien connu qu’une goutte d’eau (ou deux) dans le cognac ouvre ses arômes. Et toc.

L’attachée de presse vante les mérites de la fine de Cognac à un collègue en lui recommandant : « je vous engage si vous avez l’occasion, à tous les boire » en montrant sur le comptoir des assemblages de différentes années. Comme elle y va.

J’attaque la queue qui attend le rosbif sur toast (fondant à souhait). Je discute avec un petit couple très sympa qui boit de la vodka basilic…Si , si.  Du coup j’essaye. Super bon, super frais. En plus de la vodka, du basilic il y a aussi du jus de citron vert, du gingembre et, et de la glace pilée. Ça noie.

Je les ai recroisés un peu plus tard, un verre de vin (pour la viande, normal) à la main, moi j’ai fait l’impasse. J’ai préféré reprendre du champagne K… ;mais sans parmesan. Une bonne femme (je ne vois pas d’autres mots) interroge le serveur de la meule en faisant la grimace : « c’est du 12 mois, non ? » 24, madame. « on, non, ce n’est pas possible. » Si madame, 24 mois. « Ah, j’ai confondu parce que je suis plus habituée au 36 mois. ». Impassibilité du serveur qui en a entendu d’autres. Bonjour les snobs. Si ça se trouve, elle ne connait que la vache qui rit de 36 mois et en plus elle sait même pas pourquoi elle rit, la vache.

J’ai zappé le Whisky, faut être raisonnable. En fait arrivée à 19h30, je suis repartie à 22h… alors que je ne pensais que boire une coupe (bon deux) , saisir le dossier de presse et rentrer voir la finale du dîner presque parfait. Flûte, je suis restée. Ce n’est pas pour les accords boissons-mets, pour les bulles exceptionnelles, non, ça c’est le boulot. En fait j’ai rencontré des gens charmants. En plus du jeune petit couple, j’ai croisé un moyen vieux couple, lui baroudeur des journaux, elle, costumière pimpante. On a plaisanté avec les serveurs, on a continué à boire, le dernier pour le métro, et on a trouvé que ça manquait de dessert, à part la cerise trempée dans le chocolat qui est toujours bienvenue.  

Sur une dernière cerise, nous nous apprêtons à quitter cet antre de l’alcool qui fait la renommée de notre beau pays, fier d’avoir fait notre travail en conscience. (bref) Nous partons de concert prendre le métro.

Quand, sur le comptoir, une étiquette, attire mon attention (déjà bien en sommeil) :

 « Nos produits d’exception sont à consommer avec modération. »

Ca ne s’invente pas.

En passant

Dans la série « on ne sait plus quoi inventer pour passer le temps à Paris, dépenser son argent, s’alcooliser glacialement, s’emmerder délibérément voire vivre stupidement », l’hôtel Kube invite les parisiens, parisiennes et autres (si , ça existe) à découvrir le nouveau décor … Lire la suite

Le Flore et les cornes d’ACDC

Qu’est-ce qui fait qu’on reconnait dans Paris, un parisien-à-Paris,  fan d’ACDC ?                                                                                                            des cornes rouges, symbole du groupe ACDC

Les cornes clignotantes, bien sûr!

Signe de ralliement garanti des fans du groupe. Signe que vous avez été au Stade de France. Signe que vous faîtes aussi partie des privilégiés de la tribune officielle à qui on a offert les fameuses cornes lumineuses. Le top.

Mais quand on porte ces cornes à la terrasse du Flore, rendez-vous germano-pratin parisien par excellence, sur les coups de minuit 28, on a franchement l’air con. Je vous assure. Surtout quand vous êtes plus près des 52 ans trois quart que des 25 ans et demi, que vous avez du bide et que vous êtes à moitié chauve. Sans compter que vous mangez à moitié affalé sur l’assiette, le coude droit sur la table et le bras gauche pendant mollement sur votre cuisse gauche. le portrait craché de Dorian Gray qui n’aurait pas eu de tableau magique.

C’est comme porter les oreilles de Mickey, voire de Minnie.T’as l’air cool à Disneyland Paris, mais t’as l’air d’un clown à Saint Germain land Paris.

café de Flore et sa terrasse, Paris 6e C’était juste une petite chose vue du côté du Flore, Paris 6e par moi, parisienne-à-Paris, verte de ne pas avoir été au Stade de France.

Tout compte fait, en y réfléchissant, ça ne lui allait pas si mal les cornes à Dorian. Surtout quand il a allumé la coiffe version viking. Ca lui allait comme un gant à Michaël Jackson. Mais bon Mickaël, c’était Mickaël…

GRAISSE GRECQUE

Saint Michel, Paris 5e, direction les voies piétones greco-romaines, à savoir moussakas ou pizzas.

Ma belle-sœur étant adepte de l’acropole, je suggère adroitement le resto hellène, enfin  la cantine grecque, plutôt la gargote, bref un truc ou on se sustente version ouzo, taramasala, plutôt salée.

Le plus dur, le choix entre mal de cœur et indigestion. La question est : quel est le moins mauvais pour épargner nos estomacs délicats.

Donc nous déambulons, regardant vaguement les menus affichés enfin placardés. On ne peut pas les rater. Et au cas où vous n’auriez pas envie de dîner, pas de bol, on vous y oblige. Des bonimenteurs, sur le pas de leur porte vous hèlent,  vous interpellent, vous ferrent, vous plaquent et vous arnaquent. On ne sait que choisir.

En gros, c’est le même menu.

«  Oui, mais ici, y a le décor ». Certes, les murs en pierre et les poutres, ça fait grec autant que la crêperie, boulevard Montparnasse. « J’offre l’apéritif »,

« du couscous »,

« Athènes »,

« de la musique ».

Waoh, je suis saoule avant d’entrer. Si je m’écoutais, je fuirais plutôt jusqu’à Odéon voir les sumos. On se croirait à Pigalle : « Entrez ici, y a de la belle fille, des seins, du cul, de la b… » je m’égare.

Poussée par l’envie irrépressible de feuilles de vigne, (une réminiscence du jardin d’Eden,  un vague espoir d’ « Un jour mon prince viendra ». Ca m’étonnerait que je le trouve aujourd’hui et ici, mais bon les voies du prince sont impénétrables, c’est bien connu), nous entrons.

Musique à fond, bougie dégoulinante, nous choisissons.

Moussaka pour elle, je ne préfère pas savoir d’où vient la « aka ». Pour moi, aubergine farcie. A quoi, je ne sais pas. Je n’ai pas posé la question. J’ai bien fait hein ? C’est drôle, c’est pas comme danws un autre restaurant de ma connaissance, y a pas la provenance.

Trois minutes, chronos en main, après un apéritif rose que nous n’avons pas déterminé: les dolmos (Feuilles de vigne, l’entrée) sont sur la table. En gros, en 40mn le repas est avalé mais pour la digestion, rendez-vous demain, même heure.

Pas de café, l’addition. Je jette un œil à la note qui semble correspondre. Code carte.

Sortie triomphale sous les applos de mon invitée.

Et là je commence à me poser des questions. Je ne voudrais pas paraître rat (mon signe chinois par ailleurs), mais il me semble bien cher ce repas. Car enfin, 1/ le grec est modique…en général, mon colonel. 2/ma belle-sœur n’est pas du genre à choisir le plat le plus cher. 3/ c’est pour ça que je l’ai invitée.  Donc j’additionne, je multiplie, j’euroïse, je francise. J’ai beau calculer dans tous les sens, la conclusion est simple, 2 plats à 10€, pas de vin, pas de dessert, apéro offert, ne peuvent pas faire 52 €.

Ou alors, ou alors, de deux choses l’une, ou les feuilles édéniennes coûtent 25 € et sont fourrées au caviar, ce qui se saurait, ou … Smack à ma jolie belle-soeur, bonne nuit, j’y retourne.

« Vous avez oublié quelque chose ? » Oui de me faire avoir. Je peux voir la note ? Voilà, 25 €. Dyslexique, le caissier. Mais ils font tout à l’envers dans ce pays.  Ca va madame, ça va ? Mieux.

Savez pas, je n’ai pas été malade, ma belle-soeur était ravie de sa soirée, j’ai râlé sans m’énerver, j’ai eu raison, je suis rentrée à pied, il faisait beau. Franchement, je reviendrais.