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et la mode parisienne, à la rentrée? pytonesque!

Entendu cette semaine sur les ondes d’une radio alors que le meneur de jeu posait à deux  journalistes (homme et femme) cette question bateau:
« Alors comment sera la mode à la rentrée à Paris? »

La minaudante reporter d’un magazine italien pour trentenaires « citadines » « très différent des autres magazines féminins » a lancé sans hésiter: « le python ».
Waouh, en période de crise, c’est osé. En période de polémique avec Brigitte Bardot, c’est suicidaire. Donc va falloir porter du python. Et compte tenu du prix, va falloir le chasser soi-même (je conseille le jardin des Plantes, c’est sur place), ou l’élever chez soi,  le tanner soi-même et le transformer en « pantalon ou en blouson », ben voyons. Je vous rassure, le python peut être faux. Ouf. D’ailleurs si je me souviens bien, le python était déjà à la mode cet été…

 » A porter avec des bottes plissées 70 sous le genoux. » A ne pas confondre avec les bas qui plissent. Ici ce sont les bottes. Terminé les cuissardes de d’Artagnan.

« Et surtout, le redémarrage du blanc. » Qu’on se le dise, le blanc revient. A priori, il n’était jamais parti mais c’est vrai que l’hiver , on se transforme plus en portugaise au cimetière qu’en fêtarde chez Barclay. « Mais un blanc plus doux, moins flash ». Comme disait Coluche moins blanc que blanc, je vois ce que c’est: gris. Blanc je vois ce que c’est aussi mais plus doux, moins flash a priori c’est blanc cassé, blanc gris, ivoire…mais pas blanc.
« et du fluo sur les accessoires. » C’est sûr qu’avec le blanc moins flash fallait bien un peu de fluo fuschia ou bleu turquoise sur les bottes python des années 70.

Et pour nous les hommes interroge le journaliste à son collègue d’un magazine pour hommes « qui s’adresse aux vrais hommes. » Interpellé par cette distinction, le meneur de jeu insiste: « qu’entendez-vous par là? « ben des hommes, des hommes, pas des métrosexuels » hésite le journaliste pourtant précieux.

« Je lui emboîte le pas avec son python. » C’est vrai que Crocodile Dundee avait pas l’air d’un travelo. Donc les mecs qui sont des mecs vont devoir eux aussi partir à la chasse. « L’homme aura un look Indiana Jones, histoire de reprendre du poil de la bête. » Voilà la réponse, les bourses s’effondrent, les boursiers prennent le fouet!

Mais pour prendre le métro, avance terre à terre le présentateur ? « Le costard croisé à rayures, la chemise à rayures fines, de beaux souliers et on se coiffe bien, » réplique sans rire le chef de la rubrique mode. D’accord, style premier de la classe, quoi. C’est les rappers qui vont être contents.
Et la minette d’ajouter:  » et aussi des chemises en soie et chapeauté avec un Fédora. »

C’est à dire messieurs, notez bien: vous avez le choix entre le look baroudeur (très nouveau) avec le Borsalino d’Indiana (idem que Fédora mais Fédora, ça fait plus chic et moins courru). Je vous conseille quand même de laisser le fouet au vestiaire. Ou alors, plus ciatadin, vous passez pour un maquereau en costume croisé à rayures avec des pompes bicolores et le Borsalino de Delon.

Heureusement il nous reste, homme ou femme, la beauté intérieure, concept toujours en vogue!

Personnellement, j’aime bien m’habiller en mec avec des escarpins et en plus j’ai le Borsalino de chez Borsalino, c’est parfait. Le python peut dormir sur ses deux oreilles.

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Buggy: 40 ans de chaussures

Buggy? « Buggy, fête ses 40 ans au Ritz », annonce l’invitation. Je retiens surtout le Ritz, place Vendôme, Paris.

Allez soyons fou, faisons d’une pierre deux coups, découvrons Buggy et picolons classy.

Je m’habille, je me fais les ongles, je me déshabille, j’ai mis du vernis sur ma robe, je me rhabille, je grimpe sur des talons, je rallie l’hôtel et son célèbre bar Hemingway. La fête bat son plein (comme on dit). Champagne à gogo (comme on dit) en flutes noires. Renseignements pris auprès de la sémillante attachée de presse, Buggy est une ancienne marque de Eram. Et là ça me dit quelque chose. D’ailleurs les bottes, boots et autres croutes de cuir décorent les salons, harmonieusement placés sur des guéridons, escaliers, tableaux. Ca y est, je me rappelle. Je ne sais pas si le Ritz est idéal  pour cet anniversaire, surtout que le dossier de presse déclare que la marque s’émancipe, se rebelle et fait sa crise!

photo de l'invitationAu fond du salon, une jolie soprano vocalise devant un public très divers. Clientes endimanchées, jeunes éphèbes caricaturaux du monde de la mode, en jupe longue  ou pantalon à ceinture large de torero mais avec bretelles, et coiffure à demi rasée, se roulant une pelle, cadres avec veste sur les épaules (enfilée c’est nase) pendus au téléphone, je ne sais pas comment ils font, moi je n’ai pas de réseau…grosses jeunes femmes en robe à large décolleté dans le dos qui mériterait d’être portée sans soutien-gorge noir barrant le dos et fichant en l’air la ligne de la robe! 

Les gambas tempura sont à tomber par terre, le champagne coule toujours à flot, le gaspacho est aussi bon que celui de la marque Alvalle. Les airs d’opéra ont fait place aux Dj’s filles et la diva en herbe à des pompoms girls excitées. Mademoiselle Buggy (la patrone de la marque, si j’ai bien suivi), lance la seconde partie de la fête, un rideau s’ouvre, parait Miss Buggy,une jeune mannequin en short et gilet court en cuir, allongée sur des coussins. On peut se faire photographier avec elle…elle est jeune, jolie, fraiche, rien à redire, si ce n’est la position allongée des plus vulgaires. Personne ne s’en offusque. Moi ça me choque.

La musique est bonne, l’atelier tatouage est cool. Il pourrait y avoir aussi un Mister Buggy. D’ailleurs, il y en a peut-être un. J’aperçois sur les talons de Mademoiselle Buggy, un, qui porte un gilet noir sur poil, avec cravate et pantalon noir.

Je ne vois pas bien le positionnement de la marque ? Et là je me souviens d’une pub d’Eram: cuir?, demandait un mec déguisé SM et l’autre répondait: cuir. Ca doit être ça, un retour aux sources des années 70!

photoJe zappe le gateau, sors rue Cambon alors qu’il pleut des cordes. Un invité bien pompette annone, alors que je déploie mon parapluie: « vous devriez appeler un bhv … » Je lui conseille « d’arrêter de boire » ce à quoi il me répond: » ah ben, alors… » fort à propos.

Fini le luxe, je me dirige vers le métro Concorde, à pied.

Bilan de la soirée: une robe à donner à nettoyer, une bouteille de champagne ingurgitée, 4 petits fours arrachés de haute lutte, moi éclaboussée par un bus, les peids dans l’eau. J’aurais dû piquer les boots Buggy!