Archives de Catégorie: restos, bars, …

Le Flore et les cornes d’ACDC

Qu’est-ce qui fait qu’on reconnait dans Paris, un parisien-à-Paris,  fan d’ACDC ?                                                                                                            des cornes rouges, symbole du groupe ACDC

Les cornes clignotantes, bien sûr!

Signe de ralliement garanti des fans du groupe. Signe que vous avez été au Stade de France. Signe que vous faîtes aussi partie des privilégiés de la tribune officielle à qui on a offert les fameuses cornes lumineuses. Le top.

Mais quand on porte ces cornes à la terrasse du Flore, rendez-vous germano-pratin parisien par excellence, sur les coups de minuit 28, on a franchement l’air con. Je vous assure. Surtout quand vous êtes plus près des 52 ans trois quart que des 25 ans et demi, que vous avez du bide et que vous êtes à moitié chauve. Sans compter que vous mangez à moitié affalé sur l’assiette, le coude droit sur la table et le bras gauche pendant mollement sur votre cuisse gauche. le portrait craché de Dorian Gray qui n’aurait pas eu de tableau magique.

C’est comme porter les oreilles de Mickey, voire de Minnie.T’as l’air cool à Disneyland Paris, mais t’as l’air d’un clown à Saint Germain land Paris.

café de Flore et sa terrasse, Paris 6e C’était juste une petite chose vue du côté du Flore, Paris 6e par moi, parisienne-à-Paris, verte de ne pas avoir été au Stade de France.

Tout compte fait, en y réfléchissant, ça ne lui allait pas si mal les cornes à Dorian. Surtout quand il a allumé la coiffe version viking. Ca lui allait comme un gant à Michaël Jackson. Mais bon Mickaël, c’était Mickaël…

GRAISSE GRECQUE

Saint Michel, Paris 5e, direction les voies piétones greco-romaines, à savoir moussakas ou pizzas.

Ma belle-sœur étant adepte de l’acropole, je suggère adroitement le resto hellène, enfin  la cantine grecque, plutôt la gargote, bref un truc ou on se sustente version ouzo, taramasala, plutôt salée.

Le plus dur, le choix entre mal de cœur et indigestion. La question est : quel est le moins mauvais pour épargner nos estomacs délicats.

Donc nous déambulons, regardant vaguement les menus affichés enfin placardés. On ne peut pas les rater. Et au cas où vous n’auriez pas envie de dîner, pas de bol, on vous y oblige. Des bonimenteurs, sur le pas de leur porte vous hèlent,  vous interpellent, vous ferrent, vous plaquent et vous arnaquent. On ne sait que choisir.

En gros, c’est le même menu.

«  Oui, mais ici, y a le décor ». Certes, les murs en pierre et les poutres, ça fait grec autant que la crêperie, boulevard Montparnasse. « J’offre l’apéritif »,

« du couscous »,

« Athènes »,

« de la musique ».

Waoh, je suis saoule avant d’entrer. Si je m’écoutais, je fuirais plutôt jusqu’à Odéon voir les sumos. On se croirait à Pigalle : « Entrez ici, y a de la belle fille, des seins, du cul, de la b… » je m’égare.

Poussée par l’envie irrépressible de feuilles de vigne, (une réminiscence du jardin d’Eden,  un vague espoir d’ « Un jour mon prince viendra ». Ca m’étonnerait que je le trouve aujourd’hui et ici, mais bon les voies du prince sont impénétrables, c’est bien connu), nous entrons.

Musique à fond, bougie dégoulinante, nous choisissons.

Moussaka pour elle, je ne préfère pas savoir d’où vient la « aka ». Pour moi, aubergine farcie. A quoi, je ne sais pas. Je n’ai pas posé la question. J’ai bien fait hein ? C’est drôle, c’est pas comme danws un autre restaurant de ma connaissance, y a pas la provenance.

Trois minutes, chronos en main, après un apéritif rose que nous n’avons pas déterminé: les dolmos (Feuilles de vigne, l’entrée) sont sur la table. En gros, en 40mn le repas est avalé mais pour la digestion, rendez-vous demain, même heure.

Pas de café, l’addition. Je jette un œil à la note qui semble correspondre. Code carte.

Sortie triomphale sous les applos de mon invitée.

Et là je commence à me poser des questions. Je ne voudrais pas paraître rat (mon signe chinois par ailleurs), mais il me semble bien cher ce repas. Car enfin, 1/ le grec est modique…en général, mon colonel. 2/ma belle-sœur n’est pas du genre à choisir le plat le plus cher. 3/ c’est pour ça que je l’ai invitée.  Donc j’additionne, je multiplie, j’euroïse, je francise. J’ai beau calculer dans tous les sens, la conclusion est simple, 2 plats à 10€, pas de vin, pas de dessert, apéro offert, ne peuvent pas faire 52 €.

Ou alors, ou alors, de deux choses l’une, ou les feuilles édéniennes coûtent 25 € et sont fourrées au caviar, ce qui se saurait, ou … Smack à ma jolie belle-soeur, bonne nuit, j’y retourne.

« Vous avez oublié quelque chose ? » Oui de me faire avoir. Je peux voir la note ? Voilà, 25 €. Dyslexique, le caissier. Mais ils font tout à l’envers dans ce pays.  Ca va madame, ça va ? Mieux.

Savez pas, je n’ai pas été malade, ma belle-soeur était ravie de sa soirée, j’ai râlé sans m’énerver, j’ai eu raison, je suis rentrée à pied, il faisait beau. Franchement, je reviendrais.

Un resto sur la Seine, il y a 8 ans…ça a peut-être changé depuis!

Il y a quelques années un ami nous invite dans un endroit branché et fréquenté par la jet set parisienne, sur la Seine. Pour vous dire, le lieu m’a un peu énervé. Je ne sésiste pas à  vous livrer mon humeur de l’époque.  

Et je cache le nom parce que si ça se trouve c’est top maintenant…

Que mange-t-on dans un endroit branché (si, si c’est branché, j’y ai vu Jeanne Mas, en cheveux rouge et tee-shirt noir) ?

De la cuisine branchée. Et suivant la mode du moment, de la cuisine traçable.

Qu’est-ce que la cuisine traçable?

C’est de la cuisine faite avec des produits qu’on sait d’où qu’ils sortent. (oui je sais c’est pas français mais c’est pour enfoncer le clou…de girofle, bien sûr!)

Donc à Quai …:

Les haricots verts sont du Kenya (ou Burghina), évidemment

La faisselle de fromage blanc est aux poivrons confits et salpicon d’olives. Y’en a pas que dans l’assiette des salpicons…

Le jambon de parme a 15 mois d’affinage

Le melon parme a 15 mois d’affinage, 15 mois ? Si vous voulez mon avis, c’est du melon de conserve,

Le thon rouge est de ligne, manquerait plus qu’il soit attrapé au filet non mais, je rêve. On est sur la Seine tout de même.

Le saumon est d’Ecosse, label rouge, ça doit être bon.

Le bœuf est écarlate, donc rouge, ça doit être bon. A mon avis c’est un banal carpaccio .(Au bistro romain, il est à volonté. Je dis ça pour les accros de la vache.)

Gambas et pékoman, c’est quoi le pékoman. Je n’ai pas posé la question , on a son quant à soi.

Je crois que j’ai bien fait parce que quand on a demandé, « c’est quoi le croquant aux framboises sauce légère à la vanille », on nous a répondu « c’est une pâte croquante avec des framboises et une sauce vanillée légère ». Bon la question était peut-être un peu osée, mais savez ce que c’est, on aime savoir ce qu’on mange.

Les penne sont aux gambas et pétoncles et quand il n’y a plus de gambas, qu’à cela ne tienne, on vous les remplace royalement par des…pétoncles. Comme ça vous avez des penne aux pétoncles et pétoncles. Mon Dieu, comme c’est original.

Le piment est d’Espelette

L’églefin est cuit vapeur, le pauvre, finir comme ça.

La purée est mamadou, 3 étoiles. C’est mamadou qui doit être 3 étoiles parce que la purée, elle…

Le poulet est fermier, est-ce la peine de le préciser.

La ratte est du Touquet

Le veau est « vô », ça fait chic et exotique. Là non plus je n’ai pas fait préciser. J’ai bien fait, hein?

Le sel est de Noirmoutier ou de Guérande

Le vin trop froid est de Nouvelle-Zélande

Le service est nul

La note est au gros sel de Noirmoutier ou de Guérande , bien sûr.

Donc si vous voulez manger sur la Seine, dans le calme, des mets savoureux, vous allez… au River Café.

Les Ondes:mojito à l’eau

Sortant du théâtre du Ranelagh, après avoir vu un spectacle moyen, enfin quelconque, nous décidâmes de nous envoyer un verre derrière la cravate, bref se taper un gorgeon pour se remettre.

Je dis « nous » parce que j’étais en compagnie d’une amie, régionale de l’étape, (qui habite dans le 16e, rive droite, alors que moi je suis rive gauche dans la 15e pratiquement en face de chez elle. Et si, elle me côtoie tout de même. Mais il faut dire c’est une bonne personne.)

Bref, je suggère le Zebra square. C’est que dans les parages, vers 22h30, le cocktail ne court pas les rues. ma copine, jouant la fille simple, me rétorque (presque aussi bien que les comédiens vus précédemment), « ah non, c’est branché, j’y suis allée une fois j’aime pas. Et en plus c’est cher »

Bon, moi aussi j’y suis allée deux fois. L’une pour interviewer un acteur qui déjeunait alors que moi, non. Et la deuxième fois pour interviewer Edouard Baer qui m’a offert un verre, classe et charmant.

Donc nous entrons à côté, à la brasserie où s’attardent encore pas mal de personnes et nous commandons un mojito. enfin, deux.

Deux minutes chrono en main, attérit sur notre table …la note.

Personnellement même dans le pire des bouis-bouis (si j’en ai fait), je n’ai jamais vu ça.

Cela voulait-il dire que nous pouvions payer et partir, je m’interroge?

10 mn plus tard, les cocktails, enfin les verres, enfin des boissons arrivent.

Normalement le mojito, c’est: du rhum, de la menthe, du sucre, des glaçons…enfin de l’alcool avec des plantes.

Et bien là:

 Rhum, rien. Menthe: rien. Mais question glaçons: à foison!

En résumé: Mojito à l’eau. 

Mais même pas un virgin mojito, non. Parce que j’en ai déjà bu au Plaza Athénée, au Murano, ça a du goût et c’est même bon. Si, si je vous assure.

Là, rien. Une publicité vivante pour la ligue anti-alcoolique.

Après avoir discuté plutôt que déguster, nous avons payé.

Après que le serveur soit passé bien 12 fois à côté de notre table.

Et oui, nous, bêtement on paye le cocktail au prix du cocktail, pas de la menthe à l’eau. Surtout que la menthe à l’eau aurait été encore trop chère vu qu’il n’y avait que de l’eau, même pas de source, voire minérale.

En réglant la note, (2 fois 8,50€, c’est moins que dans beaucoup d’endroit au prix du rhum mais au prix de l’eau du robinet, c’est pas donné) ma copine Anne, qui est une fille gentille mais à qui il ne faut pas marcher sur les pieds, déclare au garçon:

« Vous pourrez dire au barman qu’il n’y avait pas beaucoup de rhum dans ces cocktails ».

Réponse fine du loufiah: « Ah, vous trouvez? »

Ben surtout, on a trouvé que l’on se fichait de nous. Donc, la prochaine fois que boire un mojito viendra nous titiller, je consulterai le Figaro et sa liste des meilleurs Mojitos! ah mais.

BRASSERIE LES ONDES

2 AVENUE DE VERSAILLES Paris, 16e.
Je ne mets pas le téléphone, de toute façon… je prèfère mettre le palmarès du Figaro.

CAFE CON-SERT

Je ne sais pas vous mais moi les terrasses des cafés me passionnent, autant, pour les clients que pour les serveurs.

Essayez un endroit stratégique. Au hasard, les Champs-Elysées.

Bon, c’est cher.

Oui, les garçons ne sont pas aimables.

Vrai , ce n’est pas toujours mauvais.

Mais c’est comme aux … comment dirai-je? Vous savez le magasin sur le boulevard Haussman qui porte le nom d’un général français, héros de la révolution américaine. Non ce n’est pas Printemps. Et qui rime avec paillettes….

Ca y est. . Et bien il s’y passe toujours quelque chose.

Exemple: Un jour d’été avec pluies épisodiques.

Une tablée de joyeux lurons sexagénaires attablés devant des cocktails bigarrés aux noms évocateurs:

Un mari aux bretelles colorées et à la moustache en bataille déclare péremptoire, dépassé par l’âge et les événements :

 » Johnny Hallyday, quand il est sorti, je me suis dit celui-là dans six mois on en parle plus.

Et ça fait 40 ans. »

Sa femme à la lippe gourmande aux cheveux décolorés et à la robe en bataille rêve tout haut, les yeux dans le vague:

« Le deuxième mari de Sylvie, il est beau, viril. Il est bien mieux que Johnny. Lui, les minettes le prennent pour son argent! »

L’amie décolletée et dépassée par le nombre et le temps:

« Et Estelle, c’est bien sa deuxième femme? »

Réponse du chœur des vieux comme un seul homme:

« Et oui. »

L’ange du 20 passe. ( quand un silence se fait entendre et qu’à l’horloge la grande aiguille est sur 20 ou sur moins 20, on dit un ange passe. Y’ a quand même des trucs à savoir dans la vie.)

« Y’ avait de bons artistes, avant. », chevrote l’amie de l’amie, future participante aux ancêtres de la télé, d’un air extasié :

« Charles Boyer, »

« Cary Grant et Tyrone Power… » renchérit la matrone qui n’en peut plus (le « Douceur angevine », un vulgaire panaché lui a tourné la tête)

« Et Brigitte Bardot », rajoute le mari, tout tendu les yeux pleins de « Et Dieu créa la femme ».

« Elle est vieille maintenant. « , le détend aussi sec sa moitié rabat-joie empêcheuse de rêver en rond.

Deuxième ange de passage sur cette terre.

Heureusement, l’amie à la gorge Larafabianesque mais aux paroles mesurées dignes des soirées de l’ambassadeur trouve la phrase idéale:

« Y’ a de bons artistes maintenant aussi mais …ils tiennent moins longtemps. »

Si ce n’est pas de la diplomatie, c’est au moins de la logique.

Alors que le soleil revient pour s’en aller se coucher, (en clair, il ne pleut plus mais le jour descend.) le directeur décide de fermer les parasols humides. Très humides.

Ils dégoulinent d’eau, direct dans les apéros des grands-parents en goguette.

Normal, qu’est-ce qu’on en a à foutre de la clientèle? Elle est là pour raquer, déjà bien contente de se trouver sur la plus belle avenue du monde. Manquerait plus qu’elle la ramène.

Excusez moi pour le langage, mais ça fait du bien!

Fin de l’apéro. La joyeuse classe 1938 s’égaye, me laissant morose et mélancolique.

(Non, je déconne)

Un petit couple remplace les tromblons (enfin les gens d’expérience).

Le serveur décidé s’approche: Qu’est-ce que ce sera ?

Je ne sais pas vous mais moi, les filles qui prennent un air hagard suite à une question, il faut le dire aussi inattendue qu’osée comme celle-ci et qui regarde leur mec d’un air affolé cherchant une réponse, me crispent!

Il est vrai que l’énigme est difficile. Seul un homme peut la résoudre.

Personnellement, j’ai une solution. Mais il est vrai que j’ai de la bouteille.( Bar, bouteille, z’avez vu la finesse?)

J’ai un truc imparable, je consulte la carte. Faut y penser, mais c’est efficace.

Revenons à notre belle évaporée. Enfin, belle… faut bien dire quelque chose et conne, c’est vulgaire.

N’importe quel serveur expérimenté dirait d’un air las: Je repasserai

Mais celui-ci est novice, il insiste: Vous prendrez?

Pas de réponse et pourtant c’est pas ce qui manque:

un casse-noix, une cruche, une gourde peut-être non?

Enfin, l’homme, le mâle, le sauveur, fidèle compagnon de la pétasse citée plus haut que nous baptiserons  » On-se-demande-bien-ce-qu’il-lui-trouve,-à-part-ses-gros-nichons » répond:

« Un café ».

Moi aussi j’aurais dit ça. C’est fou les points communs que je peux me découvrir avec des inconnus.

Pendant ce temps, à la table d’en face, prennent place un homme et une femme. Chabadabada, encore une fois, Chabadabada. Mais 30 ans plus tard.

Lui charmant, elle revêche.

Si, si ça se voit. Elle s’assoit, contrainte et forcée. Elle, elle trouve ça hors de prix et en plus il pleut et les mocassins en python naturel qu’elle convoitait sont en rupture de stock. C’est vous dire l’humeur.

Bref, quand le garçon s’approche pour la deuxième fois. Il sait à qui il a à faire (celui-ci n’est pas né de la dernière pluie et Dieu sait qu’elle est récente. Voir plus haut):

 » Et pour madame, qu’est-ce que ce sera ? »

Ce sera? , répète-t-il,

Et voyant la mine renfrognée claque la carte (pas la dame mais le cœur y est) et ajoute:

« Ce sera… rien! »

Pas gracieux le serviteur, mais marrant quand même, surtout quand ce n’est pas à vous qu’il s’adresse.

Le revoici, interpellé par une asiatique à qui il manque une cuillère à glace.

« Mais bien sûr , mademoiselle »

et hop, il chope une cuillère sale sur une table désertée, pas desservie, l’essuie d’un revers de main sur son tablier et v’lan la tend à la japonaise comblée.

Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir!

La prochaine fois, j’apporterais la mienne.

Ca c’est Paris!