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Métro, boulot, ados

une affiche de la ratpHier, 17h, je me trouvais dans le métro, ligne 13, engoncé jusqu’au cou dans ma parka H&M. Dans le métro, des touristes, des gens qui rentrent du boulot, aïi, aïo et 4 ados moins (c’est à dire plus jeunes que des adolescents mais plus âgés que des enfants).

Moi, debout adossé aux portes du fond, eux assis sur les strapontins de chaque côté des portes. près de moi, assis sur un strapontin, un homme basique, style normal de 40 ans.

Trois, quatre stations de métro, les gamins s’amusent, se tapent, se parlent, s’engueulent, bref, des trucs de gamins. Cinq, six stations de métro, les petits diables se haussent du col, commence à parler grivois voire, à s’envoyer des insultes sexe, … ça n’a pas grande importance à part qu’ils ne sont pas tout seuls dans cette rame et que franchement ça saoule au bout de sept, huit stations, d’entendre, « je te suce, je te frotte… »surtout qu’a priori, ils savent même pas comment ça s’orthographie!

Donc, tout à trac, en fille, femme et mère dans l’âme, je dis à haute et intelligible voix, comme si c’étaient les miens: « bon, ben ça va bien. Maintenant, ça suffit. » Silence aussi sec côté ados moins. Mais ouverture du clapet côté strapontin. Le type à côté de moi, à qui on ne demandait rien, à l’âme d’ados plus, (moins qu’adulte dans la tête et beaucoup plus que ado dans les artères), sort: « mais foutez leur la paix, ce sont des gamins, ils font pas de mal ».

Ce à quoi, surprise, je réponds: « non, ils ne font pas de mal, mais ils ne sont pas tout seuls dans le métro. Si vous trouvez ça normal, c’est spécial. » Voilà ty pas qu’il s’adresse aux gamins, en complice (pas en père) et sort: « c’est une coincée, continuez! »

Je rêve. A mon avis, il n’a pas de fille. C’est un ado attardé malgré son alliance. 

Mais mon pauvre monsieur, les gosses n’attendaient que ça qu’on les recadre, parce que, a priori je pense que les mères des diablotins auraient été plus d’accord avec moi qu’avec Monsieur libéré!

Pour se mettre en jambe, une petite chronique si parisienne!

 Découvrez le printemps-été à Paris pour homme et femme, vu par XW75 …

Voici le texte, presque sans aucune retouche, reçu ce jour provenant d’une ethnie particulière : l’attaché de presse mode IN (à la différence de OUT).

Pour sa collection spring-summer, two thousand eight ( 2008), XW 75 réaffirme son univers urbain-chic dans un esprit old- school minimaliste.  

Déjà , ça commence bien. On sent le néologisme franglais venir pointer son nose.

Puisant leur inspiration dans l’ « urban life », Johanna et Ratane les stylistes de la marque,

manquerait plus qu’elles s’appellent Marie-Aude ou même Elsa, de l’originalité, du baroque, de l’inédit, que diable !

jouent avec les codes du street wear : cuir perfoajouré,

Ca doit être un truc à double détente à trous-trous (perfo et ajouré)

gabardine à rayure, et popeline sont les matières-phare de cette collection rétro-chic définitivement contemporaine.

On sent bien le contemporain. On en a plein les yeux. Normal, c’est à cause des phares.

La « minimalist touch »

C’est vrai que « touche minimaliste » aurait fait old fashion, je agree,

 se révèle dans les coupes épurées et structurées, le choix de matières aériennes comme le voile de coton ou de satin, et dans la palette de couleurs. On notera aussi les imprimés « effet tatouage » d’inspiration asiatique.

J’ai tout compris. C’est presque trop clair. Heureusement « effet tatouage » sauve du simplisme et du banal. Et Dieu merci (thank God), l’effet ci-dessus est d’inspiration asiatique, suffisamment dans le vent, pas encore has been. Ils auraient choisi « ethnic », c’était nase.

Et toujours ce sens du détail qui nous plaît tant chez XW75 :

A noter, ce sont les attachés de presse payés pour faire la promo qui parlent en notre nom, nous les journalistes, les clients, les cochons de payants, et qui disent « qui nous plaît tant ».

jeu de surpiqûres, découpes, soufflés, broderies, print

En français dans le texte, limite classique, on croirait du Lacroix.

Heureusement, heureusement, le « print » sauve le paragraphe. « Imprimés » aurait fait  trop « belle dame du 44 au 60 ».

et étiquettes double loop.

Et on finit sur un must : « l’étiquette double loop », une pirouette digne du Candeloro des grands soirs. Tout bon, ce texte a tout bon.

Je crâne mais en vrai, je ne sais pas  ce qu’est une étiquette double loop…

En vrai, je ne suis pas rédactrice de mode.

Ben t’es quoi alors ? La mode c’est pas ton trip dans la vie ?

Oh pas cool. Trop dure ta life !

Chronique parisienne: quand cocktail rime avec poubelle!

 
 
 

latelierdenadege.overblog.com

POUBELLE’S GIRL

 Je suis formidable.

Qui peut se vanter de hanter les cocktails parisiens aussi bien que moi ? Qui ?

Journaliste 4X4 (tout terrain), je suis invitée tous azimuts.

Azimuts signifiant différents créneaux, secteurs de vie, segments commerciaux, possibilités de gratter des piges, différents endroits pour béqueter à l’œil et boire gratis. Cerise sur le cocktail en plus de l’avoir dedans : le cadeau de bienvenue ou plutôt de départ puisque on vous le fourgue à la fin de l’expo, de l’exposé, de la conférence, du painsomme, histoire de se rappeler à votre bon souvenir au moment du choix du sujet à caser à votre rédac-chef préféré.

Cadeau qui quelquefois, vu le marché de la pige, est plus conséquent que le prix du sujet net de charge et même brut de pomme dans certains magazines et autres sites internet jamais rémunérés sinon en passant par la case prud’homme.

Donc me voilà invitée à un vernissage d’une galerie éphémère. Je m’étonne, me surprend, me plait, à me voir si à l’aise au milieu des poubelles.

Et oui ce soir, me voilà conviée à découvrir l’expo B and Co. Un designer Derenom (qui ça ?) Derenom, s’associe à la marque top-design du sanitaire et de la propreté, du déchet emballé, bref de la poubelle de luxe.

Surtout ce que j’admire, c’est la prose de la dir-com.

« Le lien entre nos deux univers (très important, l’univers), c’est l’acier. L’un en fait des cocottes en papier d’acier, l’autre…des ustensiles, bocaux et surtout des poubelles plus belles les unes que les autres, rouge, bleu, brossé, mat, à double récipient (tri oblige…nous sommes en pointe) à ouverture automatique, sensitive et bêtement à pédale (si délicieusement rétro-chic, ne trouvez-vous pas ? Si, si. So kitch.)

Armée de ma coupe de Champagne, je fais un tour. Je suis là pour bosser et non pour m’empiffrer mais un peu pour picoler. La sobriété c’est out.

Je commence par les « œuvres ». Je m’extasie.

Tiens ils n’ont pas mélangé l’acier de cuisine et la cocotte artistique. C’est ça qui aurait été cool, mixer les univers. Peut-être ont-ils trouvé qu’on eût pu confondre…

Je regarde d’un air pénétré tout en gardant un œil critique. (si c’est possible); Trouver ça « bien » est du dernier nul. D’ailleurs on ne dit pas nul. On ne dit rien. On soupire. On a vu ça ailleurs. A New-York, à Atlanta, à Pékin. Mieux,  à Bombay.  

« Le sculpteur, dandy des années 2000, réinvente la pop culture, à tout le moins. » Au plus.

« Les dessins peints à la hâte (très à la hâte, je confirme) à la bombe, sont l’empreinte graphico-énergétique de l’artiste. »

Ben ça… 

« Il s’inspire de l’Abstraction lyrique, du Surréalisme, il laisse tout simplement libre cours à sa désinvolture avide. »

Tout simplement.

« Et au mouvement qui l’habite. »

Voilà.

« La touche finale, vous avez vu, des boulettes de papier d’acier dans une corbeille. Quel pied de nez à l’activité durable du traitement des déchets ! »

Dingue. Quel insolent, ah ces artistes…

Je repasse côté domestique, office, enfin là où vous passez la plupart de votre temps, vous.

Et là je discute, enfin je réponds à la question d’une commerciale. Sympathique. Elle me demande si un tour parmi ses merveilles m’intéresserait. Evidemment. Je m’enflamme. La poubelle, c’est ma passion. Mon livre de chevet. Ma madeleine de Ladurée. Je ne suis venue que pour ça.

Alors quelles nouvelles des poubelles ? Nouvelles, les poubelles ? Mais oui. Le progrès is in progress.

Que des nouveautés ou des classiques, « dont on ne peut se passer, vous en conviendrez ? » Je conviens. Je m’enthousiasme sur le bac à déchets organiques, le séchoir à linge repliable, les ustensiles design, et les bocaux à fenêtre. Sympa les bocaux. Je pose des questions, je m’étonne moi-même de mon savoir déchettistique. Je profite d’une question d’une autre ménagère en ballade pour m’éclipser, poser la coupe bue et me diriger vers la sortie.

Fin de ma journée de boulot. C’est dur le métier qu’on fait. Petit détail : je suis repartie avec le catalogue de la maison, le prospectus sur le sculpteur et, et….deux bocaux à fenêtre ! Mes préférés. A quel journal, je vais bien pouvoir fourguer mon sujet sur la PoubELLE ?