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Pour ou contre la féminisation des mots ?

Cette histoire de député qui persiste à dire Madame le président à la présidente (oups) de séance à l’assemblée est vraiment d’une bêtise sans nom (féminin ou masculin mais en l’occurrence assez masculin)

Cela me fait penser aux questions métaphysiques sans réponses : qui de la poule ou de l’œuf… ou c’est de l’inné ou de l’acquit ?

Je ne suis pas particulièrement à cheval (en amazone, bien sûr manquerait plus que je mette un pantalon, est-ce autorisé par mon père ?) sur la question de la féminisation des termes, métiers et autres… Je trouve même que féminiser à l’extrême est ridicule car il y a des mots qui ne s’y prêtent pas. Mais ce genre de discussion passionnante à l’assemblée où l’on est sensé débattre de l’avenir de notre pays m’énerve au plus haut point. Il y a certainement une idéologie derrière le discours de ce député et de cette députée mais personnellement cela sonne aussi comme une certaine réticence de ces messieurs à faire une place aux femmes.

Que je sache, les termes étaient au masculin pour la bonne et simple raison que les femmes n’avaient pas accès au même monde du travail que les hommes puisqu’elle ne recevait pas la même éducation (vive la (le) prix Nobel Malala). Donc pas de nom féminin.
Pour schématiser, survient la  guerre de 14 et là, pffuit, plus d’homme. Que faire ? Aller chercher les femmes qui faisaient tapisserie dans un coin. On remplace les hommes, on découvre qu’elles ont une âme (enfin dans une partie du monde), elles se mettent à avoir envie de devenir médecin,  avocat, notaire, scientifique, chercheur, … Ah ben non, maintenant chérie tu rentres à la maison. Comme Françoise Dolto qui paiera ses études de médecine de sa poche vu qu’infirmière pour sa famille était plus qu’assez pour une femme à marier.
Pour Monsieur le député et d’autres de son « genre », le problème serait que le féminin d’un mot ne peut fonctionner puisque cela désigne déjà une autre fonction… genre : présidente est la femme du président (ben ça tombe bien il en n’a pas) et pour différencier, parce qu’on est con (tous ensemble, femme et homme donc masculin)  comme des balais, on laisse le masculin à côté de madame et là tout s’éclaire !

Que je sache, présidente ne marche que pour le président de la république, je ne suis pas bien sûre que la femme du président de l’amicale des boulistes de Trifouillis les oies soit appelée madame la présidente… et je ne suis pas sûre non plus que la PDG d’un grand groupe français soit nommée  madame le président. Faudrait déjà en trouver…

Prenons avocat, ça roule, avocate, médecin, ben médecine, ça veut dire autre chose. On dit bien elle est médecin, ça ne choque personne, sinon vous avez doctoresse. Pas très beau.
Ambassadeur, alors là problème. Madame l’ambassadrice au quai d’Orsay c’est la femme de l’ambassadeur (qui bouffe des Ferrero) qui bien que n’ayant pas de statut, se tape quand même de recevoir, sourire…
Mais quand on dit Angélina Jolie est ambassadrice de l’Unicef, ça pose pas de problème, ce n’est pas Brad Pitt l’ambassadeur, c’est bien elle, non ? On confond pas?

Vous me direz on dit bien sage-femme même pour un homme sage-femme. Certes mais, hors le fait qu’ils ne sont que 1%, le terme signifie « qui connait la femme ».

Monsieur chose, député, nous sort l’Académie Française (pour laquelle j’ai le plus grand respect) mais que je sache, arrive après la bataille dans la vie des mots. Parce que ça court le langage, ça invente, ça bouillonne.  Si Monsieur a deux trains de retard, il a qu’à rester sur le quai, nous on prend le TGV !